La Marianne noire

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En arrivant dans le hall du 16 rue Cadet, vous vous précipitez en direction de votre temple habituel, ou plus pragmatiquement parlant, en direction des toilettes.

Mais avez-vous remarqué notre petite nouvelle ? Petite tout est relatif me direz-vous. 1,20m de haut, 90kg. Dans la vitrine du musée, nous exposons fièrement une des dernières arrivées au musée. Il s’agit d’une Marianne noire. Elle contraste évidement avec nos Mariannes traditionnelles que nous retrouvons dans nos temples.

Une commande de loges toulousaines en 1848

Cette statue de Marianne est une commande de 5 loges maçonniques toulousaines en 1848. Vous l’aurez noté, c’est l’année de l’avènement de la deuxième République et de l’abolition de l’esclavage, combat mené par notre frère Victor Schoelcher.

Si vous avez eu l’occasion de visiter l’Hôtel de la Marine depuis sa transformation en musée, vous avez pu suivre une visite guidée à l’aide d’un casque audio. Par ce biais vous revivrez la signature de cet acte, en étant dans la salle où cela a eu lieu, tout en écoutant des comédiens vous narrez l’événement.

Les symboles de la Marianne noire

Cette œuvre du frère Bernard Griffoul-Dorval représente un des symboles majeurs de la République : une Marianne. Bon, jusqu’à là nous avons l’habitude, mais une de ses originalités réside dans le fait qu’elle soit noire. L’autre Marianne noire célèbre date des années 1990. C’est vous dire !

Elle porte un bonnet phrygien, l’habit des esclaves et la robe, la peplos, des femmes libres d’Athènes. Elle est à la fois esclave affranchie et femme libre.

D’autres symboles sont visibles sur la partie qui lui sert de socle. Nous y retrouvons une tête de lion, le temple de Salomon, l’arche d’alliance, une branche de laurier, une branche d’olivier …

Cette « statue de la Liberté », tel était son premier titre, intrigue par un détail. Au niveau du thorax elle a un trou. Différentes hypothèses sont avancées : elle portait jadis un bijou, probablement maçonnique, qui a été arraché, ou encore, elle aurait reçu une balle de pistolet pendant la seconde guerre mondiale.

Cachée sous l’Occupation, puis restituée

Nous savons qu’elle a été inaugurée le 16 avril 1848. Problème étant, dès août 1940, le maréchal Pétain s’acharne contre les francs-maçons, allant même jusqu’à faire fondre une partie, pour ne pas dire toutes, les statues parisiennes en bronze représentant des francs-maçons. Certains de ses socles sont restés vides, encore aujourd’hui, afin de ne pas effacer cette action. C’est le cas de celui d’Arago, dont la statue a été remplacée par une œuvre à l’échelle de la ville : les fameux médaillons Arago.

Pendant la seconde guerre mondiale, la Marianne noire fut clandestinement retirée du temple par les maçons, qui l’enterrèrent dans un jardin public.

En 1977 elle est officiellement restituée au conseil général de Haute Garonne, prenant place dans le musée de la résistance et de la Déportation de Toulouse.

Après une restauration effectuée en 2019/2020, 7 copies ont été réalisées. Elles se trouvent actuellement dans les locaux maçonniques de la région de Toulouse. Une 8eme copie a rejoint le musée de la franc-maçonnerie en 2021.

Cette Marianne républicaine et noire veille fièrement sur nos travaux à présent, gardant avec elle ses secrets … et peut-être les nôtres, qui-saiT ?

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1 COMMENTAIRE

  1. 450.fm https://bit.ly/3F7lF1Q s’était fait l’écho de l’inauguration de la Marianne noire… Et notamment de l’excellent livre de notre Frère Daniel Chartagnac, président de l’Institut Toulousain d’Études Maçonniques (ITEM) et coorganisateur des « Estivales Maçonniques en Pays de Luchon » a coécrit avec Georges Bringuier, Jacqueline Ferrasse et Monique Biasi « La Marianne du Musée » (Éd. Loubatières, Coll. Histoire, 2020, 112 pages, 12 €).
    Libération lui a consacré un article en date du 25 juin dernier, jour de l’inauguration https://bit.ly/3m8haf3
    Par ailleurs, pour voir en photo les 7 des 8 copies, dont une se trouve au Grand Temple de la Grande Loge Provinciale d’Occitanie, voir « Les 1001 vies de la « Marianne » noire  » sur « 1 le portail des Outre mer » – france tv info – https://bit.ly/3CZqWac
    Avec toute ma fraternelle affection.

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Julie le Toquin
Julie le Toquinhttp://base.ddab.org/julie-le-toquin
Julie Le Toquin est artiste plasticienne, guide conférencière, formatrice, brodeuse de décors maçonniques. Formée à l'EESAB à Lorient, à l'université Paris III en théâtre, à l'école de théâtre Auvray-Nauroy, à l'université de Lille, au CNAM, au lycée Octave Feuillet et au près de Pascal Jaouen. Elle s'intéresse tout particulièrement aux questions liées à la mémoire dans son travail d'artiste. Comme guide conférencière, elle s'est spécialisée dans les publics en situation de handicap (sourds, aveugles, sourds-aveugles ...) et la franc-maçonnerie.

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