mer 27 octobre 2021 - 11:10

Allocution du Très Respectable Grand Maître de la GLDF

CONVENT DE LA GLDF 2021

Pierre-Marie ADAM, Grand Maître réélu avec 84,22 % des voix

À l’occasion du Convent annuel, les députés des 927 Loges ont confirmé à une très large majorité Pierre-Marie ADAM à la présidence de la Grande Loge de France.
Pierre-Marie Adam avec l’appui de son Conseil Fédéral, poursuit la mise en œuvre de son programme qui l’avait porté à la Grande Maîtrise en juin 2018.

Comme il l’avait fait dans ses précédents mandats, il entend garder le cap sur trois piliers fondamentaux : gouvernance, initiatique et ouverture qui sont au cœur de son projet de développement pour l’Obédience.

Comment ne pas évoquer la pandémie de Covid-19 !

Lors de son allocution, le Grand Maître a tout d’abord souhaité rendre hommage aux Frères passés à l’Orient Éternel mais aussi à ceux qui ont été frappés directement par la maladie. Les actions de solidarité qui ont été engagées ont permis de venir en aide aux plus touchés par cette crise sanitaire.

Tradition et Modernité
« Un confinement spirituel », c’est ainsi que le Grand Maître a évoqué la période complexe pendant laquelle les portes des Temples ont été fermées mais qui n’aura pas été du temps perdu puisqu’il aura permis de continuer à travailler sur l’amélioration de la vie des Loges et l’avenir de la Grande Loge de France.
Sous son impulsion, la Commission du « Futur de nos Loges » a consulté l’ensemble des Frères de l’Obédience et fait émerger de nombreuses réflexions.

Allocution du Très Respectable Grand Maître

Très Respectables Passé et Anciens Grands Maîtres,
Très Respectables Grands Maîtres Honoris Causa,
Très Respectables Grands Officiers et Conseillers Fédéraux,
Et vous tous Vénérables Maîtres, mes Très Chers Frères Députés, de l’Hexagone des Outre-Mer et des Orients Éloignés,

Introduction

En premier lieu, permettez-moi de vous dire le bonheur que j’éprouve de nous voir de
nouveau réunis « en présentiel » après ces longs mois passés, pour beaucoup d’entre nous, à ne nous croiser que par écrans interposés.

Songez donc : nous avons dû nous priver de nos rendez-vous traditionnels. Outre le Convent et la Tenue de Grande Loge, les Journées de Royaumont, le séminaire des nouveaux Vénérables Maîtres, et celui des Présidents de CDU, dont le rôle s’est révélé essentiel en cette période, et bien d’autres encore…

Ce que nous vivons aujourd’hui, ce bonheur, cette joie partagés sont bien la preuve que la présence et la proximité physique sont la vérité de notre démarche.
Nous devons retenir cette leçon.
Et je tiens à vous remercier pour votre présence, qui en porte le témoignage.

Faisons-en un retour en arrière :
Rappelez-vous ! Notre dernier Convent, c‘était en juin 2019 !
C’était hier, et pourtant c’était dans un autre monde.
J’avais qualifié ma première année de « paradoxale » !

Alors, comment nommer une année maçonnique qui s’est étendue sur deux années
calendaires, de juin 2019 à septembre 2021 ?

« Gouverner c’est prévoir » a dit Emile de Girardin. Une évidence certes, mais prévoit-on une pandémie mondiale ?
Aucun d’entre nous, homme d’état, savant, philosophe, Grand Maître actuel ou ancien n’avait imaginé qu’un virus changerait la face du monde.
En fait, on le vérifie une fois encore, gouverner, c’est réagir.
La véritable épreuve du feu d’un dirigeant est, hélas, moins sa propension à mettre en œuvre un projet que sa capacité à s’adapter à l’imprévu, à décider dans l’urgence, et même à repenser son logiciel.

Alors, la première question qui se pose est la suivante : Avons-nous su collectivement réagir à la déferlante de la Covid ?
La réponse vous appartient en premier lieu.

Pour ma part, même si beaucoup d’incertitudes pèsent encore sur l’évolution de notre
Institution et de ses membres, avec leurs conséquences humaines, économiques et sociales, je crois pouvoir dire que jusqu’ici non seulement l’Exécutif mais nous tous nous avons réagi et résisté comme il le fallait.

Je le dis à l’instant où s’ouvrent nos Travaux :

  • Notre Tradition a été plus forte que cette pandémie !
  • Jamais la fraternité n’a cessé de battre dans nos cœurs !
  • Et la Grande Loge de France est vivante !
    Pensées

Pourtant, tous n’ont pas eu la chance de traverser cette période sans dommages, et je veux dès à présent adresser nos pensées les plus fraternelles à tous ceux qui ont été frappés par cette épidémie.

