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Anatomiste de renom, auteur d’un Atlas d’ostéologie, professeur à la faculté de médecine de Lille, sénateur radical du Nord de 1911 à 1932, Charles Debierre (1853-1932) a présidé le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France de 1911 à 1913, puis de 1920 à 1921. Vénérable de La Lumière du Nord pendant plus de trente ans, il fut l’une des grandes voix de la laïcité républicaine.
Un anatomiste à Lille
Marie Charles Debierre naît le 31 octobre 1853 à Ételfay, dans la Somme, dans une famille de cultivateurs. Après des études de médecine à Amiens, il sort du Val-de-Grâce en 1878 comme médecin militaire. Reçu à l’agrégation en 1883, il est chef de travaux à Lyon, puis quitte l’armée en 1888 pour se consacrer à l’enseignement : il devient titulaire de la chaire d’anatomie de la faculté de médecine de Lille.
Auteur de nombreux travaux scientifiques, il publie notamment en 1896 un Atlas d’ostéologie traduit en plusieurs langues. Il est chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’Instruction publique.
Le chef du radicalisme dans le Nord
Radical-socialiste dès sa jeunesse, Debierre s’engage pour la révision du procès Dreyfus et fonde en 1901 l’Université populaire de Lille. Conseiller municipal de Lille à partir de 1896, il devient premier adjoint du maire Gustave Delory et administrateur des hospices, tout en dirigeant le parti radical dans le département.
Élu sénateur du Nord en mars 1911, réélu en 1920 et 1924, il siège jusqu’à sa mort au groupe de la Gauche démocratique et y défend la laïcité scolaire. En 1917, il est porté à la présidence du comité exécutif du parti radical et radical-socialiste ; en 1921, il fonde la Ligue de la République. Il meurt à Lille le 8 mars 1932 ; le président Albert Lebrun prononce son éloge funèbre.
Trente-deux ans de vénéralat
Initié en 1879 dans la loge L’École mutuelle, Debierre rejoint en 1898 la loge La Lumière du Nord, à l’Orient de Lille, dont il est le vénérable de 1900 jusqu’à sa mort. Cette longévité exceptionnelle fait de lui une figure centrale de la maçonnerie du Nord.
Deux présidences du Grand Orient
Élu au Conseil de l’Ordre en 1910, il en devient président dès 1911, succédant à Georges Bouley, et le reste jusqu’en 1913. Pendant la Grande Guerre, il préside le Convent de septembre 1918. Il retrouve la présidence du Conseil de l’Ordre en 1920-1921, entre Georges Corneau et le général Augustin Gérard.
Ses deux mandats illustrent l’étroite imbrication, sous la IIIe République, entre le Grand Orient et le radicalisme parlementaire : professeur, élu et dignitaire maçonnique, Debierre porte d’une même voix la défense de l’école publique, de la libre pensée et des institutions républicaines.
Repères
- Naissance : 31 octobre 1853, Ételfay (Somme)
- Décès : 8 mars 1932, Lille
- Profession : Médecin, professeur d’anatomie à la faculté de médecine de Lille
- Fonctions politiques : Sénateur du Nord (1911-1932)
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
- Mandat(s) : 1911-1913 ; 1920-1921
- Loge(s) : L’École mutuelle ; La Lumière du Nord (Lille), vénérable de 1900 à 1932
- Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur ; officier de l’Instruction publique
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Laïcité, Convent, Maçonnerie et République.
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