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Babel TV peut être traité comme un cas d’école de l’antimaçonnisme numérique appliqué à l’actualité judiciaire. À partir de l’affaire Athanor, le format vidéo court permet de mêler des éléments publics, des chiffres judiciaires, des noms d’institutions, des références aux services de renseignement, puis de faire glisser l’ensemble vers une lecture conspirationniste de la franc-maçonnerie. Le problème n’est pas de parler d’une affaire judiciaire. Le problème est de transformer une affaire déterminée en preuve générale contre les loges.
Une mécanique de condensation

Ce type de traitement fonctionne par condensation. Quelques données réelles donnent une apparence de sérieux. Puis l’imaginaire prend le relais. La loge devient système. Des personnes poursuivies deviennent le symptôme d’une institution entière. Le judiciaire devient métaphysique du soupçon. La vidéo ne démontre pas toujours. Elle suggère, accélère, dramatise, associe.
Cette entrée est utile parce qu’elle montre comment l’antimaçonnisme contemporain ne dépend plus seulement des vieux pamphlets. Il peut naître d’un montage, d’un commentaire, d’une vidéo de quelques minutes. Là où l’enquête devrait distinguer, la vidéo complotiste fusionne. Là où la justice doit individualiser les responsabilités, le soupçon généralise.
Voir aussi : Athanor, YouTube complotiste, Viralisme numérique, Médias, Vraie critique et faux procès.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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