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Née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne) et morte à Marseille en janvier 1905, Clémence Louise Michel, dite Louise Michel, est l’une des grandes figures du mouvement ouvrier français. Institutrice, poétesse, combattante de la Commune de Paris, déportée en Nouvelle-Calédonie puis militante anarchiste, elle est aussi reçue à la fin de sa vie dans une loge mixte de la Grande Loge symbolique écossaise, où elle prononce une conférence sur la femme et la franc-maçonnerie.
Une institutrice insoumise

Fille naturelle d’une domestique, Marie Anne Michel, Louise Michel grandit au château de Vroncourt. Elle obtient en 1851 à Chaumont son brevet de sous-maîtresse mais refuse de prêter serment à Napoléon III et ouvre une école libre à Audeloncourt, puis d’autres à Clefmont et à Millières.
Installée à Paris en 1856, elle enseigne et ouvre plusieurs écoles, suit les cours d’instruction populaire de la rue Hautefeuille et écrit des poèmes sous le pseudonyme d’Enjolras ; elle correspond avec Victor Hugo et devient sociétaire de l’Union des poètes en 1862.
La « Vierge rouge » de la Commune
Présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement, elle participe en mars 1871 à l’affaire des canons de Montmartre, combat avec le 61e bataillon et sert comme ambulancière jusqu’à la Semaine sanglante. Elle se rend pour faire libérer sa mère et revendique ses actes devant le conseil de guerre, qui la condamne le 16 décembre 1871 à la déportation.
Débarquée en Nouvelle-Calédonie, elle y reste sept ans, devient anarchiste, enseigne, apprend une langue kanak et prend la défense des Kanaks lors de la révolte de 1878.
Une militante anarchiste infatigable
Amnistiée en 1880, elle est accueillie par une foule à la gare Saint-Lazare. Conférences, meetings et peines de prison se succèdent ; blessée par balle au Havre en 1888, elle s’exile à Londres de 1890 à 1895 puis fonde avec Sébastien Faure Le Libertaire. Elle est l’une des premières à arborer le drapeau noir de l’anarchisme.
Féministe, antimilitariste, opposée à la peine de mort et attentive à la cause animale, elle meurt à Marseille au retour d’une tournée en Algérie.
L’entrée en maçonnerie mixte

À la fin de sa vie, sur proposition de Madeleine Pelletier, Louise Michel prononce une conférence de réception à la loge « Fraternité universelle », de la Grande Loge symbolique écossaise mixte et maintenue, qui la coopte. Quelques semaines plus tard, elle est initiée à la loge n° 3 « La Philosophie sociale », qui admettait les femmes, en même temps que Charlotte Vauvelle et Henri Jacob.
Le lendemain de son initiation, elle parle devant la loge « Diderot » sur le thème La femme et la franc-maçonnerie, propos rapportés par le bulletin de la Grande Loge. À ses funérailles, le vénérable de « Fraternité universelle » prend la parole.
Principales œuvres
- La Marseillaise noire, 1865
- À mes frères, 1871
- Légendes et chansons de gestes canaques, 1885
- La Cruauté contre les bêtes, 1886
- L’Ère nouvelle, 1887
- Le Coq rouge, 1888
- Avant la Commune, 1905
- Souvenirs et aventures de ma vie, 1905
Une icône de la maçonnerie mixte et libre-penseuse
L’initiation tardive de Louise Michel fait d’elle l’une des figures emblématiques de la franc-maçonnerie mixte naissante au tournant du XXe siècle. Son parcours, qui relie l’éducation populaire, la Commune, le féminisme et l’anarchisme, est souvent invoqué par les loges attachées à l’émancipation et à l’égalité entre hommes et femmes.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Louise Michel.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Loge Bleue ou Loge Symbolique..

