Charles Bernardin (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Plombières-les-Bains, dans les Vosges, en 1860 et mort à Metz en 1939, Charles Bernardin fut notaire puis juge de paix en Lorraine, militant dreyfusard et républicain du Bloc des gauches. Figure majeure du Grand Orient de France en Lorraine, vénérable de la loge Saint-Jean de Jérusalem de Nancy pendant quinze ans et membre du Conseil de l’ordre, il fut l’initiateur des rencontres maçonniques franco-allemandes d’avant et d’après la Grande Guerre.

Du notariat à la justice de paix

Charles Bernardin – portrait
Source : Wikimedia Commons – CDB1 – CC BY-SA 4.0

Fils d’un directeur des postes de Plombières, Charles Bernardin étudie au lycée de Strasbourg puis au collège de Saint-Dié. Il exerce d’abord comme notaire à Beine-Nauroy, dans la Marne, de 1886 à 1890, puis à Épinal de 1890 à 1894, avant de vivre quelque temps en rentier à Bayonville-sur-Mad, en Meurthe-et-Moselle.

Le 14 janvier 1902, il est nommé juge de paix à Pont-à-Mousson, fonction qu’il occupe jusqu’en 1914. Après la Première Guerre mondiale, il siège à Bar-sur-Aube jusqu’en 1924, puis à Nancy jusqu’à sa retraite en 1934. Il finit ses jours à Metz.

Un républicain dreyfusard et laïque

Dreyfusard actif, membre de la Ligue des droits de l’homme, Bernardin signe des pétitions et combat l’antisémitisme jusque dans les loges dès 1897. Engagé dans le Bloc des gauches, il préside la Fédération républicaine de Meurthe-et-Moselle, proche du futur parti radical-socialiste, dont il est délégué au comité exécutif en 1913.

Il soutient ou fonde plusieurs journaux, dont L’Étoile de l’Est (1901), qu’il administre, et l’hebdomadaire nancéien Pour la République, fondé en 1903. Son anticléricalisme est résolu : en 1903, il fait remplacer le crucifix de la salle d’audience de Pont-à-Mousson par un buste de Marianne. Mis en cause en 1904 dans l’affaire des fiches, il reçoit un blâme du ministère de la Justice le 26 novembre 1904 ; entre 1920 et 1922, il fait condamner pour diffamation La Libre Parole et L’Action française, qui revenaient sur son rôle.

Un pilier du Grand Orient en Lorraine

Charles Bernardin est reçu en 1892 à la loge La Fraternité vosgienne d’Épinal, dont il devient secrétaire puis trésorier. Le 7 janvier 1895, il s’affilie à la loge Saint-Jean de Jérusalem de Nancy, du Grand Orient de France, qu’il dirige comme vénérable maître de 1905 à 1920. En 1906, lors de la querelle des Inventaires, le siège de la loge, rue Drouin, est saccagé.

Élu au Conseil de l’ordre du Grand Orient en 1898, puis réélu à plusieurs reprises, il compte aussi parmi les trente-trois membres élus à vie du Grand Collège des Rites. Au convent de 1920, il demande l’application de la loi de séparation des Églises et de l’État en Alsace-Moselle, projet repris en 1924 par Édouard Herriot puis abandonné. Sans être historien de métier, il est l’auteur d’un ouvrage sur l’histoire maçonnique, Notes pour servir à l’histoire de la franc-maçonnerie à Nancy jusqu’en 1805, précédées d’un précis historique du Grand Orient de France.

L’artisan des rencontres franco-allemandes

Bernardin est l’initiateur de rencontres entre francs-maçons français et allemands. La première se tient au col de la Schlucht le 7 juillet 1907 ; suivent Bâle (1908), Baden-Baden (1909), Paris (1911), Luxembourg (1912) et La Haye (1913).

Après 1918, il relance ces manifestations à Bâle (1925), Verdun (1928), Mannheim (1929), Besançon (1930) et Fribourg (1932). Il préside jusqu’à sa mort le Comité d’organisation des manifestations maçonniques internationales.

Une figure emblématique du Grand Orient

Magistrat de province devenu l’un des dignitaires les plus actifs du Grand Orient de France, Charles Bernardin incarne la maçonnerie républicaine, laïque et dreyfusarde de la Troisième République. Son action en faveur du dialogue maçonnique franco-allemand, menée avant comme après la Grande Guerre, lui confère une place singulière, que les études consacrées à sa trajectoire ont résumée sous la formule de « figure emblématique du Grand Orient de France ».

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Charles Bernardin.

Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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