Joseph Bologne de Saint-George (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Joseph Bologne de Saint-George, dit le Chevalier de Saint-George, naît en Guadeloupe, sans doute sur l’habitation-sucrerie de Clairefontaine à Baillif, le 25 décembre 1745 selon la date retenue par les biographes, et meurt à Paris en juin 1799. Fils présumé d’un colon et d’une esclave, il devient l’un des premiers escrimeurs d’Europe, violoniste, chef d’orchestre et compositeur. Présenté comme le premier franc-maçon noir de France, il est étroitement lié à la Société olympique.

De la Guadeloupe aux salles d’armes parisiennes

Joseph Bologne de Saint-George – portrait
Source : Wikimedia Commons – Mather Brown, William Ward – Public domain

Les origines de Saint-George restent en partie incertaines : les auteurs ont proposé des années de naissance allant de 1732 à 1745, et aucun document n’atteste formellement son lieu de naissance. Selon l’article Wikipédia, il naît esclave, fils présumé de Georges de Bologne, colon, et d’une esclave nommée Nanon. Élevé en France dans la famille de son maître d’armes, Nicolas Texier de La Boëssière, il devient un fleurettiste de tout premier plan.

Écuyer, gendarme du roi, il entre ensuite au service du duc d’Orléans et de Madame de Montesson. Son nom reste associé à un assaut célèbre : le 9 avril 1787, à Londres, il croise le fer avec le chevalier d’Éon.

Un musicien au cœur de la vie parisienne

Violoniste virtuose, Saint-George prend dès 1769 la tête de l’orchestre du Concert des Amateurs, puis dirige le Concert spirituel. Il publie sonates, concertos pour violon et symphonies concertantes, et se tourne vers la scène avec plusieurs opéras-comiques. Candidat à la direction de l’Opéra de Paris, il en est écarté après l’opposition de plusieurs chanteuses et d’une danseuse, épisode souvent rapporté comme révélateur des préjugés de son temps.

Le premier franc-maçon noir de France

L’article Wikipédia affirme que Saint-George est le premier franc-maçon noir de France, et précise que son initiation résulte d’un choix personnel à l’âge adulte ; aucune date n’en est connue. Il est probablement affilié à la loge des Neuf Sœurs, à Paris, l’atelier des savants, artistes et gens de lettres des Lumières.

Son nom est surtout lié à la Société olympique, issue de la loge « L’Olympique de la Parfaite Estime », dont il dirige le concert. L’article anglais précise que cet orchestre réunissait les meilleurs musiciens de Paris, qui devaient être francs-maçons pour en faire partie, et que Saint-George dirigea plus tard le Cercle de l’Harmonie, rattaché à une loge installée dans l’ancien Palais-Royal, où il donna des concerts en avril 1797. La Société olympique est rattachée au Grand Orient de France, dont le grand maître était alors le futur Philippe-Égalité.

Un officier de la Révolution

Joseph Bologne de Saint-George
Source : Wikimedia Commons – William Ward / Mather Brown – Public domain

Pendant la Révolution, Saint-George est capitaine de la Garde nationale à Lille, puis prend le commandement de la Légion franche des Américains, future 13e régiment de chasseurs à cheval. Mêlé à l’affaire Dumouriez, il est arrêté en 1793 et détenu jusqu’après le 9 Thermidor, puis définitivement révoqué de l’armée après l’insurrection de vendémiaire. Un séjour à Saint-Domingue vers 1795-1797, avancé par certains biographes, reste incertain.

Principales œuvres

  • Sonates pour violon et basse, op. 1, 1773
  • Concertos pour violon, op. 2, 3 et 4, 1774
  • Symphonies concertantes, op. 6, 1776
  • Ernestine, opéra-comique sur un livret de Laclos et Desfontaines
  • L’Amant anonyme, comédie avec ballets, 1780
  • La Fille garçon, comédie mêlée d’ariettes, 1787

Une figure de la maçonnerie musicale des Lumières

Dans l’histoire de la franc-maçonnerie française, Saint-George occupe une place singulière : premier maçon noir connu du royaume, il est aussi l’un des visages de cette maçonnerie musicale des années 1780 qui, autour de la Société olympique, fit des loges parisiennes des foyers de création artistique de premier ordre. Son parcours rappelle que les ateliers des Lumières pouvaient accueillir, au moins en partie, des hommes que la société coloniale reléguait à ses marges.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Joseph Bologne de Saint-George.

Voir aussi dans le glossaire : Initiation.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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