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Le complot judéo-maçonnique est l’un des mythes les plus toxiques de l’histoire contemporaine. Il fusionne deux haines anciennes et modernes. L’antisémitisme et l’antimaçonnisme.

Dans ce récit, Juifs et francs-maçons formeraient une puissance commune, secrète, cosmopolite, antinationale, antichrétienne, financière, révolutionnaire ou mondialiste selon les versions. Cette construction a servi à justifier l’exclusion, la persécution et la violence politique.
Le procédé de l’amalgame
Le procédé repose sur l’amalgame. Le Juif est accusé de déracinement et de domination cachée. Le franc-maçon est accusé de secret et d’influence occulte. Réunis dans une même figure, ils deviennent l’ennemi intérieur absolu. L’histoire réelle disparaît. Les individus disparaissent. Les communautés disparaissent. Il ne reste qu’un monstre imaginaire, utile aux idéologies de haine.
Ce mythe a traversé l’affaire Dreyfus, les pamphlets nationalistes, les propagandes d’extrême droite, les régimes fascistes, Vichy et de nombreuses rhétoriques complotistes contemporaines.
Des formes codées aujourd’hui
Il revient aujourd’hui sous des formes parfois codées, où le mot Juif est remplacé par finance globale, élites cosmopolites, mondialistes ou réseaux occultes, tandis que la franc-maçonnerie demeure l’un des signes disponibles du soupçon.
La réponse doit être ferme. Le complot judéo-maçonnique n’est pas une opinion. C’est une matrice de haine. Il ne critique pas. Il déshumanise. Il ne pense pas. Il désigne. Le combattre, c’est défendre à la fois la vérité historique, la dignité humaine et la possibilité d’une fraternité non fondée sur l’exclusion.
Voir aussi : Antisémitisme, Antijudaïsme, Dreyfus, Vichy, Protocoles des Sages de Sion.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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