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René Paty naît à Montrieux-en-Sologne le 17 mars 1891 et meurt au camp de concentration de Bergen-Belsen le 10 avril 1945. Instituteur, militant du Syndicat national des instituteurs et de la Ligue de l’enseignement, chef adjoint du cabinet de Jean Zay au ministère de l’Éducation nationale, il entre en résistance sous l’Occupation et meurt en déportation. Initié en 1925 à la loge Étoile polaire du Grand Orient de France, il figure sur le mémorial de la rue Cadet.
Un hussard noir de la République

Élève de l’école primaire supérieure d’Onzain puis de l’école normale de Blois, de la promotion 1906-1909, René Paty obtient à dix-huit ans son brevet supérieur et son certificat d’aptitude pédagogique. Instituteur adjoint à Onzain de 1910 à 1914, il est musicien-brancardier pendant la Grande Guerre. En 1920, il épouse l’institutrice Louise Vallier.
Syndicaliste et pédagogue
Dans les années 1920, il prend des responsabilités au Syndicat national des instituteurs, section de la Seine, et pilote à partir de 1929 la partie pédagogique de L’École libératrice. Militant de la Ligue de l’enseignement, il adhère à la SFIO. Directeur d’école à Saint-Ouen en 1933, puis rue Legendre à Paris en 1934.
De 1936 à 1939, il est chef adjoint du cabinet de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale, puis reste auprès d’Yvon Delbos et d’Albert Sarraut.
La Résistance et la déportation
Revenu en juin 1940 à la direction de l’école de la rue Lacordaire, il est révoqué le 1er octobre 1941. Il achète une librairie place Saint-Michel, qui devient un lieu de rencontre pour les opposants. Arrêté le 2 mars 1943, incarcéré à Fresnes, il est déporté à Neue Bremm, à Sachsenhausen puis à Bergen-Belsen, où il meurt le 10 avril 1945. Il reçoit la médaille de la Résistance et le grade de sous-lieutenant à titre posthume.
Un frère de l’Étoile polaire
René Paty est initié en 1925 à la loge Étoile polaire du Grand Orient de France. Pendant l’Occupation, il est relié aux réseaux de la loge Patriam Recuperare, foyer de la résistance maçonnique ; les sources consultées ne précisent pas sa fonction exacte.
Sa mémoire est honorée par le Grand Orient de France : son nom figure au premier étage d’un temple de la rue La Condamine, dans le 17e arrondissement, et sur le Mémorial du souvenir de l’hôtel de la rue Cadet.
Une figure de la résistance maçonnique
Instituteur laïque, syndicaliste, collaborateur de Jean Zay et franc-maçon, René Paty réunit les engagements qui ont fait de la maçonnerie républicaine une cible du régime de Vichy. Sa mort en déportation en fait l’une des figures du martyrologe maçonnique de la Seconde Guerre mondiale, que le Grand Orient de France continue d’honorer.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à René Paty.
Voir aussi dans le glossaire : Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

