Croire ne pas croire

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L’athéisme est l’affirmation de la non-croyance en l’existence de Dieu et de l’âme.

Pour les athées la totalité du réel est contenue dans la matière physique qui forme et constitue aussi bien l’univers que la nature et l’homme, il n’est pas besoin d’une transcendance. (Comte-Sponville, conférence sur la spiritualité : vimeo.com/217062791). L’athéisme rejoint la pensée atomiste de Démocrite et celle de l’anatman bouddhique. Sa vision de la finitude l’enracine dans le présent. «N’est pas athée qui veut» disait Jean-Paul Sartre, considérant qu’il y a difficulté à se passer de dieu.

Dans La Constitution dite d’Anderson de 1723, texte fondateur de la Franc-Maçonnerie des Moderns, il est écrit en ce qui concerne Dieu et la religion : «Un maçon est obligé, de par sa tenure [terme féodal pour l’obligation contractée par le détenteur d’un fief], d’obéir à la loi morale ; et s’il comprend bien l’Art, il ne deviendra jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux» (libertin à cette époque était celui qui ne participait aux offices religieux).

De très chrétienne à ses débuts, la Franc-Maçonnerie a évolué (surtout dans les pays latins) vers le déisme puis l’agnosticisme et même vers l’athéisme puisque, aujourd’hui, de nombreux maçons affirment ne pas croire en Dieu.

Le Grand Orient de France décide en 1877 de supprimer de sa Constitution les références à l’existence de Dieu et à l’immortalité de l’âme. La croyance en Dieu devient facultative alors qu’elle était auparavant une condition sine qua non de l’entrée en Franc-Maçonnerie. En conséquence, la loge mère d’Angleterre déclare le GODF irrégulier car dissident par rapport aux préceptes d’origine. Les maçonneries anglo-saxonnes restent fidèles aux obligations dogmatiques : aucun athée ou agnostique ne peut y postuler.