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Dans le vocabulaire maçonnique, le porche désigne l’espace d’entrée d’un local de loge, avant la salle des pas perdus et le parvis du temple ; par extension, le mot s’applique au portique du temple lui-même, là où se dressent les deux colonnes. Le terme vient de l’architecture religieuse, mais il porte surtout une référence biblique : le Temple de Salomon possédait un vestibule, l’Oulam, devant lequel furent érigées les colonnes Jakin et Boaz. Le porche est ainsi le premier des seuils que franchit le maçon, une zone de passage entre le monde profane et l’espace consacré.
Un mot venu de l’architecture

Le mot porche vient du latin porticus, « portique, galerie à colonnes ». En architecture, il désigne une construction couverte placée devant l’entrée d’un édifice, en particulier d’une église. Les grands porches des cathédrales, souvent ornés de sculptures, préparent le fidèle à entrer dans le sanctuaire. Le vocabulaire maçonnique reprend ce sens d’un espace d’accueil et de préparation devant le lieu sacré.
Le porche du Temple de Salomon
Selon le Premier Livre des Rois (chapitre 7), Hiram, l’artisan bronzier venu de Tyr, fondit deux colonnes de bronze et les dressa devant le vestibule du Temple, appelé en hébreu oulam : celle de droite fut nommée Jakin, celle de gauche Boaz. Le porche du Temple est donc le lieu même des deux colonnes, qui encadrent l’entrée de toute loge maçonnique. C’est en ce sens que le mot désigne aussi, en loge, le portique du temple.
Une progression d’espaces
Dans les locaux maçonniques, la circulation suit souvent une progression vers le temple. Les termes varient d’un lieu à l’autre, mais le principe est constant : on passe d’espaces ouverts à des espaces de plus en plus réservés. Cette organisation n’est pas seulement pratique ; elle traduit une gradation du profane au sacré.
- Le porche : l’entrée du bâtiment, encore ouverte sur l’extérieur.
- La salle des pas perdus : lieu d’accueil et d’attente, où les frères se retrouvent avant la tenue.
- Le parvis : espace immédiatement devant la porte du temple, où l’on se recueille et se met en ordre.
- Le temple : la salle de loge, ouverte selon le rituel, entre les colonnes.
Un seuil élargi
Le porche prolonge la symbolique du seuil. Il n’est plus tout à fait l’extérieur, il n’est pas encore le temple. Celui qui s’y trouve est invité à se préparer intérieurement, à laisser derrière lui les préoccupations du monde. Dans de nombreuses traditions religieuses, ces espaces intermédiaires ont la même fonction : le narthex des églises anciennes accueillait les catéchumènes, qui n’avaient pas encore accès à la nef.
Une fonction d’accueil

Le porche et les espaces qui le suivent sont aussi ceux de l’accueil fraternel : on s’y salue, on y reçoit les visiteurs avant leur tuilage, on y attend le moment d’entrer en cortège. Le candidat à l’initiation, lui, ne fait que traverser ces lieux, puisqu’il est d’abord conduit au cabinet de réflexion. La dimension humaine de ces espaces n’est pas secondaire : elle prépare la qualité des travaux.
Le porche dans les grades
Au-delà des locaux, le porche du Temple joue un rôle dans l’imaginaire des grades. Les Apprentis et les Compagnons sont symboliquement associés aux colonnes et au portique ; le Maître est appelé à pénétrer plus avant, jusqu’à la chambre du milieu. La progression dans le temple de Salomon, du porche au Saint puis au Saint des Saints, a servi de modèle symbolique à la progression initiatique.
Du porche au Saint des Saints
Le Temple de Salomon, tel que le décrit la Bible, se composait de trois parties : le vestibule, ou porche, le Saint, appelé hekhal, et le Saint des Saints, ou debir, où reposait l’arche d’alliance. Cette progression en trois espaces, de plus en plus réservés, a offert à la franc-maçonnerie une image de la progression initiatique en trois grades : on se tient d’abord au seuil, puis l’on avance, enfin l’on pénètre au lieu le plus intime.
Le saviez-vous ?
La Bible donne des dimensions précises au vestibule du Temple de Salomon : vingt coudées de largeur, égale à celle de la maison, et dix coudées de profondeur (1 Rois 6, 3). Ces mesures ont nourri de nombreuses reconstitutions et commentaires, y compris chez les auteurs maçonniques fascinés par l’architecture sacrée.
À retenir
- Le porche est l’espace d’entrée d’un local maçonnique, avant les pas perdus et le parvis.
- Par extension, il désigne le portique du temple, où se dressent les colonnes.
- Il renvoie au vestibule (oulam) du Temple de Salomon, devant lequel furent élevées Jakin et Boaz.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Parvis, Colonnes, Cabinet de Réflexion.
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