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Le complot est au cœur de l’antimaçonnisme. Non le complot réel, ponctuel, limité, historiquement établi, qui peut exister dans toute vie politique, mais le complot comme explication totale du monde. Dans cette vision, la franc-maçonnerie n’est jamais une institution humaine diverse. Elle devient le centre caché d’un plan global. Tout événement visible serait l’effet d’une décision invisible.
Une logique circulaire

Le complot antimaçonnique possède une logique circulaire. L’absence de preuve devient preuve de l’efficacité du secret. Le démenti devient preuve de mensonge. La pluralité des obédiences devient écran de fumée. Les désaccords entre francs-maçons deviennent stratégie. Rien ne peut contredire la théorie, car tout y est absorbé. Le complot fonctionne comme une prison de l’esprit.
Sa puissance vient de ce qu’il donne un ordre à l’angoisse. Le monde est complexe, violent, contradictoire. Les crises sociales, religieuses, économiques ou politiques sont difficiles à comprendre. Le complot apporte une réponse simple. Il y aurait un centre. Il y aurait des responsables cachés. Il suffirait de les nommer pour comprendre.
La réponse initiatique
La réponse initiatique consiste à refuser cette paresse de l’âme. Chercher la vérité exige de supporter la complexité. L’équerre apprend la rectitude. Le compas apprend la mesure. Le niveau rappelle l’égalité des hommes devant la recherche du vrai. Le complot, lui, dispense de chercher. Il remplace le travail par l’accusation.
Voir aussi : Complotisme, Abbé Augustin Barruel, Illuminati, Secret, Preuves impossibles.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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