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La calomnie est l’un des instruments les plus constants de l’antimaçonnisme. Elle ne se contente pas de critiquer. Elle salit. Elle ne cherche pas à établir une vérité. Elle construit une accusation destinée à blesser, discréditer, isoler ou rendre suspect.
Des formes multiples

Dans l’histoire antimaçonnique, la calomnie a pris des formes multiples. Accusations de satanisme, de trahison nationale, de corruption morale, de domination politique, de réseau occulte, de perversion spirituelle, de complicité avec toutes les révolutions ou toutes les décadences.
Sa force vient de sa capacité à survivre au démenti. Une calomnie bien installée n’a plus besoin d’être prouvée. Elle circule parce qu’elle répond à une attente. Elle donne un nom à une peur. Elle transforme un préjugé en rumeur, puis une rumeur en pseudo-certitude. Même lorsqu’elle est réfutée, elle laisse une trace. Le soupçon a cette cruauté particulière qu’il marque plus vite que la vérité ne répare.
L’art de l’insinuation
La calomnie antimaçonnique procède souvent par insinuation. Elle ne dit pas toujours directement.
Elle suggère, rapproche, questionne faussement, laisse entendre. Elle prend l’air de la prudence tout en semant le poison. C’est pourquoi la réponse ne doit pas seulement opposer un démenti. Elle doit montrer le procédé, nommer la méthode, dévoiler l’intention.
Dans une perspective initiatique, la calomnie est l’inverse de la parole droite. Elle dévoie le verbe. Là où la parole devrait bâtir, elle détruit. Là où elle devrait éclairer, elle obscurcit. Contre elle, l’équerre rappelle la rectitude et le compas la mesure.
Voir aussi : Désinformation, Rumeur, Faux documents, Diffamation, Fabrique du soupçon.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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