Parution de « La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée » de Léo Taxil, 1887 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Selon la chronologie Kronobase, c’est en 1887 que Léo Taxil, converti au catholicisme deux ans plus tôt, fait paraître La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée, édition populaire qui résume ses prétendues « révélations complètes » sur les loges. Ce petit livre, réédité jusqu’à la fin du siècle, met à la portée d’un large public catholique les rituels du Rite français et du Rite écossais, accompagnés de commentaires hostiles. La même année, le pamphlétaire est reçu par Léon XIII : l’antimaçonnisme de Taxil atteint alors sa pleine reconnaissance, dix ans avant l’aveu retentissant de la mystification.

Date : 1887
Lieu : Paris, France

Une carrière de converti

Parution de « La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée » de Léo Taxil, 1887
Source : Wikimedia Commons – Frid’rick – Public domain

Né à Marseille en 1854, Gabriel Jogand-Pagès, dit Léo Taxil, a d’abord été un pamphlétaire anticlérical prolifique. Initié à Paris dans la loge Le Temple des Amis de l’Honneur français, il en avait été exclu pour fraude littéraire sans dépasser le grade d’apprenti, décision confirmée par le Grand Orient de France. En 1885, il annonce sa conversion au catholicisme, renie ses écrits et entame une série d’ouvrages contre la franc-maçonnerie chez l’éditeur parisien Letouzey et Ané, proche de l’archevêché, à commencer par Les Frères Trois-Points.

Le livre : une synthèse à grand tirage

Après les gros volumes des « révélations complètes » (Les Frères Trois-Points, Le Culte du Grand Architecte, Les Sœurs maçonnes), La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée se présente comme une édition populaire résumant l’ensemble. Le format est plus maniable, le propos plus direct : description des tenues, des épreuves d’initiation, des mots et signes des différents grades, le tout présenté comme la preuve d’une organisation secrète hostile à l’Église et à la société chrétienne. Des éditions de cette version sont encore proposées en 1899, signe d’une diffusion durable.

La date de première parution demande prudence : la chronologie Kronobase retient 1887, mais les notices consultées pour cette fiche ne permettent pas de la confirmer. L’ouvrage appartient en tout cas à la première phase de l’œuvre antimaçonnique de Taxil, celle qui exploite des rituels réels, avant le basculement dans la fiction démonologique du « palladisme ».

1887, l’année de la consécration

En 1887, Taxil est reçu en audience par le pape Léon XIII. Selon Wikipédia, le pontife reprit à cette époque l’évêque de Charleston, qui qualifiait de fraude les « confessions » antimaçonniques. Taxil entretient une correspondance avec le Vatican et envoie au pape un roman dédicacé. Cette caution, réelle ou supposée, renforce la crédibilité du converti auprès d’un clergé engagé dans le combat contre les loges depuis l’encyclique Humanum Genus de 1884.

Vers le palladisme

Parution de « La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée » de Léo Taxil, 1887
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Dans les années suivantes, Taxil passe de la divulgation à l’invention. En 1890 paraît Les Mystères de la franc-maçonnerie, recueil de prétendus « assassinats maçonniques ». En 1892, il lance avec Abel Clarin de la Rive La France chrétienne anti-maçonnique ; la même année débute Le Diable au XIXe siècle, signé du « docteur Bataille », qui décrit un culte luciférien supposément dirigé depuis Charleston par Albert Pike. Le personnage fictif de Diana Vaughan, « ex-palladiste » convertie, achève la construction. En 1896, le pape envoie sa bénédiction au congrès antimaçonnique de Trente, où les thèses de Taxil sont discutées.

L’aveu et la postérité

Le 19 avril 1897, à la Société de géographie de Paris, Taxil devait présenter Diana Vaughan. Il apparaît seul et déclare que ses révélations comme sa conversion étaient une mystification, qu’il qualifie d’« aimable plaisanterie » ; la salle s’embrase et la police doit intervenir. Pourtant, des livres comme La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée continuent d’être réimprimés et cités, jusqu’à aujourd’hui encore dans des rééditions commerciales. L’ouvrage illustre la longévité des textes antimaçonniques, qui survivent au discrédit de leur auteur.

Repères chronologiques

  • 20 avril 1884 : encyclique Humanum Genus de Léon XIII.
  • 1885 : conversion de Taxil et parution des Frères Trois-Points.
  • 1887 : audience de Taxil auprès de Léon XIII ; parution, selon Kronobase, de La Franc-maçonnerie dévoilée et expliquée.
  • 1891 : Taxil poursuit son éditeur Letouzey et Ané pour droits d’auteur impayés.
  • 1892-1894 : Le Diable au XIXe siècle.
  • 19 avril 1897 : aveu public de la mystification.
  • 31 mars 1907 : mort de Léo Taxil.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Alchimie et soupçon antimaçonnique (antimaçonnisme), Affaire Léo Taxil (antimaçonnisme), Loge d’Adoption, Humanum genus (antimaçonnisme), Albert Pike (Auteur), Léo Taxil (Auteur).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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