Lieu symbolique : Le mystère de la cave aux sculptures de Dénezé-sous-Doué (49)

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Avant tout, qu’est-ce qu’un lieu symbolique ? Peut-être pourrions-nous retenir la vision du géographe Jérôme Monnet, professeur et co-directeur de l’École d’Urbanisme de Paris, qui écrit, dans un article reprenant sa conférence prononcée à Rio de Janeiro le 27 août 1997 – à l´invitation de l´École de Service Social de l´Université Fédérale de Rio de Janeiro –,

Jéröme Monnet
Jéröme Monnet

« … Les relations entre l´espace, le pouvoir et l´identité sont nécessairement médiatisées par des symboles. Un symbole étant une réalité matérielle (un bâtiment, une statue, une pièce de monnaie, etc.) qui communique quelque chose d´immatériel (une idée, une valeur, un sentiment…), le lieu du pouvoir serait ainsi par définition un lieu symbolique, à la fois porteur de pouvoir dans l´ordre spatial et porteur de l´espace dans l´ordre du pouvoir. Les médiations symboliques entre ces différents ordres de la réalité ne se produisent et ne comprennent donc que dans le contexte où elles apparaissent. Un lieu peut être considéré comme « symbolique » dans la mesure où il signifie quelque chose pour un ensemble d´individus ; ce faisant, il contribue à donner son identité à ce groupe… »

Symbole de reconnaissance
Symbole de reconnaissance

Étymologiquement, le mot symbole vient du latin symbolum, « symbole de foi », symbolus, « signe de reconnaissance », du grec sumbolon. Dans la Grèce antique, le « symbolon » était un morceau de poterie qui était brisé en deux et qu’on donnait à deux ambassadeurs de cités alliées pour se reconnaître. C’est aussi le « Jeter ensemble ». Dans l’Antiquité, deux personnes qui passaient un contrat ensemble cassaient un morceau de poterie. Chacun en gardait un bout. Quand les contractants se revoyaient, ils lançaient leurs fragments de tessère brisée respectifs afin de se reconnaître. Ils « jetaient ensemble », « sumballein » en grec ancien. Par extension, les deux petits morceaux de poterie furent appelés « sumbola ». Ces mots sont à l’origine de notre « symbole » moderne.

Dénezé-sous-Doué, le bourg vue depuis l'église Saint-Aubin
Dénezé-sous-Doué, le bourg vue depuis l’église Saint-Aubin

Dénezé-sous-Doué, village troglodytique d’Anjou

Mais revenons à Dénezé-sous-Doué, commune située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, 22 km de Saumur. Village d’Anjou situé au coeur du Pays saumurois, Dénezé-sous-Doué vous accueille à travers ses paysages variés, son riche patrimoine ponctué de sites troglodytiques.

Saugré, dolmen et la Pierre couverte
Saugré, dolmen et la Pierre couverte

Un peu d’histoire… communale

Les dolmens de Saugré et de la Pierre couverte témoignent d’une présence humaine à l’époque de la Préhistoire.

Au Xe siècle, les Normands ont envahi la vallée de la Loire si bien que les indigents (habitants) pour se protéger de ces « barbares », ont creusé des souterrains dans le tuffeau, notamment à Dénezé. Récemment, ont été découverts des souterrains lors de travaux d’assainissement sous la route départementale 69.

Blason - L'Anjou porte d'azur à trois fleurs de lis d'or à la bordure de gueules.
Blason – L’Anjou porte d’azur à trois fleurs de lis d’or à la bordure de gueules.

Aux XIe et XIIe siècles, les moines de St-Hilaire St-Florent – abbatiale consacrée en 1041 – se mirent à défricher le village qui était principalement boisé et se mirent à cultiver la terre, à construire des habitations et l’église.

À partir du XIVe siècle, les habitants vivaient en cave appelées « troglodytes ».

À partir du XVIe jusqu’au XXe siècle, les habitants ont extrait des pierres de tuffeau afin de bâtir leurs demeures, celles que l’on peut découvrir actuellement.

