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Avec ses trois tours et ses six arches, le pont Valentré enjambe le Lot à Cahors depuis le XIVe siècle. Ce pont fortifié gothique, l’un des plus remarquables d’Europe, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il doit aussi sa célébrité à une légende : celle d’un maître d’œuvre qui conclut un pacte avec le diable, puis le berna.
Lieu : Cahors, Lot (Occitanie), France
Construction : de 1308 à 1378 ; restauré en 1879 par Paul Gout
Un pont pour défendre la ville

Cahors occupe une presqu’île enserrée par le Lot. En 1308, les consuls de la ville lancent la construction d’un pont pour en protéger l’accès, favoriser le commerce et percevoir un péage. Le chantier dure soixante-dix ans, ralenti par les difficultés techniques et par la guerre de Cent Ans. L’ouvrage achevé compte trois tours, six arches, des mâchicoulis et des meurtrières. Il n’aurait jamais été réellement assiégé.
La légende du diable

Selon la tradition, le maître d’œuvre, désespéré par la lenteur des travaux, appelle le diable. Celui-ci promet de bâtir le pont en un temps record, en échange de l’âme du bâtisseur une fois l’ouvrage terminé. Le pacte est conclu. Mais au moment de payer, le maître d’œuvre lance un dernier défi : apporter de l’eau de la rivière dans un tamis. Le diable échoue et perd son dû.
Pour se venger, il viendrait chaque nuit desceller la dernière pierre de la tour centrale, si bien que le pont ne serait jamais tout à fait achevé. Lors de la restauration de 1879, l’architecte Paul Gout fait sculpter à cet endroit un petit diable agrippé à une pierre, que les promeneurs cherchent encore du regard.
Une parabole du bâtisseur
La légende se lit comme une allégorie : l’ingéniosité et la ruse du bâtisseur l’emportent sur les forces obscures, mais l’œuvre garde la trace de cette lutte. Le récit rappelle aussi que nul ouvrage n’est jamais tout à fait achevé, une idée familière à qui travaille sur sa propre pierre.
Repères
- Construction : de 1308 à 1378
- Structure : trois tours, six arches, style gothique
- Fonction : défense de la ville, accès et péage
- Restauration : 1879, par Paul Gout
- Classement : patrimoine mondial de l’Unesco (chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle)
- Légende : le pacte du maître d’œuvre avec le diable
Photos : Yonnel Ghernaouti.
Voir aussi dans le glossaire : Architecte.
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