dim 23 janvier 2022 - 12:01

Agricol Perdiguier, la plaque commémorative !

Nous vous invitons à prendre connaissance de la décision de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

Save the date ! Samedi 4 juin 2022, inauguration donc d’une plaque commémorative. Une manifestation organisée par les Compagnons de l’Union compagnonnique et la Société des Compagnons et affiliés menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté.

Statue d’Agricol Perdiguier dans le Square Agricol Perdiguier d’Avignon

« DIRECTION DES AFFAIRES CULTURELLES 202 1 DAC 409

Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Agricol Perdiguier 16 passage de la Bonne Graine à Paris 11e

PROJET DE DELIBERATION EXPOSE DES MOTIFS

Fils de menuisier, Agricol Perdiguier naît en 1805 à Morières- lès- Avignon, dans le Vaucluse. Il fait son apprentissages dans un atelier d’Avignon après avoir quitté celui de son père. Il part ensuite pour faire son Tour de France dans les rangs des compagnons du Devoir de Liberté. Son périple a duré au total quatre ans et demi, après qu’il a été déclaré inapte au service militaire en raison de sa mauvaise denture et échapp a nt ainsi aux sept années de présence dans un régiment. Après quelques mois de halte dans l’atelier paternel, il reprend la route. Il désire vivre plus activement qu’à Morières, s’instruire et entreprendre un combat pour l’extinction des rivalités compagnonniques, dont il avait eu à souffrir sur le Tour de France. Agricol Perdiguier conçoit alors des plans de réforme du compagnonnage en vue de réduire les rivalités, en transformer l’esprit et moderniser l’institution. Il a également pris goût aux aspects les plus techniques des groupements compagnonniques, arrivant à faire des « compagnons finis » de véritables professeurs d’enseignement technique, capables de former leurs élèves, en leur apprenant aussi bien les doctrines de la société compagnonnique dont ils sont membres, que des éléments de géométrie dans l’espace, et des principales méthodes de travail utilisées dans leur métier. Grand amateur de théâtre et de chansons, il publie des chants fraternels et des dialogues édifiants. Il est un membre typique de la première génération de travailleurs manuels accédant à la culture écrite, et marque le temps des « ouvriers poètes ». Ainsi naissent en 1834 et 1836, en deux parties, Devoir de Liberté : Chansons de compagnonnage et autres, puis en 1836 également Compagnonnage : la rencontre de deux frères, scène récente adressée aux compagnons de la France, brochure éducative comme les deux recueils poétiques précédents. En 1840, il publie Le Livre du compagnonnage qui sera réédité en 1841 puis en 1857, livre militant diversement apprécié par les compagnons, mais qui assure à ses idées une très large diffusion et l’estime quasi générale de la presse et des littérateurs. Ce livre attire alors l’attention de Victor Hugo ; il inspire largement George Sand, pour son roman écrit en 1841 Le Compagnon du tour de France ; Eugène Sue le loue dans Le Juif errant ; Frédéric Mistral s’en souviendra en évoquant Calendal. Perdiguier est élu député à l’Assemblée nationale constituant e en 1848, réélu en 1849 au sein de l’assemblée nationale législative, il siège sur les bancs de la gauche modéré e, luttant pour la défense des ouvriers. Il est emprisonné au moment du coup d’État du 2 décembre 1851, avant d’être expulsé de France. Il se réfugie alors à Bruxelles, ensuite à Anvers, puis à Genève, où il demeure jusqu’en décembre 1855. C’est là qu’il fit paraître l’ouvrage qui pour la postérité demeure certainement son chef-d’œuvre : les Mémoires d’un Compagnon, en deux volumes datés de 1854- 1855. Revenu à Paris, où sa femme et ses filles ont, durant son absence, vécu difficilement de l’exploitation d’une maison garnie dite Hôtel des Travailleurs, il installe une école de trait dans le 12e arrondissement, au 38 de la rue Traversière Saint- Antoine, aujourd’hui rue Traversière. À l’école, Perdiguier ajoute une librairie à l’usage des compagnons et, en général, des ouvriers du faubourg Saint-Antoine tout proche. Il meurt le 26 mars 1875. Il est proposé d’apposer une plaque commémorative en hommage à Agricol Perdiguier au 16 passage de la Bonne Graine à Paris 11e dont le texte est le suivant :

« AGRICOL PERDIGUIER

 1805- 1875

HOMME DE LETTRES

 COMPAGNON MENUISIER DU DEVOIR DE LIBERTÉ

DÉPUTÉ DE LA DEUXIÈME RÉPUBLIQUE

ADJOINT AU MAIRE DU 12 E ARRONDISSEMENT

A VÉCU DANS CETTE MAISON DE 1839 À 1852 »

Je vous prie, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir en délibérer.

La Maire de Paris »

À Morières, sa ville natale, le rond-point dédié à cet enfant du pays

Retrouvez notre article du 2 janvier courant sur la BD Agricol Perdiguier – Compagnon menuisier du Devoir de Liberté dit Avignonnais la Vertu – Pacificateur et rénovateur du compagnonnage

Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti, membre de la Respectable Loge Le Centre des Amis N° 1 de la Grande Loge Nationale Française et Chapelain de la Loge Nationale de Recherches Villard de Honnecourt, est désormais, après six ans passés en qualité de Député Grand Archiviste, responsable, dans le cadre de la culture et de la communication, de l'organisation des salons maçonniques et de l’éditorial des réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il est le chroniqueur littéraire de la G.L.N.F., écrit aussi dans La Chaîne d’Union du Grand Orient de France et collabore à de nombreux ouvrages.

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