Z comme Zodiaque en Franc-maçonnerie

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

Le zodiaque, bande céleste divisée en douze signes que le Soleil semble parcourir en une année, est présent dans de nombreux temples maçonniques, peint sur la voûte, sculpté sur les murs ou associé à des colonnes. Ce n’est ni un dogme ni une invitation à l’astrologie : c’est un langage symbolique qui inscrit la loge dans le cosmos et dans le temps cyclique. Il rappelle que l’atelier est une image du monde, ouvert de l’Orient à l’Occident, et que le travail initiatique suit, comme la course solaire, un rythme de lumière croissante et décroissante.

Origine et étymologie

Zodiaque
Source : Wikimedia Commons – Jmj9999 – CC BY-SA 4.0

Le mot vient du grec zôdiakos kuklos, le « cercle des petits animaux », car la plupart des signes portent des noms d’êtres vivants. La division de l’écliptique en douze parties égales est héritée de l’astronomie mésopotamienne, transmise au monde grec puis à l’Europe médiévale. Les cathédrales en ont fait un motif courant, souvent associé aux travaux des mois : le cycle des signes y rythme le labeur humain.

Dans le temple maçonnique

La loge est décrite dans les rituels comme une image de l’univers, dont la voûte étoilée figure le ciel. Dans de nombreux temples, notamment en France, les douze signes du zodiaque sont représentés tout autour de la salle ou sur des colonnes engagées le long des murs. Leur disposition varie : il n’existe pas de règle universelle commune à toutes les obédiences, et chaque temple reflète les choix de ses constructeurs.

Certains auteurs symbolistes ont proposé une répartition raisonnée : signes d’été vers l’Orient, où brillent le Soleil et la Lune, signes d’hiver vers l’Occident. D’autres rapprochent les douze signes des douze lacs d’amour de la houppe dentelée qui entoure la loge. Ces lectures relèvent de l’interprétation, non de prescriptions rituelles communes.

Le cycle solaire et les deux saint Jean

Le zodiaque rejoint une donnée bien établie de la tradition maçonnique : la place des deux saint Jean. Les fêtes solsticiales, la Saint-Jean d’été (24 juin) et la Saint-Jean d’hiver (27 décembre), marquent les deux portes de l’année solaire, au point le plus haut et au point le plus bas de la course du Soleil. Les loges anglaises du XVIIIe siècle se réunissaient volontiers à ces dates, et la Grande Loge de Londres fut fondée le jour de la Saint-Jean-Baptiste 1717.

Le parcours du Soleil à travers les douze signes offre ainsi une image du cheminement initiatique : descente vers l’obscurité, renaissance de la lumière, montée vers le midi. La formule rituelle « de midi à minuit » s’inscrit dans cette symbolique du temps sacré.

Lectures astronomiques de la légende d’Hiram

Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs auteurs ont lu les mythes religieux comme des allégories solaires. Charles-François Dupuis, dans Origine de tous les cultes (1795), en est la figure majeure. Dans son sillage, Jean-Marie Ragon a interprété la légende d’Hiram comme un mythe solaire : le maître assassiné par trois compagnons y devient le Soleil affaibli par les trois mois d’hiver, avant sa renaissance printanière.

Cette lecture a eu un grand succès au XIXe siècle. Elle est aujourd’hui considérée comme une interprétation parmi d’autres, révélatrice du goût de l’époque pour les explications cosmiques, plutôt que comme l’origine historique du rituel de maître.

Zodiaque, astrologie et ésotérisme

La présence du zodiaque dans les temples a parfois été lue comme la preuve d’une pratique astrologique. Rien de tel dans les rituels publiés des grandes obédiences : le zodiaque y sert de décor et de support de méditation. Il est vrai que des auteurs ésotérisants, de Ragon à Oswald Wirth, ont développé des correspondances entre signes, planètes, métaux et grades ; ces spéculations restent personnelles et n’engagent aucune obédience.

À retenir

  • Douze signes : héritage de l’astronomie antique, motif courant des cathédrales et des temples maçonniques.
  • Voûte étoilée : la loge est une image du ciel ; le zodiaque en marque le pourtour.
  • Solstices : les deux saint Jean, d’été et d’hiver, ouvrent et ferment l’année maçonnique.
  • Pas de règle unique : la disposition des signes varie selon les temples et les rites.
  • Mythe solaire : lecture de la légende d’Hiram popularisée au XIXe siècle, débattue aujourd’hui.

Pour approfondir : ouvrages de référence

  • Charles-François Dupuis, Origine de tous les cultes, ou Religion universelle, Paris, 1795.
  • Jean-Marie Ragon, Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes, Paris, 1841.
  • Daniel Ligou (dir.), Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 1987 (rééd.).

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Voûte étoilée, Houppe dentelée, Orient, Hiram, Temple, Midi.

À lire aussi sur 450.fm

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES