Grande Loge féminine de Turquie
Histoire
La Grande Loge maçonnique féminine de Turquie (Kadın Masonlar Büyük Locası) trouve son origine dans un groupe de sœurs réuni le 29 avril 1986, dans les locaux de la Grande Loge libérale de Turquie [1]. Ce noyau prend d'abord le nom d'« Association de Solidarité Fraternelle Contemporaine », officiellement constituée le 24 novembre 1988 [1]. L'obédience proprement dite est fondée le 5 octobre 1991 avec 243 membres, sous le nom de Grande Loge maçonnique féminine [1].
Elle pratique exclusivement le Rite écossais ancien et accepté [1]. Elle compte aujourd'hui environ 1 400 sœurs réparties dans 21 loges [1]. La gouvernance repose sur un Grand Conseil composé de trois représentantes par loge, deux élues et la Vénérable [1].
L'obédience est exclusivement féminine et travaille sans distinction de langue, de race ou de nationalité, selon les principes « Liberté, Égalité, Fraternité » [1]. Elle est membre du Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine (CLIMAF) [1].
Fondation et schismes
Le projet d'une maçonnerie féminine turque émerge en 1986, lorsqu'un petit groupe de sœurs commence à s'organiser dans le sillage de la Grande Loge libérale de Turquie [1]. Cette initiative se structure d'abord en « Association Contemporaine de la Solidarité Fraternelle », officiellement constituée le 24 novembre 1988 [2]. En mars 1991, 91 sœurs sont initiées, puis élevées à la maîtrise, ce qui permet la fondation de l'obédience le 5 octobre 1991 avec 243 membres au total [1][2].
Une obédience mixte, baptisée Grande Loge Mosaïque, est issue d'une scission interne à la maçonnerie féminine turque et n'est pas reconnue par la GLMFT [4]. En mai 2016, l'obédience franchit une étape interne en participant à la création d'un Suprême Conseil féminin du REAA pour la Turquie, lors d'une cérémonie où trente sœurs sont collectivement élevées au 33e degré [3].
Positions doctrinales
L'obédience travaille selon des principes laïcs et scientifiques, en revendiquant la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » comme socle [1][2]. Les sœurs travaillent sans distinction de langue, de race ou de nationalité, et l'obédience est exclusivement féminine [1]. Les loges interdisent les discussions partisanes ou méprisantes en matière politique, religieuse ou philosophique, ces sujets ne pouvant être abordés que sur un mode scientifique et impartial [1]. L'obédience se donne pour but le bonheur et la paix de l'humanité par la recherche scientifique de la vérité, et combat ce qu'elle nomme le fanatisme, l'égoïsme et l'intolérance [1]. La référence idéologique mise en avant par les sœurs turques est l'héritage kémaliste, présenté comme matrice laïque de leur engagement [2].
Rites pratiqués
La GLMFT pratique exclusivement le Rite écossais ancien et accepté [1]. Les travaux philosophiques se tiennent en loge selon une cadence régulière, avec des ateliers spécifiques pour les hauts grades développés sous l'égide du Suprême Conseil [2]. En mai 2016, l'obédience s'est dotée de sa propre structure de hauts grades en REAA avec la création d'un Suprême Conseil féminin turc, dirigé par Güner Arıburu comme Souveraine Grande Commandeure [3]. Cette création a été rendue possible par l'appui du Suprême Conseil masculin du REAA pour la Turquie, fondé en 1860, qui avait ouvert des ateliers écossais féminins vingt-cinq ans plus tôt [3].
Relations internationales
La GLMFT est membre du Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine (CLIMAF), qu'elle a rejoint en 2007 [1]. Sur le plan local, l'obédience entretient des relations d'intervisitation régulières avec la Grande Loge libérale de Turquie, son obédience matricielle, selon des règles fixées au niveau de l'obédience et applicables à toutes les loges [4]. À l'inverse, la Grande Loge Mosaïque mixte, issue d'une scission, n'est pas reconnue par la GLMFT, même si elle a obtenu un appui de la Grande Loge d'Italie pour développer ses hauts grades [4]. L'obédience se présente comme s'adressant à l'ensemble des maçons du monde, par-delà les distinctions de religion, de race ou de genre [2].
Controverses notables
La principale tension documentée concerne la scission ayant donné naissance à la Grande Loge Mosaïque, obédience mixte que la GLMFT a choisi de ne pas reconnaître [4]. Au-delà de ce différend interne au pôle libéral turc, aucune controverse publique d'ampleur n'apparaît dans les sources consultées [information manquante]
Questions fréquentes
Quand la Grande Loge maçonnique féminine de Turquie a-t-elle été fondée ? L'obédience est fondée le 5 octobre 1991 avec 243 membres [1].
Quel rite l'obédience pratique-t-elle ? La GLMFT travaille exclusivement au Rite écossais ancien et accepté [1].
Combien compte-t-elle de sœurs et de loges ? Elle réunit environ 1 400 sœurs réparties dans 21 loges, contre environ 900 sœurs et 14 loges en 2010 [1][2].
À quelle organisation internationale appartient-elle ? Elle est membre du CLIMAF depuis 2007 [1].
Existe-t-il un Suprême Conseil féminin du REAA en Turquie ? Oui, créé en mai 2016 avec l'élévation collective de trente sœurs au 33e degré, sous la direction de Güner Arıburu [3].