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Anne-Marie Gentily (1882-1972) est la figure fondatrice de la franc-maçonnerie féminine française d’après-guerre. Initiée dans une loge d’adoption de la Grande Loge de France, elle préside dès 1936 le congrès de ces loges, puis conduit en 1945 la reconstruction qui donne naissance à l’Union maçonnique féminine de France. Première grande maîtresse de 1946 à 1948, elle ouvre la voie à l’actuelle Grande Loge féminine de France.
Une pionnière du monde judiciaire
Née Berthe Anna Augustine Pédenau le 12 juin 1882 à Neuville, dans la Vienne, elle se fera connaître sous le prénom d’Anne-Marie et le nom de Gentily. Avant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille comme secrétaire du contentieux au tribunal pour enfants de Paris.
Elle est ensuite la première femme à siéger comme assesseur d’un juge des enfants, fonction qui fait d’elle une pionnière dans une justice encore très masculine. Sous l’Occupation, réfugiée en zone libre à partir de 1940, elle s’engage dans la Résistance au sein du mouvement Libérer et Fédérer, à Lamagistère (Tarn-et-Garonne). Elle meurt à Paris le 24 mai 1972.
Des loges d’adoption à l’autonomie
Initiée en 1925 dans la loge d’adoption « La Nouvelle Jérusalem », rattachée à la Grande Loge de France, elle est élevée à la maîtrise en 1927. Elle cofonde la loge « Minerve », dont elle est la première vénérable maîtresse de 1931 à 1937 ; c’est sous son maillet qu’y est initiée, en 1934, Gisèle Faivre.
Lorsque la Grande Loge de France propose en 1935 l’autonomie aux loges d’adoption, les sœurs obtiennent un délai et une commission d’étude prépare l’émancipation. Le congrès des loges d’adoption, officialisé en 1936, l’élit à sa présidence ; elle conduit en 1937 le premier congrès officiel, qui réunit huit loges.
Fondatrice de l’Union maçonnique féminine de France
À la Libération, avec Suzanne Galland et Germaine Rhéal, elle anime un comité de reconstruction chargé de retrouver les sœurs dispersées et de négocier avec la Grande Loge de France. Le 21 octobre 1945, une assemblée générale réunissant environ quatre-vingt-dix sœurs issues de cinq loges constitue, sous sa présidence, l’Union maçonnique féminine de France.
Élue première grande maîtresse en 1946, elle accompagne l’adoption d’une première Constitution et l’organisation d’une obédience désormais indépendante, qui prendra en 1952 le nom de Grande Loge féminine de France. Gisèle Faivre lui succède en 1948.
Postérité
Après sa grande maîtrise, Anne-Marie Gentily reçoit les hauts grades du Rite écossais ancien et accepté, adopté par l’obédience à la fin des années 1950. Elle accède au 33e degré en 1970 et compte parmi les neuf premiers membres du Suprême Conseil féminin de France. L’obédience la tient pour sa fondatrice et sa première grande maîtresse.
Repères
- Naissance : 12 juin 1882, Neuville (Vienne)
- Décès : 24 mai 1972, Paris (10e arrondissement)
- Nom de naissance : Berthe Anna Augustine Pédenau
- Profession : Secrétaire du contentieux puis assesseur au tribunal pour enfants de Paris
- Obédience : Union maçonnique féminine de France, devenue Grande Loge féminine de France (1952)
- Fonction : Grande Maîtresse
- Mandat(s) : 1946-1948
- Loge(s) : La Nouvelle Jérusalem (initiation, 1925) ; Minerve (cofondatrice, vénérable maîtresse 1931-1937)
- Distinctions : 33e degré du REAA (1970)
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Loge d'adoption, Rite d’adoption, Femme.
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