André Jeanbon Saint-André (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

André Jeanbon, dit Jeanbon Saint-André, né le 25 février 1749 à Montauban et mort le 10 décembre 1813 à Mayence, fut successivement marin, pasteur protestant, député à la Convention, membre du Comité de salut public, diplomate puis préfet du Mont-Tonnerre sous l’Empire. Spécialiste des affaires navales de la Révolution, il fut aussi un franc-maçon actif : premier vénérable maître de la loge « Les Amis de l’union », fondée à Mayence en 1803, qui existe encore aujourd’hui.

Du pont des navires à la chaire protestante

André Jeanbon Saint-André – portrait
Source : Wikimedia Commons – Jacques-Louis David – Public domain

Fils d’Antoine Jeanbon, foulonnier issu d’une famille protestante, et de Marie Molles, André Jeanbon est d’abord élevé chez les jésuites avant que son père, calviniste, ne l’en retire. Il étudie la navigation à Bordeaux et devient capitaine de la marine marchande, mais trois naufrages et la perte de ses économies le détournent de la mer.

Il se tourne alors vers la théologie, qu’il étudie à l’Académie de Genève. Pasteur à Castres en 1773, il démissionne en 1782 après un conflit avec le consistoire, puis reprend son ministère à Montauban en 1788. Dès 1789, il préside la Société des Amis de la Constitution de Montauban et entre au conseil municipal de la ville en 1791.

Un conventionnel au Comité de salut public

Élu député du Lot à la Convention nationale en septembre 1792, il en devient secrétaire dès novembre. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et rejette l’appel au peuple comme le sursis. Envoyé en mission en Dordogne et dans le Lot au printemps 1793 pour accélérer la levée d’hommes, il est élu au Comité de salut public le 12 juin 1793, puis président de la Convention en juillet.

Au sein du Comité, il prend en charge les questions navales. Représentant en mission à Brest, il rétablit la discipline dans la flotte, fait construire le vaisseau La Montagne et participe à la bataille du 13 prairial an II au large d’Ouessant. C’est lui qui propose, au nom du Comité, l’adoption du pavillon tricolore pour la marine. Sa mission brestoise est aussi marquée par le maintien d’un tribunal extraordinaire qui prononce soixante-dix condamnations à mort.

Captivité, diplomatie et administration impériale

Décrété d’arrestation après Thermidor, alors qu’il n’avait pas soutenu Robespierre, il est amnistié à la clôture de la Convention. Le Directoire le nomme consul général à Alger, puis à Smyrne en 1798 ; la rupture entre la France et l’Empire ottoman lui vaut d’être emprisonné de 1799 à 1802.

Sous le Consulat et l’Empire, il devient commissaire général des trois départements de la rive gauche du Rhin, puis préfet du Mont-Tonnerre, à Mayence. Chevalier de la Légion d’honneur en 1804, il est fait baron d’Empire en 1809. Il meurt du typhus, contracté en soignant des soldats, et repose au cimetière principal de Mayence. Il lègue sa bibliothèque à la Faculté de théologie protestante de Montauban.

Le vénérable des Amis de l’union à Mayence

André Jeanbon Saint-André
Source : Wikimedia Commons – H. Rousseau (graphic designer), E.Thomas (engraver) – Public domain

Les sources présentent Jeanbon Saint-André comme un franc-maçon actif. Préfet d’un département rhénan rattaché à la France, il est le premier vénérable maître de la loge « Les Amis de l’union », fondée à Mayence en 1803.

Cette loge a survécu à la fin de la domination française : elle existe toujours à Mayence sous le nom de « Die Freunde zur Eintracht ». Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni l’obédience de rattachement de la loge à sa fondation.

Principales œuvres

  • Sermon d’action de grâces, 1789
  • L’Éducation nationale, publié par ordre de la Convention
  • Journal sommaire de la croisière de la flotte de la République, an II
  • Recueil des arrêtés pris pendant la mission au Port-la-Montagne, an II (1794)
  • Réponse à la dénonciation des citoyens de la commune de Brest, an III (1795)

Un révolutionnaire devenu bâtisseur de loge

Pasteur, régicide, organisateur de la marine républicaine puis haut fonctionnaire impérial, Jeanbon Saint-André illustre la trajectoire de nombreux révolutionnaires ralliés au régime napoléonien. Sa place dans l’histoire maçonnique tient surtout à la loge de Mayence dont il fut le premier vénérable : un atelier né de la présence française en Rhénanie et qui a traversé plus de deux siècles, témoignage durable de la diffusion de la franc-maçonnerie dans les départements réunis sous le Consulat et l’Empire.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à André Jeanbon Saint-André.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Sautoir de Vénérable Maître, Initiation.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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