L comme Loge de recherche en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Une loge de recherche, ou loge d’étude et de recherche, est un atelier maçonnique consacré à l’étude de la franc-maçonnerie elle-même : son histoire, ses rituels, ses symboles, ses textes. Dotée d’une patente de son obédience, elle n’initie pas et ne confère pas de grades ; ses membres sont en général des maîtres déjà formés dans d’autres loges. Née à Londres à la fin du XIXe siècle avec la célèbre Quatuor Coronati, la formule s’est répandue dans le monde entier et a profondément renouvelé la connaissance historique de l’Ordre.

Définition et fonctionnement

Loge de recherche
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

La loge de recherche se consacre à ce que l’on appelle parfois la maçonnologie. Elle travaille selon un rituel, comme toute loge régulièrement constituée, mais ses tenues sont dominées par la présentation et la discussion de travaux documentés. Elle ne reçoit pas de profanes : on y entre par affiliation, souvent sur cooptation, en raison de ses compétences ou de ses publications.

La plupart des loges de recherche publient leurs travaux sous forme d’actes, de cahiers ou de revues. Beaucoup ont créé un cercle de correspondance, ouvert à des maçons qui ne sont pas membres de la loge mais reçoivent ses publications et peuvent y contribuer.

Quatuor Coronati, la loge pionnière

La loge Quatuor Coronati n° 2076, à Londres, sous la juridiction de la Grande Loge Unie d’Angleterre, est établie en 1884 et consacrée en 1886. Parmi ses fondateurs figurent Sir Charles Warren, son premier Vénérable, l’historien Robert Freke Gould, William James Hughan et George William Speth. Son nom renvoie aux Quatre Couronnés, martyrs chrétiens tenus pour patrons des tailleurs de pierre, invoqués dès le Poème Regius.

Ses travaux paraissent chaque année depuis 1886 dans Ars Quatuor Coronatorum. Son cercle de correspondance, ouvert à tous, est présenté comme la plus ancienne société de recherche maçonnique au monde. La loge a promu une méthode dite « authentique », fondée sur l’examen critique des documents, par opposition aux reconstructions légendaires du XIXe siècle.

Les loges de recherche en France

En France, la loge Villard de Honnecourt est créée en 1964 par Jean Baylot au sein de la Grande Loge Nationale Française, sur le modèle de Quatuor Coronati ; elle devient loge nationale de recherche. Sa revue, fondée en 1965, s’appelle successivement Travaux de Villard de Honnecourt, puis Travaux de la loge nationale de recherche Villard de Honnecourt, puis, depuis 2008, Les Cahiers Villard de Honnecourt.

À la Grande Loge de France, la loge Jean Scot Érigène, fondée à Paris en 1987, est la plus ancienne de ses loges de recherche ; d’autres ont suivi en région. La GLNF compte plusieurs loges de recherche thématiques, et le Suprême Conseil de France a créé en 2016 un aréopage de recherche. D’autres obédiences, en France et en Belgique, ont développé des structures comparables.

Dans le monde

Loge de recherche
Source : Wikimedia Commons – Pfmcg – CC BY 4.0
  • Royaume-Uni : outre Quatuor Coronati, de nombreuses loges de recherche provinciales, comme The Anchor Lodge of Research en Écosse.
  • États-Unis : plus de quarante loges de recherche, dont l’American Lodge of Research de New York (1931).
  • Australie : Victoria Lodge of Research à Melbourne, agréée en 1911.
  • Suisse : le Groupe de recherche Alpina, créé à Berne en 1985, publie la revue Masonica.
  • Scandinavie : loges de recherche au Danemark et en Norvège.

Pourquoi c’est important

Les loges de recherche ont contribué à faire de l’histoire maçonnique une discipline rigoureuse, en dialogue avec l’université. Elles ont édité des sources, critiqué des légendes, établi des chronologies. Pour les loges ordinaires, elles constituent une ressource : conférences, bibliographies, publications. Elles rappellent aussi qu’une démarche initiatique n’exclut pas l’exigence intellectuelle et le doute méthodique.

Le saviez-vous ?

Le nom de Villard de Honnecourt est celui d’un maître d’œuvre picard du XIIIe siècle dont le carnet de dessins, conservé à la Bibliothèque nationale de France, est l’un des rares témoignages directs sur le savoir des bâtisseurs médiévaux.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Ars Quatuor Coronatorum, transactions de la loge Quatuor Coronati n° 2076, Londres, depuis 1886.
  • Les Cahiers Villard de Honnecourt, revue de la loge nationale de recherche Villard de Honnecourt (GLNF).
  • Masonica, revue du Groupe de recherche Alpina, Suisse.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Patente, Obédience, Planche à tracer, Maître secret.

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