Ve Manifestation maçonnique internationale à Luxembourg, 26 mai 1912 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 26 mai 1912, selon la chronologie de référence, la ville de Luxembourg accueille la cinquième Manifestation maçonnique internationale. Ces rencontres, nées en 1907 au col de la Schlucht, rassemblent des francs-maçons français et allemands, rejoints par des frères d’autres pays, pour affirmer la fraternité entre les peuples et l’idéal de l’arbitrage international. Après l’échec de la rencontre de Paris en 1911, en pleine crise d’Agadir, le choix du Grand-Duché, État neutre situé entre les deux rivaux, est tout un symbole. C’est l’avant-dernière de ces manifestations pacifistes avant la Grande Guerre.

Date : 26 mai 1912
Lieu : Luxembourg, Grand-Duché de Luxembourg

Une Europe sous tension

Ve Manifestation maçonnique internationale à Luxembourg, 26 mai 1912
Source : Wikimedia Commons – uploaded by Family-Member – Public domain

Au début des années 1910, la rivalité franco-allemande, alimentée depuis 1871 par la question de l’Alsace-Moselle, s’aggrave au fil des crises marocaines. En juillet 1911, l’envoi d’une canonnière allemande devant Agadir fait craindre une guerre. Dans ce climat, une partie de la franc-maçonnerie européenne, nourrie de l’idéal humaniste et des débats sur l’arbitrage international, s’engage dans le mouvement pour la paix. Les congrès maçonniques de Bruxelles en 1904 ou de La Haye militent déjà pour le règlement pacifique des conflits et contre le chauvinisme.

Les manifestations franco-allemandes

La série des manifestations maçonniques internationales commence en juillet 1907 au col de la Schlucht, dans les Vosges, sur la frontière d’alors : quelque 400 francs-maçons français et allemands s’y retrouvent. Suivent Bâle en 1908 et Baden-Baden en 1909. La quatrième, prévue à Paris en juillet 1911, est perturbée par la crise d’Agadir : la salle de la rue Cadet est fermée aux délégués et la réunion se replie sur la loge L’Étoile polaire. Parmi les animateurs figurent le Français Lucien Le Foyer et l’Allemand Heinrich Kraft, militants du rapprochement entre les deux nations.

La rencontre de Luxembourg

Pour la cinquième rencontre, les organisateurs choisissent un pays neutre : le Grand-Duché de Luxembourg, État indépendant et neutre depuis le traité de Londres de 1867, où une loge locale accueille les participants. La chronologie de référence la date du 26 mai 1912 ; les sources consultées confirment l’année et le lieu, sans détailler le déroulement de la journée. Comme les précédentes, la manifestation associe tenue fraternelle, discours en faveur de la paix et de l’entente franco-allemande, et banquet, dans l’esprit d’une franc-maçonnerie qui se veut école de fraternité au-dessus des frontières.

Les acteurs

Ve Manifestation maçonnique internationale à Luxembourg, 26 mai 1912
Source : Wikimedia Commons – Adolphe Weick – Public domain

Ces rencontres reposent sur un petit réseau de frères convaincus. Lucien Le Foyer, avocat et député de la Seine, est l’un des grands noms du pacifisme maçonnique français ; l’Allemand Heinrich Kraft porte le projet de l’autre côté du Rhin. À Nancy, Charles Bernardin, président de la loge Saint-Jean de Jérusalem, joue un rôle d’organisateur. Le Belge Henri La Fontaine, sénateur et futur prix Nobel de la paix, intervient également dans ces rencontres. Le Bureau international de relations maçonniques, installé à Neuchâtel depuis 1902 et dirigé par le pasteur Édouard Quartier-la-Tente, sert de relais d’information entre obédiences.

Portée et limites

Les manifestations ne réunissent jamais qu’une fraction des francs-maçons : beaucoup d’obédiences anglo-saxonnes, scandinaves ou allemandes, notamment les grandes loges prussiennes, restent à l’écart des initiatives jugées trop politiques ou trop proches du Grand Orient de France. Elles témoignent néanmoins d’une diplomatie fraternelle originale, qui tente de faire dialoguer des hommes que leurs gouvernements opposent. Luxembourg prépare la sixième et dernière rencontre, tenue à La Haye en août 1913.

Postérité

La rencontre suivante, prévue à Francfort-sur-le-Main en août 1914, n’aura jamais lieu : la guerre éclate. L’idéal des manifestations ne disparaît pas pour autant. Il nourrit les congrès maçonniques interalliés de 1917, favorables à une Société des Nations, puis la création en 1921 de l’Association maçonnique internationale. Pour l’historien, la réunion de Luxembourg reste le témoin d’un pacifisme maçonnique sincère mais impuissant face à la marche à la guerre.

Repères chronologiques

  • 1902 : fondation à Genève du Bureau international de relations maçonniques, siège à Neuchâtel.
  • Juillet 1907 : première manifestation franco-allemande au col de la Schlucht.
  • 1908 et 1909 : rencontres de Bâle et de Baden-Baden.
  • Juillet 1911 : rencontre de Paris perturbée par la crise d’Agadir.
  • 26 mai 1912 : cinquième manifestation, à Luxembourg.
  • Août 1913 : sixième et dernière manifestation, à La Haye.
  • Août 1914 : la rencontre prévue à Francfort est annulée par la guerre.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Fraternité, Ouverture du Bureau international de relations maçonniques à Neuchâtel, 1er janvier 1903 (date historique), Obédience, Charles Bernardin (Personnalité).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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