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Pierre-Louis Prieur, dit Prieur de la Marne, né le 1er août 1756 à Sommesous (Marne) et mort le 31 mai 1827 à Bruxelles, est un avocat et homme politique de la Révolution française. Député du tiers état puis conventionnel, il vote la mort de Louis XVI et siège au Comité de salut public. Membre de la loge Saint-Louis de la bienfaisance à Châlons, il fréquente en exil la loge bruxelloise Les Amis philanthropes ; une loge du Grand Orient de France à Épernay porte son nom.
Un avocat champenois

Fils de Louis-Joseph Prieur, greffier et procureur fiscal, et de Marie Reine Hémard, Pierre-Louis Prieur étudie au collège de Châlons puis le droit à Reims. Reçu avocat au parlement de Paris, il exerce à Châlons, où il rédige notamment en 1785 un mémoire pour la communauté des boulangers de la ville.
De la Constituante au Comité de salut public
Élu en 1789 député du tiers état du bailliage de Châlons, il est secrétaire de l’Assemblée constituante et siège aux comités de mendicité et des monnaies. Proche de Robespierre dès 1791, il est ensuite accusateur public à Versailles et vice-président du tribunal criminel de Paris.
Élu premier des dix députés de la Marne à la Convention, il vote la mort de Louis XVI et se rapproche de la Montagne. Membre du Comité de salut public de juillet 1793 à 1795, il préside la Convention en brumaire an III et multiplie les missions en Champagne, à Orléans, en Bretagne et dans l’Ouest, où il participe à la répression de la Vendée.
Décrété d’arrestation après l’insurrection de prairial an III, il se cache jusqu’à l’amnistie de brumaire an IV. Il échoue de peu à l’élection au Conseil des Cinq-Cents en 1798, fréquente le club du Manège et administre les hospices civils de Paris jusqu’au 18 Brumaire.
L’exil du régicide
Proscrit comme régicide en 1816, il s’installe à Bruxelles, où il exerce comme avocat consultant. Il y meurt dans la pauvreté, rue de Namur, à 70 ans ; ses anciens collègues doivent cotiser pour payer ses funérailles.
Un parcours maçonnique de Châlons à Bruxelles

Pierre-Louis Prieur est membre de la loge Saint-Louis de la bienfaisance à Châlons. Lors de sa mission de 1792, il rend visite à la loge La Triple Union de Reims, signe de la place que tient la sociabilité maçonnique dans son parcours révolutionnaire.
En exil, il devient à partir de 1817 un membre actif de la loge bruxelloise Les Amis philanthropes, aux côtés d’autres conventionnels proscrits comme René Levasseur, Pierre Joseph Cambon et Crassous de Médeuil. Sa mémoire maçonnique demeure : une loge du Grand Orient de France à Épernay porte le nom de « Prieur de la Marne ».
Principales œuvres
- Rapport sur l’établissement des sourds-muets, 1791
- Opinion sur le jugement de Louis Capet, 1793
- Compte rendu de l’armée des côtes de Cherbourg, 1795
- Observations pour Arnoux Souffrein et compagnie, 1802
- Notes et souvenirs inédits de Prieur de la Marne, 1912 (posthume)
Un conventionnel dans la fraternité des proscrits
Prieur de la Marne illustre le lien entre loges de province et personnel révolutionnaire, puis le rôle refuge des loges belges pour les régicides exilés sous la Restauration. Les Amis philanthropes de Bruxelles accueillirent ainsi une petite communauté de conventionnels, et la loge d’Épernay qui porte son nom perpétue ce souvenir au Grand Orient de France.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Pierre-Louis Prieur.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Vénérable (Vénérable Maître en chaire).

