Ludwig Keller (historien)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Ludwig Keller, né le 28 mars 1849 à Fritzlar et mort le 9 mars 1915 à Berlin, est un archiviste et historien allemand. Spécialiste des anabaptistes et des courants religieux dissidents de la Réforme, fondateur en 1892 de la Comenius-Gesellschaft, il a développé une thèse audacieuse : la franc-maçonnerie serait l’héritière d’une longue tradition humaniste et tolérante, transmise à travers les siècles en marge des Églises officielles.

Un archiviste prussien

Fils d’un secrétaire de district, Heinrich Keller, Ludwig Keller étudie au gymnase de Rinteln, puis le droit, les sciences politiques, la philologie classique et l’histoire aux universités de Leipzig et de Marburg. Docteur en 1872, il entre en 1874 aux Archives d’État de Münster, qu’il dirige de 1881 à 1895, avant d’être appelé aux Archives secrètes d’État de Prusse à Berlin.

L’historien des anabaptistes

Ses premiers travaux font de lui un spécialiste reconnu de l’anabaptisme. Son Geschichte der Wiedertäufer und ihres Reiches zu Münster (1880), consacré au royaume anabaptiste de Münster, est suivi d’une étude sur Hans Denck, Ein Apostel der Wiedertäufer (1882), et de Die Reformation und die älteren Reformparteien (1885). Il y replace les fraternités religieuses au cœur de l’histoire de la Réforme allemande.

La Comenius-Gesellschaft

En 1892, il fonde la Comenius-Gesellschaft für Geisteskultur und Volksbildung, placée sous le patronage du pédagogue tchèque Jan Amos Comenius. Cette société entend promouvoir l’idéal humaniste et étudier l’histoire des visions du monde religieuses et philosophiques en Occident.

Une thèse sur les origines de la franc-maçonnerie

Reçu franc-maçon en 1897, Ludwig Keller exerce de hautes fonctions dans la maçonnerie berlinoise. Il soutient l’existence, à côté des Églises officielles, d’une mouvance plus ou moins cachée porteuse d’un christianisme tolérant et non dogmatique, nourri de platonisme. Selon lui, elle se serait transmise par les sectes, les académies de la Renaissance, la franc-maçonnerie et le néo-humanisme allemand.

Il développe ces idées dans Zur Geschichte der Bauhütten und der Hüttengeheimnisse (1898), Die römische Akademie und die altchristlichen Katakomben (1899), Die geistigen Grundlagen der Freimaurerei und das öffentliche Leben (1911) et Die Freimaurerei (1914). Cette thèse d’une continuité souterraine est aujourd’hui jugée spéculative par les historiens, mais elle témoigne de l’effort d’un érudit pour inscrire la franc-maçonnerie dans l’histoire longue de l’humanisme européen.

Principaux ouvrages

  • Geschichte der Wiedertäufer und ihres Reiches zu Münster, 1880
  • Die Gegenreformation in Westfalen und am Niederrhein, 3 vol., 1881-1895
  • Ein Apostel der Wiedertäufer, 1882
  • Die Reformation und die älteren Reformparteien, 1885
  • Zur Geschichte der Bauhütten und der Hüttengeheimnisse, 1898
  • Die geistigen Grundlagen der Freimaurerei und das öffentliche Leben, 1911
  • Die Freimaurerei, 1914

Voir aussi dans le glossaire : Origines fantasmées (antimaçonnisme), Robert Freke Gould (historien).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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