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Léon Gambetta, né à Cahors le 2 avril 1838 et mort à Sèvres le 31 décembre 1882, est un avocat et homme d’État français, l’une des figures fondatrices de la Troisième République. Tribun du programme de Belleville, organisateur de la Défense nationale en 1870, président de la Chambre puis du Conseil, il avait été initié en mai 1869 à la loge La Réforme, à l’orient de Marseille.
Le tribun du procès Baudin

Fils de commerçants de Cahors, Léon Gambetta obtient sa licence en droit à Paris et est présenté au barreau par Jules Favre. Il se fait connaître dans l’affaire Baudin, en défendant Charles Delescluze : sa plaidoirie contre le régime impérial, où il lance « Vous pouvez nous frapper, mais vous ne pourrez jamais ni nous déshonorer ni nous abattre », fait de lui une étoile montante du parti républicain.
Le programme de Belleville
Lors de la campagne électorale de 1869, il présente le programme de Belleville, publié dans L’Avenir national : suffrage universel, séparation des Églises et de l’État, instruction primaire gratuite et obligatoire, impôt sur le revenu, suppression des armées permanentes. Ce texte devient la charte du radicalisme républicain.
1870 : la République et la Défense nationale
Après Sedan, Gambetta proclame la République à l’Hôtel de Ville de Paris le 4 septembre 1870 et devient ministre de l’Intérieur du gouvernement de la Défense nationale, puis prend aussi la Guerre. Le 7 octobre, il quitte Paris assiégé à bord du ballon Armand-Barbès, avec Eugène Spuller, et gagne Tours.
Il lève quelque 200 000 hommes et crée onze camps d’instruction. Opposé à l’armistice, il démissionne lorsque celui-ci est annoncé.
Le fondateur de la République parlementaire

Animateur du quotidien La République française, décrit comme un véritable « contre-gouvernement », Gambetta est l’un des artisans de l’enracinement républicain. Président de la Chambre des députés de 1879 à 1881, il est appelé par Jules Grévy à la présidence du Conseil en novembre 1881 ; son « grand ministère » tombe dès janvier 1882 sur un projet de révision constitutionnelle. Il meurt aux Jardies, à Sèvres, à 44 ans.
Un franc-maçon de La Réforme
Léon Gambetta est initié en mai 1869 dans la loge La Réforme, à l’orient de Marseille, en même temps que Gustave Naquet et Maurice Rouvier. Cette initiation intervient au moment même de sa campagne marseillaise et du programme de Belleville.
Sa trajectoire illustre l’étroite proximité qui unissait alors les loges et le personnel républicain : nombre de ses compagnons de lutte et de ses collaborateurs partageaient cet engagement maçonnique.
Une icône de la République maçonnique
Gambetta est l’une des figures les plus souvent associées à la « République des francs-maçons » qui s’installe dans les années 1870-1880. Si les sources ne lui prêtent pas de rôle d’obédience, son initiation à La Réforme, ses combats pour la laïcité de l’école et la séparation des Églises et de l’État, et son rôle fondateur dans la Troisième République en font un repère essentiel de l’histoire de la franc-maçonnerie républicaine française.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Léon Gambetta.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Loge Bleue ou Loge Symbolique., Haine de la laïcité (antimaçonnisme).