Lieu symbolique : Le mystère de la cave aux sculptures de Dénezé-sous-Doué (49)

En 1974, a été redécouvert la cave aux sculptures dont les sculptures évoquent la période des guerres de religions. Aujourd’hui, aucun élément d’archives ne nous permet de dater ces sculptures.

Ce lieu reste un mystère.

Pour mémoire, Dénezé vient de Danatus, nom du propriétaire d’une villa gallo-romaine – la terminaison -us apparait dans certaines déclinaisons en latin et que cette finale est fréquente pour les noms latins ; par exemple le prénom Alain pourrait venir du latin Alanus. Ce nom a évolué et est devenu à l’époque carolingienne Danziacum, en 1082 Danezei puis en 1150 Dénézé.

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La cave aux sculptures, une œuvre unique en Occident

La cave aux sculptures de Dénezé-sous-Doué, œuvre unique en Occident, est située au cœur d’un site troglodytique important. L’origine de ces sculptures est entourée d’un véritable mystère… Les archives n’ont pas encore livré suffisamment d’indices pour permettre d’affirmer de façon irréfutable que les sculptures sont contemporaines du XVIe, du XVIIe ou encore du XVIIIe siècle.

Lieu symbolique : Le mystère de la cave aux sculptures de Dénezé-sous-Doué (49)

Les personnages, taillés en ronde bosse, s’enchevêtrent en une gigantesque bande dessinée sculptée. Figures grimaçantes et visages angéliques, costumes somptueux et corps dénudés, géants difformes et chétives créatures s’entremêlent sans soucis de proportions, en une frise caricaturale et truculente.

Le YouTube

Une possible fresque satirique selon France 3

Ce qu’en écrivent nos confrères de France S. Guillaumin, H. Laridon, S. Testor, L. Poinsatte de France 3 France Télévisions – 19/20 – Édition du mardi 28 juillet 2020 – « Dans un petit village du Maine-et-Loire, de mystérieuses sculptures se trouvent dans des galeries souterraines » :

Lieu symbolique : Le mystère de la cave aux sculptures de Dénezé-sous-Doué (49)

« A quelques mètres sous terres, des corps et des visages d’hommes, de femmes et d’enfants par centaines. Qui les a sculptés et pourquoi ? Mystère. A Dénezé-sous-Doué, petit village situé entre Angers et Saumur, dans le Maine-et-Loire, on trouve sous les maisons des galeries souterraines et des caves utilisées comme refuges au temps des invasions ou des guerres de religions. Parmi elles, cette fameuse salle aux murs sculptés et au sujet de laquelle « il n’y aucune trace écrite ou orale », explique un guide.

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Une possible fresque politique

Lorsque l’on entre dans cette cavité, une centaine de visage nous regarde. Et si l’on a le sentiment d’y être observé, la plupart des visiteurs trouvent l’endroit « mystérieux » et « magique » même si l’un d’eux admet tout de même que « c’est particulier ».  Plusieurs théories se sont présentées pour tenter de résoudre l’énigme qui demeure encore. Selon la plus répandue, il s’agirait d’une immense fresque historique se moquant du pouvoir et des religieux. On pourrait d’ailleurs apercevoir Catherine de Médicis et Diane de Poitiers sur cette grande bande-dessinée murale. »

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Un site officiellement classée à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1969. Ici, tout est mystère…

Sources : Wikipédia, Wikimedia Commons, YouTube, France 3, Office du Tourisme de Saumur

📖 Glossaire : retrouvez l’essentiel sur ce lieu dans la fiche Cave aux sculptures, Dénezé-sous-Doué du Glossaire de la franc-maçonnerie de 450.fm.

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Chroniqueur littéraire, animé par sa maxime « Élever l’Homme, éclairer l’Humanité », il a siégé au bureau de l’Institut Maçonnique de France, est médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie, directeur de collection chez des éditeurs maçonniques et auteur de plusieurs ouvrages maçonniques. Il contribue notamment à des revues telles que « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France, « Chemins de traverse » de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, et « Le Compagnonnage » de l’Union Compagnonnique. Il a également été commissaire général des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, qu’il a initiées.

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