Roger Salengro (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Roger Henri Charles Salengro naît à Lille le 30 mai 1890 et meurt dans la même ville en novembre 1936. Militant de la SFIO, maire de Lille à partir de 1925, député du Nord, il devient en 1936 ministre de l’Intérieur du gouvernement de Léon Blum. Initié dans sa jeunesse à la loge « La Fidélité » de la Grande Loge de France, à Lille, il est la cible d’une campagne de calomnie de l’extrême droite qui le pousse au suicide.

Un enfant de Fives devenu militant socialiste

Roger Salengro – portrait
Source : Wikimedia Commons – UnknownUnknown . Upload, stitch and restoration by Jebulon – Public domain

Né dans le quartier lillois de Fives, rue Mirabeau, Roger Salengro est le fils d’Henri Salengro, entrepreneur en bonneterie, et d’Anna Louise Herreman, institutrice. Après une enfance en partie passée à Dunkerque, il obtient son baccalauréat à seize ans au lycée Faidherbe, devient boursier au lycée Lakanal de Sceaux à partir de 1907, puis étudie à la faculté des lettres de Lille.

Très tôt engagé à la SFIO, il dirige la section de Lambersart. Mobilisé, il est fait prisonnier en 1915 alors qu’il est coursier ; accusé à tort de désertion, il passe trois années de captivité en Allemagne, dont il revient très affaibli. Cet épisode sera plus tard au cœur des attaques dirigées contre lui.

Maire de Lille et ministre du Front populaire

Conseiller municipal de Lille, conseiller général du canton de Lille-Sud-Ouest et secrétaire administratif de la fédération socialiste du Nord, Salengro est élu maire de Lille en 1925, puis réélu en 1929 et en 1935. Député à partir de 1928, il défend les travailleurs étrangers et s’abstient lors du vote de la loi de 1932 sur la protection de la main-d’œuvre nationale.

En 1936, Léon Blum lui confie le ministère de l’Intérieur. C’est lui qui annonce les accords Matignon et présente les décrets de dissolution des ligues d’extrême droite.

Un franc-maçon de la Grande Loge de France

Roger Salengro est initié dans sa jeunesse à la loge n° 256 « La Fidélité », à Lille, de la Grande Loge de France. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni les fonctions qu’il a pu exercer dans l’atelier.

Son appartenance maçonnique, ajoutée à son engagement socialiste, sert de prétexte aux attaques de l’extrême droite. La presse hostile, en particulier L’Action française et l’hebdomadaire Gringoire, l’accuse d’avoir déserté en 1915. Une commission présidée par le général Gamelin conclut à son innocence et la Chambre rejette les accusations par 427 voix contre 63, mais la campagne ne cesse pas.

La calomnie et la mort

Profondément atteint, veuf depuis 1935 de Léonie Venant, Roger Salengro se suicide à son domicile lillois du boulevard Carnot en novembre 1936. Il laisse une note restée célèbre : « S’ils n’ont pas réussi à me déshonorer, du moins porteront-ils la responsabilité de ma mort. » Ses obsèques rassemblent environ un million de personnes ; Léon Blum prononce l’oraison funèbre.

Un symbole des maçons républicains face à la haine

Dans l’histoire de la franc-maçonnerie française, Roger Salengro demeure la figure emblématique du frère républicain broyé par la violence antimaçonnique et antisocialiste de l’entre-deux-guerres. Son destin, rappelé par de nombreux ouvrages et par le téléfilm d’Yves Boisset, illustre combien l’appartenance maçonnique pouvait alors devenir une arme entre les mains des ligues et de la presse d’extrême droite.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Roger Salengro.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation, Affaire Dreyfus (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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