Maurice Berteaux (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Né à Saint-Maur-des-Fossés le 3 juin 1852 et mort accidentellement à Issy-les-Moulineaux le 21 mai 1911, Henri Maurice Berteaux fut agent de change, maire de Chatou, député de Seine-et-Oise, président du Parti radical et ministre de la Guerre. Républicain et laïque convaincu, il était un franc-maçon actif du Grand Orient de France, assidu de la loge de Saint-Germain-en-Laye ; une loge porte son nom après sa mort.

D’agent de change à député-maire

Maurice Berteaux – portrait
Source : Wikimedia Commons – Nadar – Public domain

Issu d’une famille bourgeoise fortunée, Maurice Berteaux fait de brillantes études au lycée Charlemagne, à Paris. En 1879, à vingt-sept ans, il succède à son beau-père comme agent de change.

Il entre en politique au niveau local : maire de Chatou de 1891 à 1911, il est élu député de Seine-et-Oise en 1893 et le reste jusqu’à sa mort. Il préside le conseil général de Seine-et-Oise en 1908. En 1904, il intervient pour empêcher la démolition du château de Maisons-Laffitte.

Un radical au ministère de la Guerre

Spécialiste des questions militaires et financières, Berteaux préside la commission de l’Armée et devient ministre de la Guerre dans les gouvernements Émile Combes, Maurice Rouvier et Ernest Monis. Il œuvre à la rénovation de l’armée et défend l’égalité de tous devant le service militaire.

Président du Parti républicain, radical et radical-socialiste en 1904, il soutient l’impôt progressif sur le revenu, la séparation des Églises et de l’État de 1905 et la réduction de la durée du service. Avec Jean Jaurès, il fait adopter une loi sur les accidents du travail favorable aux cheminots. Il milite aussi à la Ligue de l’enseignement fondée par Jean Macé.

Un franc-maçon du Grand Orient

Maurice Berteaux
Source : Wikimedia Commons – Agence de presse Meurisse. Agence photographique (commanditaire) – Public domain

Maurice Berteaux est un franc-maçon actif du Grand Orient de France. Il fréquente assidûment la loge de Saint-Germain-en-Laye, ville voisine de Chatou. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni les offices qu’il a pu exercer.

Son engagement maçonnique rejoint son action politique : laïcité, école publique, défense de la République. Après sa mort, une loge prend le nom de loge Maurice-Berteaux, signe de la mémoire qu’il a laissée parmi ses frères.

Une mort spectaculaire et une mémoire durable

Le 21 mai 1911, Berteaux assiste au départ de la course aérienne Paris-Madrid sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux. L’aviateur Louis Émile Train, contraint à un atterrissage d’urgence, percute le groupe de personnalités qui a envahi la piste ; le ministre est tué. Il est inhumé à l’ancien cimetière de Chatou.

De nombreuses voies d’Île-de-France portent son nom, dont la rue Maurice-Berteaux à Paris. Un monument du sculpteur Charles Maillard est inauguré à Chatou en 1922, et le cap Berteaux, en Antarctique, lui rend hommage.

Un radical maçon de la Belle Époque

Maurice Berteaux illustre la convergence, au tournant du XXe siècle, entre le radicalisme républicain et le Grand Orient de France : un notable local devenu ministre, attaché à la laïcité, à l’école et à une armée républicaine. La loge qui porte son nom témoigne de la reconnaissance que lui a vouée la maçonnerie de son temps.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Maurice Berteaux.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Initiation.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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