Ratzinger, Joseph (antimaçonnisme)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Joseph Ratzinger, né le 16 avril 1927 à Marktl en Bavière et mort le 31 décembre 2022 au Vatican, est une figure majeure de la théologie catholique contemporaine. Devenu Benoît XVI en 2005, il fut évêque de Rome et pape de l’Église catholique jusqu’à sa renonciation effective le 28 février 2013. Sa place dans cet abécédaire tient moins à un antimaçonnisme pamphlétaire qu’à son rôle doctrinal dans l’histoire contemporaine des relations entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie.

Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Les papes 4e

Nommé préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi par Jean-Paul II le 25 novembre 1981, Joseph Ratzinger est le signataire de la Déclaration sur les associations maçonniques du 26 novembre 1983. Ce texte intervient dans un moment précis. Le nouveau Code de droit canonique de 1983 ne mentionne plus explicitement la franc-maçonnerie comme le faisait le Code de 1917. Certains ont alors cru possible d’y voir une évolution, voire un assouplissement. La déclaration vient fermer cette interprétation.

Le texte affirme que le jugement négatif de l’Église sur les associations maçonniques demeure inchangé, que leurs principes sont considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église, et que les catholiques inscrits dans des associations maçonniques ne peuvent recevoir la communion.

Une tradition longue

Cette position reprend une tradition longue de condamnations pontificales, tout en la formulant dans le contexte canonique nouveau de 1983. Elle rappelle que l’absence du mot franc-maçonnerie dans le Code ne signifie pas disparition de l’incompatibilité doctrinale.

Joseph Ratzinger doit donc être lu ici comme un acteur doctrinal majeur, non comme un auteur de légende noire. Il ne reprend pas les fables de Léo Taxil, les images de pacte satanique, les mythologies du gouvernement mondial ou les amalgames judéo-maçonniques. Il formule une position d’Église, à partir d’une compréhension catholique de la vérité révélée, de la communion ecclésiale, de la doctrine, du serment, du relativisme supposé et de la liberté de conscience telle que la maçonnerie peut l’incarner aux yeux du magistère.

Une notice exacte

Les papes La Vie

C’est précisément pourquoi cette notice doit être exacte. Le texte de 1983 n’est pas un pamphlet. Il ne relève pas de la littérature conspirationniste. Mais il a souvent été utilisé par des milieux antimaçonniques comme confirmation d’une condamnation globale, parfois étendue bien au-delà de son cadre. Certains s’en servent pour nourrir des images de suspicion, de trahison spirituelle, de péché public, voire de péril religieux. Entre le document doctrinal et l’imaginaire du soupçon, il existe un écart qu’il faut toujours mesurer.

Trois plans à distinguer

La lecture maçonnique doit distinguer trois plans. Le premier est celui de la doctrine catholique, qui appartient à l’Église et à son droit interne. Le deuxième est celui du dialogue historique, où des catholiques et des francs-maçons ont pu se rencontrer, se confronter, se comprendre parfois, sans supprimer la tension institutionnelle. Le troisième est celui de l’antimaçonnisme polémique, qui transforme la position catholique en arme de diabolisation.

Cette distinction permet d’éviter deux erreurs. La première serait de nier la réalité du conflit doctrinal. Il existe. Il est ancien. Il porte sur la nature de la vérité, le serment, le secret, le pluralisme religieux, l’autorité, la conception de la liberté de conscience, le rapport à la révélation. La seconde erreur serait de confondre ce conflit avec les fantasmes de l’antimaçonnisme.

Une incompatibilité doctrinale n’est pas une autorisation à calomnier. Une discipline sacramentelle n’est pas une preuve de complot.

Une perspective initiatique

Dans une perspective initiatique, l’entrée « Ratzinger » oblige à penser le rapport entre fidélité et liberté. Pour l’Église catholique, la vérité est reçue, transmise, gardée par le magistère et vécue dans la communion. Pour la franc-maçonnerie, la vérité est souvent cherchée par le symbole, l’expérience rituelle, la confrontation fraternelle et la liberté de conscience. Ces deux régimes de vérité ne se recouvrent pas. Ils peuvent se heurter. Mais leur tension doit être pensée avec rigueur, non livrée à la caricature.

La figure de Joseph Ratzinger rappelle aussi que l’antimaçonnisme ne se réduit pas au délire. Il existe une critique catholique structurée, doctrinale, cohérente dans son propre ordre. La contester suppose de la comprendre. La comprendre ne signifie pas y adhérer. Cela signifie refuser les facilités, des deux côtés. La lumière ne gagne rien à combattre une ombre inventée. Elle doit regarder la difficulté réelle.

Voir aussi : Déclaration de 1983, Droit canonique, Église catholique, Pape et franc-maçonnerie, Excommunication, Catholicisme et franc-maçonnerie, Humanum genus.

Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme, Yonnel Ghernaouti

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.

Pour aller plus loin

Glossaire de la franc-maçonnerie

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