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Né le 27 octobre 1885 à Atkarsk, en Russie, et mort le 2 août 1960 à Coulommiers, Maximilien Philonenko est un juriste français d’origine russe. Officier puis commissaire d’armée en 1917, réfugié en France, il devient avocat à la cour d’appel de Paris et professeur à l’Université libre de Bruxelles. Membre de la Grande Loge de France, il est frappé en 1942 par les mesures antimaçonniques de Vichy et s’engage dans la Résistance.
De l’armée impériale à l’exil

Fils d’un ingénieur ferroviaire engagé dans la construction du Transsibérien, Maximilien Philonenko fait ses études aux lycées de Kiev et d’Ekaterinoslav, puis suit le génie maritime à l’École polytechnique de Saint-Pétersbourg et le génie militaire à l’École de guerre, dont il sort major de promotion.
Il sert dans l’armée impériale pendant la Première Guerre mondiale. En 1917, le gouvernement provisoire le nomme commissaire de la 8e armée du front du Sud-Ouest, alors commandée par Kornilov. En 1918, il rejoint l’armée blanche à Arkhangelsk ; recherché par les bolcheviks, il gagne la France.
Un juriste entre Paris et Bruxelles
À Paris, il obtient une licence ès lettres à la Sorbonne et une licence en droit, puis devient avocat à la cour d’appel de Paris. Naturalisé français en 1926, il enseigne à partir de 1930 le droit international privé à l’Université libre de Bruxelles, y dirige dès 1932 le séminaire d’agrégation de droit et devient en 1933 titulaire de la chaire des Pandectes.
On lui attribue la notion de « droit naturel positif », reprise par son élève Paul Foriers. Professeur honoraire en 1956, il continue de diriger son séminaire jusqu’à sa mort. Sa thèse, La théorie du renvoi en droit comparé (1935), et ses travaux sur les spoliations font autorité dans leur domaine.
Franc-maçon face à Vichy
Wikipédia indique que Maximilien Philonenko appartient à la Grande Loge de France. En 1942, le régime de Vichy lui interdit l’exercice des fonctions publiques en raison de cette appartenance, son nom figurant sur une liste de dignitaires publiée au Journal officiel. Vichy lui retire également la nationalité française. Les sources consultées ne précisent pas sa loge.
Engagé dès le début de la guerre dans la Résistance, il rédige des articles de stratégie militaire et participe au journal clandestin La Flamme. Arrêté par la police allemande en 1941, il est brièvement interné au camp de Royallieu, à Compiègne. Il reçoit après la guerre la médaille de la Résistance française, la Croix de guerre et l’ordre de la Couronne de Belgique.
Principales œuvres
- « L’affaire Forgo (1874-1882) », 1932
- « L’expulsion des Heimatlos », 1933
- « Le refus d’extradition des terroristes croates », 1934
- La théorie du renvoi en droit comparé, 1935
- « De la prescription extinctive en droit international privé », 1936
- Les actes de spoliation et le droit, 1946
Un dignitaire persécuté, un maître du droit
Exilé de la révolution russe devenu juriste de renom, Maximilien Philonenko incarne ces francs-maçons de la Grande Loge de France que les lois antimaçonniques de Vichy ont exclus de la vie publique et qui ont rejoint la Résistance. Son parcours relie l’histoire de l’émigration russe, celle du droit international privé et celle de la persécution des francs-maçons sous l’Occupation.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Maximilien Philonenko.
Voir aussi dans le glossaire : Dignitaires.

