Introduction des diplômes maçonniques par la Grande Loge d’Écosse, 1768 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1768, à Édimbourg, la Grande Loge d’Écosse, fondée trente-deux ans plus tôt, aurait introduit l’usage de délivrer à ses membres un diplôme, ou certificat, attestant leur qualité de maître maçon. La date, transmise par les chronologies maçonniques, n’a pas pu être confirmée par une source primaire accessible. Elle s’inscrit en tout cas dans un mouvement général : au milieu du XVIIIe siècle, les Grandes Loges irlandaise et anglaises adoptent ce document, devenu indispensable au frère voyageur pour se faire reconnaître, accueillir et secourir dans une loge étrangère.

Date : 1768
Lieu : Édimbourg, Écosse, Royaume-Uni

La Grande Loge d’Écosse en 1768

Introduction des diplômes maçonniques par la Grande Loge d’Écosse, 1768
Source : Wikimedia Commons – Kleinzach – CC BY-SA 4.0

La Grande Loge d’Écosse est constituée à Édimbourg le 30 novembre 1736, en partie pour répondre à la création, en 1717, de la Grande Loge de Londres. William St Clair of Roslin en est le premier Grand Maître Maçon. Environ un tiers seulement des loges écossaises existantes participent à sa fondation, et la nouvelle autorité s’engage à respecter les usages locaux des ateliers, parmi lesquels figurent des loges très anciennes comme la Lodge of Edinburgh (Mary’s Chapel), dont les procès-verbaux commencent en 1599, ou la loge Mother Kilwinning, aujourd’hui inscrite au tableau sous le numéro 0. En 1768, le Grand Maître Maçon est George Ramsay, 8e comte de Dalhousie, en fonction de 1767 à 1769.

Qu’est-ce qu’un diplôme maçonnique ?

Le diplôme, ou certificat, est un document nominatif qui atteste que son porteur a été régulièrement reçu dans une loge et qu’il est en règle avec elle. Présenté dans un autre atelier, il permet au frère d’être reconnu, admis aux travaux et, le cas échéant, secouru : la bienfaisance envers les maçons de passage est l’une des obligations les plus anciennes du métier. Au milieu du XVIIIe siècle, ces documents sont encore manuscrits sur parchemin ; ils seront ensuite gravés, ornés de symboles et laissés « ouverts », avec des blancs à remplir pour le nom de la loge, du titulaire et la date de son grade.

Une pratique venue d’Irlande

Les historiens maçonniques font remonter l’idée du certificat aux règlements de la Grande Loge de Munster, réunie à Cork en 1728, qui prévoyaient un moyen de convaincre les frères authentiques de la régularité d’un visiteur. Un règlement anglais attribué à 1663 exigeait déjà un certificat du lieu et de la date de réception, mais son authenticité est discutée. À Londres, Laurence Dermott, venu de Dublin, présente un certificat irlandais à la Grande Loge des Anciens, selon une minute du 2 mars 1757 ; la Grande Loge des « Modernes » en aurait fait usage dès 1755.

L’adoption écossaise

Introduction des diplômes maçonniques par la Grande Loge d’Écosse, 1768
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

Dans ce contexte, la décision attribuée à la Grande Loge d’Écosse en 1768 s’entend comme une normalisation : en délivrant elle-même des diplômes, l’autorité centrale affirme son rôle de garante de la régularité de chaque maçon inscrit sur ses registres. Un tel document va de pair avec la tenue de registres centraux des membres. Les détails de la décision de 1768, sa forme et son modèle graphique, n’ont pas pu être vérifiés dans les sources accessibles consultées.

Un document au service de la mobilité

Le XVIIIe siècle est l’âge des loges militaires, des marins et des négociants. Les régiments écossais et irlandais portent la maçonnerie en Amérique, aux Antilles et en Inde. Pour ces frères mobiles, le certificat est un véritable passeport maçonnique. Aux États-Unis, à la fin du XVIIIe siècle, les loges commandent à des graveurs des modèles inspirés des diplômes britanniques, avant que les Grandes Loges d’État ne prennent le relais au milieu du XIXe siècle.

Postérité

Aujourd’hui encore, la plupart des Grandes Loges remettent à leurs maîtres maçons un diplôme ou un certificat, parfois accompagné d’une carte de membre. Les diplômes anciens, souvent richement gravés, sont devenus des objets de collection et de musée : ils renseignent sur l’iconographie maçonnique, la géographie des loges et le parcours des individus. Le Freemasons’ Hall d’Édimbourg, siège de la Grande Loge d’Écosse, conserve archives et collections de cette longue histoire.

Repères chronologiques

  • 1599 : début des procès-verbaux de la Lodge of Edinburgh (Mary’s Chapel).
  • 1728 : règlements de la Grande Loge de Munster à Cork, germe du certificat.
  • 30 novembre 1736 : fondation de la Grande Loge d’Écosse.
  • 1755 : premiers certificats attribués à la Grande Loge des Modernes.
  • 2 mars 1757 : Laurence Dermott présente un certificat irlandais aux Anciens.
  • 1768 : la Grande Loge d’Écosse introduit, selon la tradition, la délivrance de diplômes.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Fondation de la Grande Loge d’Écosse à Édimbourg, 30 novembre 1736 (date historique), Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Visiteur, Régularité.

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