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Né à Paris en 1825 et mort à Nantes en 1889, Achille Godefroy Jouaust est un avocat breton d’adoption, administrateur des Hospices et brièvement maire provisoire de Saint-Malo au lendemain de la chute du Second Empire. Franc-maçon, membre du conseil de l’ordre du Grand Orient de France sous la grande maîtrise du général Mellinet, il publie à Rennes en 1865 une Histoire du Grand-Orient de France de plus de cinq cents pages, l’une des premières synthèses consacrées à l’obédience par l’un de ses dirigeants.
Un avocat entre Paris, Rennes et Saint-Malo

Fils d’un père originaire de Rennes, Achille Godefroy Jouaust voit le jour à Paris en 1825. Il s’établit en Bretagne, où il exerce comme avocat et siège comme administrateur des Hospices. C’est dans cette province, au carrefour du barreau, de la vie municipale et des sociétés de pensée, que se déroule l’essentiel de sa carrière publique.
Il meurt à Nantes en 1889, à l’âge de soixante-quatre ans. Les éléments biographiques connus à son sujet restent limités et proviennent pour l’essentiel de l’histoire locale malouine et de l’historiographie maçonnique.
Maire provisoire de Saint-Malo en 1870
L’effondrement du Second Empire, le 4 septembre 1870, bouleverse les municipalités. À Saint-Malo, le maire bonapartiste Charles Pierre Rouxin est révoqué et Jouaust est appelé à lui succéder à titre provisoire : il devient maire provisoire de Saint-Malo en 1870-1871. Confirmé comme président de la commission municipale par le préfet d’Ille-et-Vilaine, il voit toutefois cette commission dissoute par la suite.
Au conseil de l’ordre du Grand Orient
Franc-maçon engagé, Jouaust appartient à la génération qui accompagne la transformation du Grand Orient de France sous le Second Empire. Il siège au conseil de l’ordre du Grand Orient durant la grande maîtrise du général Émile Mellinet (1865-1870), période où l’obédience reconquiert le droit d’élire elle-même son grand maître après les années de tutelle impériale.
Cette position lui donne accès aux archives et à la mémoire institutionnelle de l’obédience, ce qui confère à son livre une valeur particulière : il est écrit de l’intérieur, au moment même où le Grand Orient amorce l’évolution qui le conduira, sous la IIIe République, aux grands débats sur la laïcité et la liberté de conscience.
Une histoire du Grand Orient publiée à Rennes
Paru à Rennes chez Brisard en 1865, l’ouvrage, illustré, compte 527 pages. Il retrace la naissance du Grand Orient de France au XVIIIe siècle, ses rapports avec la Grande Loge, sa traversée de la Révolution et de l’Empire, puis son organisation au XIXe siècle. Numérisé par plusieurs bibliothèques et accessible en ligne, il a fait l’objet de rééditions en fac-similé au XXIe siècle, signe de l’intérêt persistant qu’il suscite.
Comme beaucoup d’histoires maçonniques du XIXe siècle, l’Histoire du Grand-Orient de France mêle chronique institutionnelle et plaidoyer en faveur de l’obédience. Les historiens contemporains la consultent comme un témoignage de son temps autant que comme une source, à confronter aux travaux universitaires plus récents.
Principaux ouvrages
- Histoire du Grand-Orient de France, Rennes, Brisard, 1865 (527 p., ill.)
Un témoin de l’histoire du Grand Orient
Achille Godefroy Jouaust n’a laissé qu’un livre maçonnique, mais celui-ci occupe une place notable dans la bibliographie du Grand Orient de France : rédigé par un membre de son conseil de l’ordre à la fin du Second Empire, il fixe une première mémoire écrite de l’obédience. Pour le lecteur d’aujourd’hui, il offre un regard précieux sur la manière dont les francs-maçons des années 1860 concevaient leur propre histoire, à la veille de l’âge d’or républicain des loges.
Voir aussi dans le glossaire : Obédience, Grand Maître.

