Grande Loge de Turquie
Histoire
La Grande Loge de Turquie (Hür ve Kabul Edilmiş Masonlar Büyük Locası) est fondée à Istanbul en 1909. Le gouvernement turc fait démolir les loges maçonniques en 1935, jugeant les principes maçonniques incompatibles avec la politique nationaliste. L'obédience est rétablie sous sa forme actuelle en 1956, puis obtient en 1962 la reconnaissance des Grandes Loges de New York et d'Écosse.
En 1970, elle est reconnue comme régulière par la Grande Loge unie d'Angleterre et la Grande Loge d'Irlande. Elle revendique être la seule représentante de la franc-maçonnerie régulière en Turquie et entretient des liens d'amitié avec 158 Grandes Loges dans le monde. En 2020, elle compte environ 17 000 membres répartis dans plus de 250 loges présentes dans dix villes turques, incluant des loges travaillant en anglais, français, allemand et grec.
Elle est exclusivement masculine et ne pratique pas la maçonnerie mixte. Le rituel turc utilisé s'inspire des traditions écossaise, française et de Schröder.
Fondation et schismes
Le 13 juillet 1909, quatre loges turques se réunissent à Istanbul avec trois loges italiennes, deux françaises, une espagnole et deux égyptiennes pour constituer l'obédience, après la réactivation du Suprême Conseil de Turquie de 1861 quelques mois plus tôt [2]. Mehmet Talat Pacha, alors ministre de l'Intérieur et futur grand vizir, est élu premier grand maître, dans une période où de nombreux Jeunes-Turcs réformateurs sont francs-maçons [2]. La toute jeune obédience reçoit ses premiers rituels avec l'aide du Grand Orient de Belgique.
Les loges sont contraintes à l'auto-dissolution en 1935 sous la pression du régime kémaliste, qui juge les principes maçonniques incompatibles avec la politique nationaliste. Une reprise discrète des travaux s'amorce après-guerre, et l'obédience est formellement rétablie sous sa forme actuelle en 1956. En 1964-1966, une fraction libérale se sépare après l'épisode du démenti public d'appartenance maçonnique de Süleyman Demirel, et fonde en 1966 la Grande Loge libérale de Turquie d'obédience continentale, reconnue par le Grand Orient de France mais pas par la Grande Loge unie d'Angleterre.
Positions doctrinales
L'obédience se revendique comme la seule représentante de la franc-maçonnerie régulière en Turquie, ce qui implique l'adhésion aux standards anglo-saxons de régularité formalisés par la Grande Loge unie d'Angleterre. Sa reconnaissance par la GLUA en 1970 confirme qu'elle satisfait notamment aux exigences d'invocation du Grand Architecte de l'Univers et de présence du Volume de la Loi sacrée en loge. Elle est exclusivement masculine et ne pratique pas la maçonnerie mixte. Sa position sur l'obligation explicite d'une croyance religieuse personnelle n'est pas détaillée dans les sources consultées [information manquante]
Rites pratiqués
Les loges travaillent un rituel turc propre, élaboré à partir d'éléments empruntés aux traditions écossaise, française et de Schröder. Ce rituel hybride se déploie sur les trois degrés symboliques de la maçonnerie bleue. Le Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté de Turquie, héritier de la structure de 1861, opère parallèlement aux hauts grades [2]. Certaines loges travaillent en anglais, en français, en allemand ou en grec, en plus du turc.
Relations internationales
La reconnaissance internationale s'est construite par paliers, d'abord avec les Grandes Loges de New York et d'Écosse en 1962, puis avec la Grande Loge unie d'Angleterre et la Grande Loge d'Irlande en 1970. L'obédience revendique aujourd'hui des relations d'amitié avec 158 Grandes Loges à travers le monde, ce qui la place dans le réseau dit régulier anglo-saxon. Elle ne figure pas parmi les obédiences affiliées au CLIPSAS ou aux structures continentales libérales, ces dernières étant représentées en Turquie par la Grande Loge libérale née de la scission de 1966. Aucune affiliation à la Confédération maçonnique interaméricaine ou à un organisme équivalent n'est documentée dans les sources consultées [information manquante]
Controverses notables
L'obédience a fait l'objet de campagnes antimaçonniques récurrentes en Turquie, portées notamment par les milieux islamistes autour de figures comme Necmettin Erbakan et Adnan Oktar. En octobre 2025, le grand maître Remzi Sanver est placé en détention dans le cadre d'une vaste enquête pour blanchiment, fraude et criminalité organisée liée au conglomérat Can Holding, l'affaire étant rattachée à des irrégularités financières présumées durant son mandat de recteur de l'université Bilgi d'Istanbul [3]. Cette enquête vise vingt-six suspects répartis sur quatre provinces et n'a pas, à la date des sources, donné lieu à condamnation [3]. La portée de l'affaire sur la gouvernance interne de l'obédience n'est pas documentée à ce stade [information manquante]
Questions fréquentes
L'obédience est-elle mixte ? Non, la Grande Loge de Turquie est exclusivement masculine et ne pratique pas la maçonnerie mixte.
Est-elle considérée comme régulière ? Oui, elle est reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre depuis 1970 et entretient des relations d'amitié avec 158 Grandes Loges régulières.
Quel rituel est pratiqué ? Un rituel turc spécifique inspiré des traditions écossaise, française et de Schröder, décliné sur les trois degrés symboliques.
Combien de loges et de membres compte-t-elle ? Wikipedia recense environ 17 000 membres dans plus de 250 loges réparties dans dix villes en 2020, tandis que le site officiel fait état de 272 loges et environ 18 000 frères dans 24 villes turques et à Chypre du Nord [1].
Existe-t-il une autre obédience en Turquie ? Oui, la Grande Loge libérale de Turquie, issue d'une scission de 1966 et d'orientation continentale, coexiste avec la Grande Loge de Turquie sans être reconnue par la GLUA.