Notre deuil accompagne tous nos Frères emportés par ce virus.
Notre tristesse et nos larmes accompagnent ceux de nos Frères dont la famille ou les proches ont été les victimes de cette infection mortelle.
Nos encouragements et nos souhaits de complet rétablissement vont à ceux qui ont été atteints, et dont certains sont présents aujourd’hui.
Et je souhaite aussi que nos pensées aillent vers ceux qui subissent encore en ce moment les assauts violents de nouveaux variants.
Il en va ainsi de nos Frères de Guyane, de Guadeloupe et de Martinique, pour certains encore confinés.
Il en va ainsi de la Polynésie durement éprouvée, comme la Nouvelle Calédonie, de l’Île Maurice toujours coupée du monde, de l’Afrique encore en souffrance.
C’est dire si votre présence aujourd’hui, qu’elle soit physique pour certains, virtuelle pour d’autres, est pour moi une joie véritable.

Car malgré les difficultés liées à la pandémie, nous avons continué à remplir nos devoirs pour le rayonnement du Rite Écossais.
C’est ainsi par exemple que nous avons pu cet été intégrer à notre Fédération trois Loges au Portugal.

Une année hors norme

C’est maintenant le moment d’aborder ce que fut le contenu de nos actions.
Avant même de commencer cette présentation proprement dite il m’apparait utile de vous rappeler un élément important de notre calendrier.
Nous nous sommes réunis en Tenue de Grande Loge, puis en Convent, pour la dernière fois, il y a 27 mois.

C’est donc une année maçonnique exceptionnellement longue que nous allons dérouler puisque, je vous le rappelle, une année maçonnique est le temps qui sépare deux prestations de serment du Grand Maître.
Pendant cette période, nous avons continué à faire vivre notre Fédération, au service de vos Loges.
Vos questions, vos votes, vos quitus porteront donc sur toute la durée de cette année hors norme.

Quelles furent, et que demeurent encore aujourd’hui, nos priorités ?

Autant le reconnaître, elles se sont imposées d’elles-mêmes.

En premier lieu bien sûr, comme un devoir sacré, apporter à tous nos Frères frappés par la pandémie ou par ses conséquences toute l’aide dont ils avaient besoin.
Dès les premiers jours de cette crise, j’ai fixé comme ligne de conduite impérative qu’aucun Frère ne soit laissé seul au bord du chemin.

Le Grand Hospitalier d’une part, nos associations de solidarité : Entraide Fraternelle,
Solidarité Jeunesse, Mathusalem, la Poignée de Mains d’autre part, et d’autres encore
localement, se sont mobilisées dès le début.
Tous ensemble nous avons eu à répondre à des situations dramatiques, parfois en urgence.
Nous avons eu à accompagner des Frères désemparés par leur situation ou celle de leurs proches.
Bien sûr nous avons eu à régler des conséquences directes de la Covid, en particulier
sanitaires.

Mais nous avons eu également très souvent à prendre en charge des situations de complètes désespérances sociales, économiques, professionnelles, conséquences indirectes mais bien réelles, de cette redoutable pandémie.

Pour certains de nos Frères ce soutien économique était parfois le dernier filet de sécurité, lorsqu’ils étaient privés de travail d’abord, de salaire ensuite, et risquaient de tout perdre y compris leur toit.

Je veux que tous nous soyons conscients que les aides apportées dans certaines situations représentent des sommes de plusieurs milliers d’euros.

Que ces aides ont parfois des durées de plusieurs mois, car l’on ne sort pas du jour au lendemain de situations d’extrême précarité.

Nous pouvons être légitimement fiers de ce que nous avons réalisé au service des plus vulnérables et des plus démunis de nos Frères, et qui durera aussi longtemps qu’ils en auront besoin.
Mais si c’est un devoir sacré, c’est aussi une obligation matérielle, et pour tout dire
économique, qu’il nous a fallu prendre en compte et assumer. Or nos moyens et nos
ressources ne sont pas infinis.

Nous avions deux choix économiques possibles :

Considérer, au cours de cette mise en parenthèse de nos Tenues initiatiques, que soit rendue à chacun une part marginale de la capitation, représentant à peine deux euros par mois.
Une restitution inutile pour beaucoup, et non essentielle pour la plupart.
Ou considérer qu’il fallait que tous les moyens disponibles soient mobilisés pour ceux qui en avaient une urgente et réelle utilité.
Nous avons fait ce second choix, et l’ampleur des besoins pris en charge nous conforte a postériori sur sa justesse.

Je veux remercier tous ceux d’entre vous, le plus grand nombre, qui ont compris le sens de cette décision, sa logique fraternelle, et la solidarité exemplaire qu’elle a rendu possible.

Mais, en matière de fraternité et de solidarité je ne veux pas oublier les plus anciens de nos Frères.
La Loge des Antiens, qui permet désormais à nos Frères très âgés de garder leur statut de Franc-maçon de la Grande Loge tout en étant exonérés de capitation, constitue une belle et grande initiative.
Tout au long de ces mois de crises, la Loge des Antiens a continué d’accueillir de nouveaux Frères.
De cela aussi nous pouvons être collectivement fiers.

Le Grand Hospitalier et le Grand Trésorier, chacun en ce qui les concerne, vous ont détaillé leurs actions respectives dans les communications qu’ils vous ont adressées. Ils y reviendront si vous le souhaitez.

Ensuite, car ils sont la raison d’être de notre Tradition, préserver les liens fraternels, alors que ce virus obligeait nos Frères à se tenir éloignés et à cesser nos Tenues rituelles, cœur de la démarche initiatique.

