Jacques de Molay (Grand Maître du Temple)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jacques de Molay est le vingt-troisième et dernier maître de l’ordre du Temple, élu à Chypre en 1292. Il tente de relancer la croisade et défend l’indépendance de l’ordre, avant d’être arrêté sur ordre de Philippe le Bel en 1307. Après des aveux puis des rétractations, il est brûlé à Paris en mars 1314. Sa figure a nourri une abondante légende, reprise notamment par certains grades maçonniques.

Un chevalier comtois

Portrait de Jacques de Molay
Source : Wikimedia Commons – Workshop of Virgil Master – Public domain

Né entre 1240 et 1250 à Molay, dans l’actuelle Haute-Saône, il appartient à une famille de petite ou moyenne noblesse du comté de Bourgogne. Il est reçu dans l’ordre en 1265 à la commanderie de Beaune, par Humbert de Pairaud, en présence d’Amaury de La Roche, maître de la province de France.

On sait peu de chose de ses années de service. Envoyé en Orient au plus tard vers 1271, il combat lors des dernières années des États latins et participe au repli sur Chypre en 1291.

Le dernier maître du Temple

Un chapitre réuni à Chypre l’élit maître au printemps 1292, peu avant le 20 avril. Entre 1293 et 1296, il parcourt l’Occident pour obtenir des soutiens : chapitres généraux à Montpellier et Arles, négociations avec les rois d’Aragon, d’Angleterre et de Naples, rencontre avec le pape Boniface VIII, qui confirme les privilèges de l’ordre.

Revenu à Chypre, il cherche à reprendre pied sur le continent en coordination avec les Mongols de l’ilkhan Ghazan. En 1300-1302, les Templiers occupent l’îlot de Rouad, face à Tortose, avant d’en être chassés par les Mamelouks en 1302. En 1306-1307, à la demande du pape Clément V, il rédige des mémoires sur la croisade et s’oppose au projet de fusion du Temple et de l’Hôpital. Les historiens ont jugé diversement son action, entre administrateur prudent et dirigeant dépassé.

Le procès et le bûcher

Le vendredi 13 octobre 1307, Philippe le Bel fait arrêter les Templiers du royaume ; Jacques de Molay est saisi à Paris, la veille ayant assisté aux obsèques de Catherine de Courtenay. Sous la pression, il avoue avoir renié le Christ lors de sa réception, puis se rétracte. En août 1308, à Chinon, des cardinaux l’entendent de nouveau et l’absolvent ; le parchemin de Chinon, retrouvé dans les archives vaticanes en 2001, a été publié en 2007.

Le concile de Vienne aboutit en 1312 à la suppression de l’ordre par la bulle Vox in excelso, sans condamnation pour hérésie. En mars 1314, devant les commissaires pontificaux qui le condamnent à la prison perpétuelle, Molay et Geoffroy de Charnay proclament l’innocence de l’ordre. Tenus pour relaps, ils sont brûlés le soir même dans l’île aux Juifs, à Paris, le 18 mars selon la tradition, le 11 mars selon plusieurs historiens récents.

Une légende maçonnique et néo-templière

La malédiction qu’il aurait lancée contre le roi et le pape n’apparaît qu’au XVIe siècle ; Les Rois maudits de Maurice Druon l’ont rendue célèbre. Au XVIIIe siècle, plusieurs systèmes maçonniques développent une légende d’une filiation templière, notamment la Stricte Observance templière, et le grade de chevalier Kadosch associe le souvenir de Molay au thème de la vengeance. En 1804, Bernard-Raymond Fabré-Palaprat fonde un ordre néo-templier qui se réclame d’une charte de transmission forgée.

Aux États-Unis, l’Ordre de DeMolay, organisation de jeunesse parrainée par des francs-maçons depuis 1919, porte son nom. Ces héritages symboliques ne reposent sur aucune continuité historique : les Templiers n’étaient pas des francs-maçons, et l’ordre médiéval s’éteint en 1312.

Repères

  • Naissance : Entre 1240 et 1250, Molay (Haute-Saône, comté de Bourgogne)
  • Décès : 18 mars 1314 (ou 11 mars), Paris, île aux Juifs
  • Statut : Chevalier, frère du Temple (reçu en 1265 à Beaune)
  • Ordre : Ordre du Temple
  • Fonction : Maître de l’ordre (23e et dernier)
  • Mandat(s) : 1292-1312 (suppression de l’ordre), mort en 1314
  • Prédécesseur : Thibaud Gaudin
  • Successeur : Aucun (ordre supprimé en 1312)

Voir aussi dans le glossaire : Templiers (légende templière), Chevaliers templiers, Baphomet, Templiers.

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