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Marie de Magdala, dite Marie-Madeleine, est dans les Évangiles l’une des femmes qui suivent Jésus et la première témoin de la Résurrection, ce qui lui a valu le titre d’« apôtre des apôtres ». La tradition occidentale l’a longtemps confondue avec la pécheresse repentie, et la légende provençale la fait finir ses jours dans la grotte de la Sainte-Baume. Honorée par les compagnons du Tour de France, qui font de la Sainte-Baume un lieu de pèlerinage, elle évoque pour le franc-maçon la fidélité, la transmission et la part féminine du chemin initiatique.
La disciple des Évangiles

Marie est dite « de Magdala », du nom d’une localité des bords du lac de Tibériade. L’Évangile de Luc la présente parmi les femmes qui accompagnent Jésus et le servent de leurs biens, précisant qu’elle avait été délivrée de « sept démons ». Les quatre Évangiles la placent auprès de la croix ou au tombeau, au matin de Pâques.
L’Évangile de Jean lui donne le rôle principal : Jésus ressuscité lui apparaît, l’appelle par son nom, lui dit « Noli me tangere » (« Ne me retiens pas ») et l’envoie annoncer la nouvelle aux disciples. D’où le titre d’apôtre des apôtres, que lui donnent les auteurs chrétiens anciens et médiévaux.
Une figure recomposée
En 591, dans une homélie, le pape Grégoire le Grand identifie Marie de Magdala à Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, et à la pécheresse anonyme qui parfume les pieds de Jésus. Cette fusion donne naissance à la Madeleine pénitente, cheveux dénoués et vase de parfum, que l’art occidental représentera pendant des siècles. Les Églises d’Orient ont toujours distingué ces trois femmes.
La réforme du calendrier romain de 1969 a séparé de nouveau ces figures, et en 2016 le pape François a élevé la mémoire de sainte Marie-Madeleine, le 22 juillet, au rang de fête, en lui rendant officiellement le titre d’apôtre des apôtres.
La légende provençale

Selon une tradition médiévale, Marie-Madeleine aurait abordé les côtes de Provence avec Lazare, Marthe et d’autres compagnons, prêché à Marseille, puis vécu trente ans de pénitence dans une grotte du massif de la Sainte-Baume. En 1279, Charles de Salerne, futur roi de Naples, fait ouvrir à Saint-Maximin un tombeau présenté comme le sien ; la basilique Sainte-Marie-Madeleine y est ensuite édifiée. Auparavant, l’abbaye de Vézelay revendiquait elle aussi ses reliques.
Marie-Madeleine et le Compagnonnage
La Sainte-Baume occupe une place majeure dans la mémoire du Compagnonnage. Le pèlerinage à la grotte faisait partie du Tour de France de nombreux compagnons, où beaucoup se procuraient leurs couleurs. La légende de Maître Jacques, l’un des fondateurs mythiques des compagnonnages du Devoir, situe d’ailleurs sa retraite et sa mort dans ces parages. Marie-Madeleine y est vénérée comme une figure de fidélité et de persévérance.
Une lecture maçonnique
Marie-Madeleine n’est pas un personnage des rituels maçonniques, mais elle nourrit de nombreuses réflexions en loge. On y lit volontiers :
- la fidélité de celle qui reste auprès de la croix et du tombeau quand les autres se dispersent ;
- la transmission : recevoir une parole et la porter aux autres ;
- le passage de l’ombre à la lumière, du tombeau vide à la reconnaissance, proche de la démarche initiatique ;
- la place des femmes dans la transmission spirituelle, question vive dans les loges mixtes et féminines.
Les thèses romanesques faisant de Marie-Madeleine l’épouse de Jésus et l’ancêtre d’une lignée secrète relèvent de la fiction et non de l’histoire.
Le saviez-vous ?
L’expression « pleurer comme une Madeleine » vient de l’iconographie de la pécheresse repentie, représentée en larmes. En anglais, l’adjectif maudlin, « larmoyant », dérive lui aussi du nom de Magdalene.
Pour approfondir
- Victor Saxer, Le Culte de Marie-Madeleine en Occident, des origines à la fin du Moyen Âge, Clavreuil, 1959.
- Régis Burnet, Marie-Madeleine (Ier-XXIe siècle). De la pécheresse repentie à l’épouse de Jésus, Le Cerf, 2004.
- Agricol Perdiguier, Le Livre du compagnonnage, 1839.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Compagnonnage, Saint Jean d’Été, Saint Jean d’Hiver, Mixité, Voyage, Initiation.
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