Thirst, ceci est mon sang (Film)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Prix du jury au Festival de Cannes 2009, Thirst, ceci est mon sang de Park Chan-wook raconte la métamorphose d’un prêtre catholique devenu vampire après une expérience médicale. Librement inspiré de Thérèse Raquin d’Émile Zola, le film n’a rien de maçonnique, mais il explore avec audace la faute, le sacrifice et la frontière entre le sacré et la chair.

De quoi parle Thirst ?

Sang-hyun, prêtre catholique estimé de sa communauté, se porte volontaire pour l’essai d’un vaccin contre un virus mortel. L’expérience échoue, il est contaminé, puis survit grâce à une transfusion sanguine. Mais le sang reçu le transforme : il devient vampire, avec la soif, la force et la vulnérabilité à la lumière que cela suppose.

Considéré comme miraculé par des fidèles, il retrouve un ami d’enfance, Kang-woo, et l’épouse de celui-ci, Tae-ju, qui étouffe dans un foyer sans amour. Entre le prêtre et la jeune femme naît une passion qui va emporter les deux personnages bien au-delà de ce qu’ils imaginaient.

Coécrit par Park Chan-wook et Jeong Seo-kyeong, porté par Song Kang-ho, Kim Ok-vin, Shin Ha-kyun et Kim Hae-sook, le film a reçu le Prix du jury à Cannes, ex aequo avec Fish Tank, et a été largement salué par la critique internationale.

Pourquoi ce film dans une filmographie maçonnique ?

Il faut être net : Thirst ne contient ni Loge, ni société secrète, ni symbole maçonnique. Il figure dans le dossier de 450.fm pour la manière dont il traite le sacré : un homme de foi, voué au service des autres, se trouve soudain habité par une soif qui le contredit en tout. Le titre français, qui reprend la parole de la consécration eucharistique, annonce ce renversement.

Le film n’est ni une charge contre l’Église, ni une apologie du vampirisme. Il observe comment un homme pétri de principes négocie avec lui-même, cherche des accommodements, se ment pour continuer à se croire juste. La question n’est pas de savoir s’il est damné, mais comment il compose avec ce qu’il est devenu.

En cela, il rejoint les interrogations morales qui traversent toute démarche spirituelle sérieuse : la faute, la responsabilité, la possibilité d’une rédemption. Le lecteur maçon, habitué à travailler sur ses propres contradictions, y trouvera matière à réflexion.

Lecture symbolique : mort, sang et lumière

Le parcours de Sang-hyun commence par une mort : il succombe presque à l’expérience, puis revient, transformé. Mais cette renaissance est une inversion de l’initiation : au lieu de s’élever vers la lumière, le prêtre est désormais condamné à la fuir. Il est né une seconde fois, mais pour les ténèbres.

Le sang, qui dans la liturgie chrétienne est signe de vie donnée, devient ici objet de convoitise. Le film met en tension ces deux sens, offrande et prédation, et montre combien la frontière est fragile entre le don de soi et l’appropriation d’autrui.

Sans dévoiler le dénouement, on peut dire que la question de la lumière, de l’aube et du choix final traverse tout le récit. Thirst rappelle que tout passage n’élève pas : ce qui compte, c’est ce que l’on fait de la transformation reçue, et la direction que l’on choisit de donner à sa vie.

Fiche technique

  • Titre original : 박쥐 (Bakjwi)
  • Année : 2009
  • Pays : Corée du Sud
  • Réalisation : Park Chan-wook
  • Scénario : Park Chan-wook, Jeong Seo-kyeong, librement inspiré de Thérèse Raquin d’Émile Zola
  • Interprètes : Song Kang-ho, Kim Ok-vin, Shin Ha-kyun, Kim Hae-sook
  • Durée : 2 h 14 environ
  • Genre : Drame, horreur, fantastique

Voir aussi dans le glossaire : Mort, Ténèbres, Lumière (maçonnique).

Pour aller plus loin sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

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