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Né le 28 août 1812 à Saint-Pierre de la Martinique et mort le 2 janvier 1861 à Saint-Martin, Auguste-François Perrinon est un officier d’artillerie de marine et un homme politique français. Présenté comme le premier métis martiniquais admis à l’École polytechnique, il compte parmi les artisans de l’abolition de l’esclavage de 1848 aux côtés de Victor Schœlcher, puis siège à l’Assemblée nationale. Wikipédia le mentionne comme franc-maçon, sans préciser sa loge ni son obédience.
Un enfant de Saint-Pierre à l’École polytechnique

Auguste-François Perrinon naît à Saint-Pierre, en Martinique. Sa mère, Rose dite Piquion, est une esclave affranchie sous le Consulat ; elle épouse en 1826 un commerçant blanc de Saint-Pierre qui reconnaît ses quatre enfants. Envoyé étudier à Paris vers 1825, le jeune homme entre à l’École polytechnique (promotion 1832), où il est le premier métis martiniquais admis, et en sort en 1834.
Il choisit l’artillerie de marine. Capitaine en second, il est affecté en 1841 au service de l’Inspection générale du matériel de l’artillerie de marine à Paris, puis rejoint en 1842 la garnison de la Guadeloupe. Il devient chef de bataillon et officier de la Légion d’honneur. En 1840, il épouse Marguerite-Louise-Charlotte Télèphe, issue d’une riche famille de couleur.
L’expérience des marais salants de Saint-Martin
À partir de 1844, Perrinon expérimente de nouvelles méthodes de travail sur un marais salant de l’île de Saint-Martin dont il détient des parts. Il en tire en 1847 une brochure, Résultats d’expérience sur le travail des esclaves, qui soutient que le travail libre est possible et que l’esclavage est à la fois « moralement insoutenable » et « économiquement une aberration ». Ce texte en fait l’un des témoins de terrain les plus écoutés du camp abolitionniste.
Commissaire de l’abolition en 1848
Après la révolution de février 1848, Victor Schœlcher l’associe à la Commission d’abolition de l’esclavage. Nommé commissaire de la République, il porte en Martinique le décret d’abolition et y exerce les fonctions de commissaire général de juin à novembre 1848.
Élu à l’Assemblée constituante en août 1848, puis à l’Assemblée législative en juin 1849, il voit cette dernière élection annulée avant d’être réélu en janvier 1850. Il siège alors aux côtés de Schœlcher, dont il est proche. Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il refuse de prêter serment à Napoléon III, ce qui entraîne sa radiation des cadres de l’armée ; il se retire à Saint-Martin, où il exploite des marais salants jusqu’à sa mort.
Un franc-maçon dans le combat abolitionniste
L’article Wikipédia qui lui est consacré indique que Perrinon était franc-maçon, sans préciser ni la loge, ni l’obédience, ni la date de son initiation. Son engagement s’inscrit dans un milieu où la question de l’abolition mobilisait de nombreux républicains, et son nom est régulièrement associé à celui de Victor Schœlcher dans la mémoire de 1848.
Un pionnier dans la mémoire républicaine
Polytechnicien issu d’une famille d’affranchis, homme de terrain devenu commissaire de l’abolition, Auguste-François Perrinon occupe une place singulière dans l’histoire de 1848. Pour la franc-maçonnerie française, il illustre la présence de frères parmi les acteurs concrets de l’abolition de l’esclavage, même si les sources consultées ne documentent pas le détail de son parcours en loge.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Auguste-François Perrinon.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation.

