H comme Hekal (Hékhal, Hekkal) en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le Hekal, que l’on écrit aussi Hékhal ou Hekkal, désigne la deuxième des trois parties du Temple de Salomon : le « Saint », vaste salle de culte située entre le vestibule, l’Ulam, et le Saint des Saints, le Debir. Le mot hébreu signifie d’abord « palais » ou « grande maison ». Pour les francs-maçons, dont la loge se veut l’image du Temple, le Hekal représente l’espace intermédiaire du travail, entre le monde extérieur et le sanctuaire inaccessible. Il occupe une place particulière dans le degré de Maître secret du Rite écossais ancien et accepté.

Étymologie : du palais au sanctuaire

Hekal (Hékhal, Hekkal)
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – CC BY 4.0

Le terme hébreu hekhal vient, par l’akkadien ekallu, du sumérien É.GAL, « grande maison ». Dans la Bible, il désigne aussi bien le palais d’un roi que la demeure de Dieu. Appliqué au Temple de Jérusalem, il nomme la grande salle où se déroulait le culte quotidien, par opposition au Debir, l’arrière-salle réservée à l’Arche d’alliance.

Les graphies varient selon les systèmes de transcription : Hekal, Hékal, Hékhal, Hekhal ou Hekkal, forme retenue par certains vocabulaires maçonniques. Toutes renvoient au même mot et au même lieu.

Le Saint dans le Temple de Salomon

Selon le premier livre des Rois, au chapitre 6, le Temple mesurait soixante coudées de long, vingt de large et trente de haut. Il se composait de trois espaces en enfilade : l’Ulam, vestibule ouvert ; le Hekal, le Saint, long de quarante coudées ; enfin le Debir, cube de vingt coudées de côté, où reposait l’Arche contenant les Tables de la Loi. Seul le grand prêtre pénétrait dans le Debir, une fois l’an, au jour du Grand Pardon.

Le Hekal, rectangle deux fois plus long que large, abritait selon les textes bibliques le mobilier du culte : les chandeliers d’or, la table des pains de proposition et l’autel des parfums. C’était l’espace des prêtres, du service régulier et de la lumière artificielle, entre la clarté du jour du vestibule et l’obscurité du sanctuaire.

La loge, image du Temple

La franc-maçonnerie spéculative a fait du Temple de Salomon son modèle symbolique. La loge est un temple, orienté d’Occident en Orient, dont la structure ternaire est souvent commentée à partir des trois parties du sanctuaire biblique. Plusieurs auteurs rapprochent le Hekal du « carré long » de la loge, l’espace où se tiennent les frères et où se déroule le travail, tandis que l’Orient évoque le lieu le plus saint.

On remarque aussi une inversion : le Temple de Jérusalem s’ouvrait à l’Orient, alors que l’on entre en loge par l’Occident. Le parcours maçonnique va ainsi de l’extérieur vers l’intérieur, et de la matière vers l’esprit.

Le Hekal au degré de Maître secret

Hekal (Hékhal, Hekkal)
Source : Wikimedia Commons – Uoaei1 – CC BY-SA 4.0

Au Rite écossais ancien et accepté, le 4e degré, Maître secret, place symboliquement la loge dans le Saint, face au Saint des Saints dont une balustrade la sépare. Le temple est en deuil après la mort d’Hiram ; le candidat apprend à se tenir dans cet espace intermédiaire, au seuil d’un sanctuaire auquel il n’a pas encore accès.

Les commentaires du degré décrivent volontiers une gradation de la lumière : celle du jour dans l’Ulam, celle des chandeliers dans le Hekal, celle, invisible, du Debir. Le Maître secret apprend que le travail se poursuit dans la discrétion, entre ce qui est déjà su et ce qui reste à découvrir.

Une lecture symbolique ternaire

  • Ulam : le vestibule, associé au corps et au monde extérieur.
  • Hekal : le Saint, associé à l’âme, à l’étude et au service.
  • Debir : le Saint des Saints, associé à l’esprit et au mystère.
  • Cette tripartition est rapprochée par plusieurs auteurs du parcours en trois grades symboliques.

Le saviez-vous ?

Le mot n’a pas disparu de l’usage juif : dans les synagogues de tradition séfarade et orientale, on appelle hekhal l’armoire sainte qui renferme les rouleaux de la Torah, nommée aron ha-qodesh chez les Ashkénazes. Par ailleurs, une branche de la mystique juive ancienne porte le nom de littérature des Hekhalot, les « palais » célestes que l’âme traverse.

Pour approfondir

  • Le premier livre des Rois, chapitres 6 à 8, et le second livre des Chroniques, chapitres 3 et 4, pour la description biblique du Temple.
  • Les rituels publiés et commentaires du 4e degré du Rite écossais ancien et accepté.
  • Les études consacrées au Temple de Salomon dans la symbolique maçonnique, notamment sur 450.fm.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Saints Jean, Carré long, Orient, Hiram.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

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