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Le carbonarisme, mouvement politique secret né dans l’Italie du début du XIXe siècle, a souvent été rapproché de la franc-maçonnerie par les discours antimaçonniques.

Les Carbonari utilisaient des formes de sociabilité clandestine, des rites, des grades, des mots de reconnaissance et une symbolique initiatique. Pour les adversaires des sociétés secrètes, cette proximité suffisait à confondre carbonarisme, maçonnerie, révolution et subversion.
Une histoire libérale et nationale
Historiquement, le carbonarisme appartient aux luttes libérales et nationales de l’Europe postnapoléonienne. Il participe aux aspirations à l’indépendance, à la constitution, à la limitation des absolutismes. Sa clandestinité répond largement au contexte politique de répression. L’antimaçonnisme en tire pourtant une conclusion globale. Toute société discrète serait révolutionnaire. Tout rite serait un masque. Toute initiation serait une conspiration.
Cette confusion révèle une méthode classique. Le soupçon prend des formes voisines et les déclare identiques. Parce que les Carbonari empruntent un langage symbolique, ils seraient maçons. Parce que certains maçons peuvent sympathiser avec des idées libérales, la franc-maçonnerie serait carbonariste. La nuance disparaît au profit de l’amalgame.
Distinguer les familles
La réponse historique doit donc distinguer les familles, les contextes et les finalités. La franc-maçonnerie n’est pas le carbonarisme, même si les sociabilités du temps ont pu se croiser. Le carbonarisme nous rappelle surtout que les pouvoirs autoritaires confondent volontiers toute liberté organisée avec une menace.
Voir aussi : Sociétés secrètes, Révolution, Libéralisme, Italie, Amalgame.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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