Constitution apostolique Quo graviora de Léon XII, 13 mars 1826 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 13 mars 1826, le pape Léon XII publie à Rome la constitution apostolique Quo graviora, souvent présentée à tort comme une encyclique. Le texte reprend et confirme les condamnations de ses prédécesseurs contre la franc-maçonnerie, de Clément XII en 1738 à Pie VII en 1821, et les étend à toutes les sociétés secrètes, carbonari et Universitaires compris, sous quelque nom qu’elles se présentent. Il frappe d’excommunication automatique ceux qui y adhèrent et appelle les princes catholiques à les réprimer. Dans l’Europe de la Restauration, il fait de l’hostilité à la maçonnerie une doctrine constante de l’Église.

Date : 13 mars 1826
Lieu : Rome, États pontificaux

Le contexte : la peur des sociétés secrètes

Constitution apostolique Quo graviora de Léon XII, 13 mars 1826
Source : Wikimedia Commons – Charles Picqué – Public domain

Après 1815, l’Europe de la Sainte-Alliance vit dans la crainte des complots. En Italie, la Charbonnerie (carbonari) anime les insurrections de 1820-1821 à Naples et dans le Piémont. Le pouvoir pontifical, qui gouverne les États de l’Église, assimile volontiers maçons, carbonari et libéraux. Élu en 1823, Léon XII, Annibale della Genga, mène une politique de restauration religieuse et morale rigoureuse dans ses États.

Le texte : une compilation de condamnations

Quo graviora se présente comme une synthèse. Le pape y reproduit la constitution In eminenti de Clément XII (28 avril 1738), première condamnation pontificale de la maçonnerie ; la constitution Providas de Benoît XIV (1751), qui la confirme ; et Ecclesiam a Jesu Christo de Pie VII (13 septembre 1821), dirigée contre les carbonari. Il confirme ces textes et en étend la portée à toute société secrète présente ou future.

Outre la franc-maçonnerie et les carbonari, le texte vise une société dite des Universitaires, accusée de pervertir la jeunesse dans les universités. Il reproche aux sociétés secrètes de s’attaquer à la divinité du Christ, à l’autorité de l’Église et à l’ordre civil, et déclare nul le serment de secret qui lie leurs membres.

Les sanctions

Quiconque entre dans ces sociétés, les favorise, les abrite ou assiste à leurs réunions encourt une excommunication automatique, dont seul le pape peut relever, sauf en danger de mort. Les fidèles doivent dénoncer à l’évêque les membres qu’ils connaissent. Une mesure de clémence est toutefois prévue : pendant un an, ceux qui se repentent peuvent être absous sans être tenus de dénoncer leurs complices.

À Rome même, les conditions sont plus strictes : l’absolution y est subordonnée à la dénonciation des complices, ou au serment de les dénoncer. Le texte rappelle en outre, en citant un auteur antique, que les choses honnêtes aiment la lumière et que seuls les crimes cherchent le secret, argument promis à une longue postérité dans la polémique antimaçonnique.

Un appel aux princes

Constitution apostolique Quo graviora de Léon XII, 13 mars 1826
Source : Wikimedia Commons – Oleografia Panigati e Meneghini Milano – CC0

Le pape s’adresse enfin aux souverains catholiques, qu’il présente comme défenseurs de la foi et protecteurs de l’Église. Il leur demande de réprimer les sociétés secrètes, en affirmant que la cause de la religion est désormais liée à celle de l’ordre social. Cet argument, qui associe trône et autel contre la maçonnerie, sera repris tout au long du XIXe siècle.

Une question de vocabulaire et de date

Les chronologies parlent souvent de l’« encyclique » Quo graviora. Le texte se qualifie lui-même de constitution, et certaines traductions françaises de bref apostolique. Il est par ailleurs parfois daté de 1825 : la chancellerie romaine faisait alors commencer l’année au 25 mars, si bien que le document, daté de 1825 selon ce style, correspond bien au 13 mars 1826.

Portée et postérité

Quo graviora s’inscrit dans une longue série : Pie VIII en 1829, Grégoire XVI avec Mirari vos en 1832, Pie IX à de nombreuses reprises, puis Léon XIII avec Humanum genus en 1884. En Belgique, l’épiscopat s’appuie sur cette tradition pour interdire en 1837 l’appartenance des catholiques aux loges. La condamnation constitue l’un des socles de l’antimaçonnisme catholique contemporain.

Repères chronologiques

  • 28 avril 1738 : In eminenti de Clément XII.
  • 18 mars 1751 : Providas de Benoît XIV.
  • 13 septembre 1821 : Ecclesiam a Jesu Christo de Pie VII contre les carbonari.
  • 13 mars 1826 : Quo graviora de Léon XII.
  • 15 août 1832 : Mirari vos de Grégoire XVI.
  • 20 avril 1884 : Humanum genus de Léon XIII.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Accusation de satanisme (antimaçonnisme), Carbonarisme (antimaçonnisme), Bulle In eminenti apostolatus specula de Clément XII, 28 avril 1738 (date historique), Excommunication (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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