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Né à Torreilles, dans les Pyrénées-Orientales, en 1891 et fusillé par les Allemands à Sainte-Radegonde, près de Rodez, en août 1944, Louis Blasi fut marin, policier puis commissaire chef des Renseignements généraux de l’Aude. Membre de la loge La Libre Pensée de Narbonne, du Grand Orient de France, il fut révoqué par Vichy pour son appartenance maçonnique, entra dans la Résistance et figure sur le Mur du souvenir du Grand Orient.
Du canonnier au policier

Fils d’agriculteurs de Torreilles, près de Perpignan, Louis Pierre Gaëtan Blasi s’engage dans la Marine à dix-huit ans. Instructeur à l’école de canonnage de Toulon, il est maître canonnier sur le cuirassé Gaulois pendant la bataille des Dardanelles, puis sert en Serbie et lors de l’expédition de Salonique.
Reçu en 1919 au concours d’inspecteur, il entre à la Sûreté générale, sert à Bordeaux puis à Narbonne, avant d’être reçu commissaire en 1930. Successivement en poste à Lunel et à Narbonne, il devient commissaire spécial à Carcassonne, où il organise les camps de réfugiés espagnols de Bram, Montolieu et Couiza, puis chef du service départemental des Renseignements généraux de l’Aude.
Un franc-maçon frappé par Vichy
À Narbonne, Louis Blasi est membre de la loge La Libre Pensée, du Grand Orient de France. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni ses offices.
Sous le régime de Vichy, il est révoqué par le préfet en raison de son appartenance maçonnique, puis déclaré démissionnaire d’office en application de la législation antimaçonnique. Il fait partie des nombreux fonctionnaires francs-maçons écartés de l’administration à partir de 1940.
Dans la Résistance

Il rejoint le réseau Gallia, rattaché au BCRA, puis le maquis de la région de Rodez, où il dirige le service de renseignements avec le grade de lieutenant des Forces françaises combattantes, sous le pseudonyme de « Fiat ».
Arrêté par la Gestapo dans un café de Rodez, probablement sur dénonciation, il est interné à la prison militaire de la ville. La veille de la libération de Rodez, il est fusillé avec une trentaine de prisonniers à Sainte-Radegonde. Il repose au cimetière de Torreilles.
Mémoire et distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance à titre posthume, Louis Blasi a donné son nom à une place de Torreilles dès 1945. Son nom figure sur le monument aux morts de sa commune, sur le mémorial de l’hôtel de police de Carcassonne et sur le Mur du souvenir du Grand Orient de France.
Un martyr maçon de la Résistance
Le destin de Louis Blasi résume celui de nombreux francs-maçons sous l’Occupation : exclu de la fonction publique par la législation de Vichy, il choisit l’engagement résistant et le paie de sa vie. Le Grand Orient de France honore sa mémoire parmi ses frères morts pour la liberté.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Louis Blasi.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique..

