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Gran Logia de la Republica de Venezuela

Histoire

La Gran Logia de la República de Venezuela est fondée le 24 juin 1824 à Caracas. Après la séparation de la Grande Colombie, elle est refondée pour le seul Venezuela en 1838, avec Diego Bautista Urbaneja Sturdy, ancien vice-président, comme premier Grand Maître de la nouvelle structure. Son siège est établi à Caracas et l'obédience s'enracine durablement dans la vie politique et sociale du pays, intégrant à ses rangs de nombreuses personnalités publiques.

Elle revendique 121 loges en 2006, et autour de 196 loges actives en 2026 selon la même source. L'obédience est membre de la Confédération maçonnique interaméricaine (CMI) et de la Confédération maçonnique bolivarienne (CMB). Elle se rattache au courant régulier et entretient des relations avec la Grande Loge unie d'Angleterre ainsi qu'avec la Confédération des grandes loges régulières du monde.

Fondation et schismes

La Gran Logia de la República de Venezuela est installée à Caracas le 24 juin 1824, après une cérémonie préparatoire tenue le 21 avril en présence du commissaire spécial Joseph Cerneau, joaillier et intellectuel français [1]. Diego Bautista Urbaneja Sturdy, juriste et vice-président de la République, en devient le premier Grand Maître et regroupe dès cette année-là 18 loges sous son autorité [1]. Après la dissolution de la Grande Colombie, l'obédience est refondée pour le seul Venezuela le 9 septembre 1838, toujours sous la conduite d'Urbaneja.

Le XXe siècle voit se produire plusieurs scissions structurantes : le 18 août 1916, le Gran Oriente Nacional de Venezuela se dissout et donne naissance simultanément au Suprême Conseil du 33e degré du REAA et à la Gran Logia de los Estados Unidos de Venezuela, l'ancêtre direct de la structure actuelle [2]. Une seconde grande scission, dite « deuxième schisme de la maçonnerie vénézuélienne », éclate dans les années 1950 autour de la constitution maçonnique de 1956, après la destitution contestée d'un Grand Maître [2]. En 2006, une loge quitte la juridiction et rejoint la Gran Logia Regular Multiritualística de Venezuela, dénonçant des persécutions internes [2]. Plus récemment, trois loges (Símbolo n°113, Francisco Salías n°208 et Arca de la Alianza n°224) se sont retirées pour fonder la Gran Logia Nacional Venezolana, en revendiquant la légitimité de leurs patentes originelles émises par la GLRV [3].

Positions doctrinales

La Gran Logia de la República de Venezuela revendique son appartenance au courant régulier et travaille « À la Gloire du Grand Architecte de l'Univers » selon la formule rituelle affichée sur sa plateforme officielle [4]. Elle se présente comme une « ordre initiatique » fondée sur les principes universels de Liberté, d'Égalité et de Fraternité, voués au perfectionnement humain et au progrès de la société [4]. L'obédience est explicitement désignée comme la puissance maçonnique vénézuélienne reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre, ce qui la place sous les critères de régularité fixés par l'UGLE [5].

Sur la question de l'admission des femmes, la GLRV a approuvé dès 1952 la création de loges d'adoption féminines, et en 1953 un Conseil national du Rite d'adoption vénézuélien est mis sur pied [6]. Après une interruption sous la dictature, ces structures ont repris leurs travaux en 1974 comme Gran Logia Femenina, demeurant juridictionnellement distinctes de l'obédience masculine [6]. [information manquante] sur l'exigence explicite d'une croyance religieuse individuelle ou le statut du Volume de la Loi sacrée tels que formellement codifiés par la GLRV.

Rites pratiqués

Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est le rite pratiqué par la majorité des loges de la Gran Logia de la República de Venezuela [7]. L'obédience a toutefois autorisé plusieurs autres rites au fil du temps, notamment le Rite d'Émulation pour la loge George Washington n°100, le rite San Juan pour la loge Humboldt n°141, le rite italien pour la loge Giordano Bruno n°142 et le Rite français moderne pour la loge La Fayette n°157 [7]. Le Rite d'York a été autorisé pour trois loges entre 1949 et 1972 [7]. Dans les faits, seule la loge George Washington n°100 de Caracas continuerait aujourd'hui à pratiquer l'Émulation, les autres loges ayant basculé au REAA ou cessé leurs travaux [7].

Relations internationales

La Gran Logia de la República de Venezuela est reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre, qu'elle considère comme la principale organisation régulatrice de la franc-maçonnerie régulière mondiale [5]. Elle est membre de la Confédération maçonnique interaméricaine (CMI), de la Confédération maçonnique bolivarienne (CMB) regroupant Bolivie, Colombie, Équateur, Panama, Pérou et Venezuela, ainsi que de la Confédération des Grandes Loges régulières du monde (CMGIR). Elle déclare entretenir des relations et disposer de représentants auprès de toutes les grandes loges du monde reconnues comme régulières. Sa juridiction s'étend au-delà du territoire vénézuélien, avec des loges actives jusqu'à Aruba [5].

Controverses notables

L'histoire récente de la GLRV est marquée par des tensions internes documentées : le « second schisme » des années 1950 a vu plusieurs loges se déclarer indépendantes après la destitution contestée d'un Grand Maître autour de la constitution maçonnique de 1956 [2]. En 2006, une loge a publiquement quitté la juridiction en dénonçant des « injustices et persécutions » avant de rejoindre l'Alto Consejo Masónico de Venezuela et la Gran Logia Regular Multiritualística de Venezuela [2]. Des sources internes décrivent un schisme persistant qui se serait aggravé lors des deux congrès les plus récents, accusant un groupe minoritaire d'avoir violé la Constitution maçonnique [2]. La création en parallèle de la Gran Logia Nacional Venezolana à partir de loges juridictionnées à la GLRV illustre une concurrence ouverte sur le terrain de la régularité au sein de l'espace maçonnique vénézuélien [3].

Questions fréquentes

Quand la Gran Logia de la República de Venezuela a-t-elle été fondée ? Le 24 juin 1824 à Caracas, avec Diego Bautista Urbaneja Sturdy comme premier Grand Maître [1].

Quel rite y est principalement pratiqué ? Le Rite écossais ancien et accepté est utilisé par la majorité des loges, plusieurs autres rites étant historiquement autorisés [7].

Est-elle reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre ? Oui, elle est la puissance maçonnique vénézuélienne reconnue par l'UGLE [5].

Combien compte-t-elle de loges aujourd'hui ? Environ 196 loges actives sont rapportées en 2026, contre 121 en 2006.

Qui en est l'actuel Grand Maître ? José Gregorio Sardelli Bravo, élu pour la période 2026-2029.

Sources

  1. Historia de la Masonería en Venezuela, Gran Logia de Venezuela consulté le 2026-06-04
  2. Mémoire maçonnique du Venezuela, chronologie des scissions consulté le 2026-06-07
  3. Quiénes Somos, Gran Logia Nacional Venezolana S.C. consulté le 2026-06-05
  4. Plataforma Fraternal, Gran Logia de la República de Venezuela consulté le 2026-06-07
  5. Reconnaissance par l'UGLE, communication officielle de la GLRV consulté le 2026-06-07
  6. Gran Logia Femenina de Venezuela, origine et chronologie consulté le 2026-06-07
  7. Prácticas Rituales autorizadas por la Gran Logia de la República de Venezuela consulté le 2026-06-05