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Sorti directement en vidéo en 1998, The Prophecy 2 prolonge la guerre des anges lancée par Gregory Widen. Christopher Walken y reprend le rôle de l’archange Gabriel, désormais lancé contre un enfant à naître, fruit de l’union d’un ange et d’une femme. Le film ne parle pas de Franc-maçonnerie ; il intéresse le lecteur maçon par sa figure de réconciliation entre deux natures opposées, et par un Éden en ruine.
De quoi parle The Prophecy 2 ?
Rejeté par l’enfer, Gabriel revient parmi les hommes avec une nouvelle obsession. Une prophétie annonce la naissance d’un néphilim, être né d’un ange et d’une humaine, dont la venue pourrait mettre fin au conflit qui déchire le ciel. Valerie Rosales, infirmière, ignore encore qu’elle porte cet enfant : l’ange Danyael, qu’elle a renversé avec sa voiture, l’a séduite avant de disparaître.
Peu à l’aise avec le monde moderne, Gabriel s’adjoint une jeune fille désabusée, Izzy, pour l’aider à retrouver la future mère. Autour de Christopher Walken, on retrouve Jennifer Beals, Russell Wong, une très jeune Brittany Murphy et Eric Roberts dans le rôle de l’archange Michel. Le film est réalisé par Greg Spence, qui en signe le scénario avec Matt Greenberg, à partir des personnages créés par Gregory Widen.
Conçu pour le marché vidéo, ce deuxième volet n’a pas eu les ambitions du premier ; la critique l’a jugé plus modeste, porté avant tout par l’humour noir et la présence de Walken. En France, il a été édité en DVD sous le titre The Prophecy 2.
Un imaginaire théologique, pas maçonnique
Comme le film de 1995, The Prophecy 2 ne comporte aucune référence à la Franc-maçonnerie : ni Loge, ni rite, ni symbole de l’Art royal. Son matériau vient de la Bible, des apocryphes et de la tradition des anges déchus, réinterprétés librement par le cinéma de genre.
S’il prend place dans le dossier de 450.fm sur la Franc-maçonnerie au cinéma, c’est au titre de la section consacrée aux mondes cachés et au vertige métaphysique. L’enfant y apparaît comme le signe d’une réconciliation possible entre deux ordres que tout oppose. Il faut se garder ici de tout amalgame : rien ne rapproche les néphilim de l’enseignement maçonnique, même si certains discours complotistes aiment mêler anges, géants et sociétés secrètes.
Le film prolonge surtout la vision du premier volet : un ciel divisé, où les archanges se disputent l’avenir de la Création comme des chefs de faction. Gabriel, plus caricatural encore qu’en 1995, y incarne l’intransigeance de celui qui préfère détruire plutôt que voir l’ordre ancien se transformer.
L’Éden en friche et l’union des contraires
L’image la plus frappante du film est celle du jardin d’Éden, retrouvé au milieu d’un paysage industriel dévasté. Le paradis n’a pas disparu, il a été recouvert : belle métaphore pour qui pense que l’essentiel demeure, enfoui sous les gravats, et attend d’être dégagé. Le travail sur soi n’est pas autre chose qu’une manière de déblayer.
L’enfant promis, à la fois humain et angélique, renvoie à une intuition ancienne que le symbolisme maçonnique connaît bien : l’union des contraires, que figurent à leur manière les colonnes du Temple ou l’équerre et le compas entrecroisés. Le film reste un divertissement de série B, mais cette idée d’un tiers qui réconcilie deux camps ennemis lui donne une profondeur inattendue.
Fiche technique
- Titre original : The Prophecy II
- Année : 1998
- Pays : États-Unis
- Réalisation : Greg Spence
- Scénario : Matt Greenberg, Greg Spence
- D’après : Les personnages créés par Gregory Widen
- Interprètes : Christopher Walken, Jennifer Beals, Russell Wong, Brittany Murphy, Eric Roberts, Glenn Danzig
- Format : Sortie directe en vidéo
- Genre : Fantastique, horreur
Voir aussi dans le glossaire : Symbolisme, Temple maçonnique, Démonologie.
Pour aller plus loin sur 450.fm

