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Du 3 au 5 juillet 1909, la ville thermale de Baden-Baden, dans le grand-duché de Bade, accueille la troisième rencontre maçonnique franco-allemande pour la paix. Après le col de la Schlucht en 1907 et Bâle en 1908, c’est la première fois que le rendez-vous se tient en Allemagne même, à l’invitation de frères badois. Portée par Charles Bernardin et Heinrich Kraft, cette réunion confirme l’enracinement du mouvement. Kronobase la date du 4 juillet 1910, mais les sources la placent en 1909 : il n’y eut aucune rencontre en 1910, celle de Paris ayant été reportée à 1911.
Date : 3-5 juillet 1909
Lieu : Baden-Baden, grand-duché de Bade (Allemagne)
Le mouvement s’installe

En 1907, au col de la Schlucht, près de 400 francs-maçons surtout français et allemands s’étaient promis de se revoir chaque année. Bâle avait accueilli la deuxième rencontre le 5 juillet 1908. La troisième franchit un nouveau seuil : elle se tient en territoire allemand, dans le grand-duché de Bade, État du sud-ouest de l’Empire réputé plus libéral que la Prusse.
Baden-Baden, ville d’eaux et de rencontres
Station thermale cosmopolite au pied de la Forêt-Noire, à quelques dizaines de kilomètres de Strasbourg et de la frontière française, Baden-Baden est depuis le XIXe siècle un lieu de villégiature de l’aristocratie et de la bourgeoisie européennes. Elle possède une loge active, Badenia zum Fortschritt, qui fera de Charles Bernardin l’un de ses membres d’honneur. Le choix de la ville souligne la dimension à la fois européenne et frontalière du mouvement.
Trois jours de fraternité
La réunion se déroule du 3 au 5 juillet 1909 ; un compte rendu en allemand est publié la même année à Baden-Baden. Comme les précédentes, elle est préparée par un comité indépendant et non par les obédiences, qui restent prudentes. Les sources consultées ne précisent ni le nombre des participants ni la teneur des discours. Elles montrent en revanche que les liens personnels se densifient : le 24 juin 1909, quelques jours avant la rencontre, la loge Zur Treue de Colmar nomme Bernardin membre d’honneur.
Les acteurs

Le Français Charles Bernardin (1860-1939), juge de paix à Pont-à-Mousson et vénérable de Saint-Jean de Jérusalem de Nancy, membre du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, et l’Allemand Heinrich Kraft, professeur à Strasbourg et vénérable de la loge An Erwins Dom, sont les deux figures centrales de ces manifestations. Ils s’appuient sur le réseau du Bureau international de relations maçonniques de Neuchâtel, dirigé par Édouard Quartier-la-Tente.
Des échos jusqu’à Nancy
L’élan se prolonge à l’automne. En novembre 1909, lors d’un banquet à Nancy rassemblant 180 convives, de nombreux frères allemands sont présents ; le frère Cahn, de Colmar, y exprime le souhait de voir les idées maçonniques pénétrer davantage les loges allemandes. Ces échanges montrent que les manifestations ne se limitent pas à une journée annuelle, mais nourrissent des relations suivies entre loges.
Une année blanche, puis Paris
La rencontre suivante devait se tenir à Paris en juillet 1910 ; elle est reportée et n’a lieu que du 8 au 10 juillet 1911. C’est sans doute ce décalage qui explique l’erreur de date de certaines chronologies pour Baden-Baden. Suivront Luxembourg en 1912 et La Haye en 1913, avant que la guerre n’empêche la rencontre de Francfort prévue en 1914.
Repères chronologiques
- 7 juillet 1907 : rencontre du col de la Schlucht.
- 5 juillet 1908 : rencontre de Bâle.
- 24 juin 1909 : Bernardin membre d’honneur de la loge Zur Treue de Colmar.
- 3-5 juillet 1909 : rencontre de Baden-Baden.
- Juillet 1910 : la rencontre de Paris est reportée.
- 8-10 juillet 1911 : quatrième manifestation, à Paris.
- 1929 : rencontre d’après-guerre à Mannheim, dans l’ancien pays de Bade.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Mère, Élection de Portalis comme vénérable de L’Étroite Persévérance des Amis Réunis à Aix, 1768 (date historique), Fraternité, Obédience, Charles Bernardin (Personnalité).