Ensemble, le Grand Expert et le Grand Orateur nous ont donné le cadre, et le Grand Secrétaire nous a régulièrement informés.

Tradition et modernité dans la vie de nos Loges

À cet égard, les rencontres virtuelles de la Saint-Jean constituent un exemple d’évolutions pérennes.
Elles sont caractéristiques d’une initiative que nous avons prise en temps de crise et qui s’est avérée un progrès notable dans notre capacité à échanger et communiquer.
Nous les développerons.

Enfin, assurer la poursuite de notre fonctionnement, tout en respectant nos textes, fut un exemple parfait de ces contradictions auxquelles nous avons été confrontés.
Nous y sommes parvenus, même si nos rassemblements étaient impossibles, même si nos textes ne le prévoyaient pas.
Le Grand Orateur a usé de ses prérogatives pour accorder et faire voter des dérogations, et le Grand Secrétaire pour les faire appliquer.

Assurer le présent et préparer l’avenir

Les périodes de grands bouleversements s’accompagnent souvent, pour ne pas dire toujours, d’évolutions nécessaires.

Il n’aura échappé à personne que cette crise à laquelle nous avons été confrontés a été pour chacun d’entre nous un véritable moment de rupture. Le monde tel que nous le connaissions et notre quotidienneté ont été bouleversés, nous avons dû nous adapter et évoluer.
Ce temps suspendu auquel nous étions réduits, nous l’avons mis à profit.
Ce « confinement initiatique et intellectuel » nous a permis de nous interroger sur les
conditions de notre nécessaire évolution.

Nous avons donc poursuivi sans relâche nos projets d’amélioration de la vie de nos Loges et de notre Obédience dans deux directions principales : la gouvernance et l’avenir de la Grande Loge de France.
Alors quoiqu’on en dise, le contexte dans lequel nous évoluons et les perspectives qui se dessinent nous imposent certains changements si nous voulons que notre Obédience puisse continuer de s’inscrire pleinement dans ce siècle.

Comme le disait Churchill : « Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge. »

Dès ma prise de fonction, j’avais donné pour mission à notre Très Respectable Frère Guy Cochard de piloter un groupe de réflexion sur ces questions. La « Commission Cochard » a été une boite à idées permettant d’examiner les pistes et d’émettre des propositions sans en privilégier aucune, puisqu’à la fin Je le redis ici solennellement, c’est bien l’assemblée souveraine que vous représentez qui aura à les étudier et à les adopter – ou non -.

Elle a travaillé sur le temps long, car nous sommes bien conscients que certains projets ont un caractère indispensable, que d’autres mettront des années à aboutir, qu’il nous faut aller de l’avant et rester en mouvement. Car l’inertie, ce serait la mort.

En matière de gouvernance,

Cela concerne notre mode de fonctionnement, la durée de certains mandats, la désignation de nos représentants à différents niveaux, la place et le rôle respectifs des Vénérables Maîtres et des Députés au sein de la Grande Loge de France, l’organisation et le rôle des Congrès, et même le fonctionnement de nos instances disciplinaires, autant de questions et de sujets qui méritent d’être revisités et pour certains modifiés.

Sur un plan purement technique, nous devrons poursuivre la modernisation de nos échanges et les intégrer dans notre fonctionnement, sans évidemment toucher à l’initiatique. Les contraintes liées à la pandémie nous ont prouvé l’efficacité de la visioconférence, désormais incontournable.

J’y ajouterai les nouveaux modes de communication et d’information, qui ont pris un réel essor depuis quelques mois au sein même de la Maison et qui nous ont permis de continuer à assurer notre communication vers le monde profane.

La modernité, oui, pour mieux promouvoir et répandre la Tradition. Dois-je rappeler la citation d’Isaac Adolphe Crémieux ? « Nous avons le devoir de rendre compatible notre Tradition avec les légitimes exigences de la société moderne. ».

Depuis, la Commission Cochard s’est consacrée au « Futur de nos Loges ».
Les contributions et les retours dont vous nous avez fait part et qui concernaient directement le chapitre dédié à la gouvernance ont été nombreux et sans appel. Cette évolution est souhaitée et nécessaire mais représente une lourde tâche pour laquelle nous aurons besoin de toutes nos forces vives.

C’est pourquoi, j’ai demandé au Très Respectable Frère Jean-Jacques Zambrowski, ancien Grand Chancelier et Vénérable Maître de la Loge nationale de recherche « Marquis de La Fayette » de conduire un groupe de réflexion chargé d’étudier et de travailler sur des propositions d’amélioration en ce sens. Ce groupe aura vocation à devenir pérenne pour assurer la continuité.

Dans un premier temps, il s’est penché sur la réécriture de nos textes princeps, et en
particulier une remise en forme cohérente de la Constitution. Sans rien changer de son esprit, elle ne devra en conserver que ce qui lui appartient en propre, et qui doit être intangible, renvoyant aux règlements généraux les modalités d’application qui elles sont susceptibles d’évoluer.

Pierre-Marie ADAM

Très Respectable Grand Maître

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