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Grande Loge libérale de Turquie

Histoire

La Grande Loge libérale de Turquie (Özgür Masonlar Büyük Locası) est fondée en 1966 à la suite d'une scission au sein de la Grande Loge de Turquie. Le schisme intervient après que l'homme politique Süleyman Demirel publie une lettre déclarant qu'il n'était pas franc-maçon, afin de sécuriser l'investiture présidentielle de son parti. L'obédience s'inscrit dans la tradition de la maçonnerie continentale plutôt qu'anglo-américaine.

Elle est reconnue par le Grand Orient de France, mais pas par la Grande Loge unie d'Angleterre. Le nombre exact de loges et de membres [information manquante] Les modalités de mixité actuelles ne sont pas précisées dans les sources consultées [information manquante]

Fondation et schismes

La Grande Loge libérale de Turquie (Özgür Masonlar Büyük Locası) naît d'une scission au sein de la Grande Loge de Turquie. Les sources situent la rupture en 1965 [2][5] ou en 1966[1], et l'événement déclencheur tient à une lettre publique de Süleyman Demirel niant son appartenance maçonnique pour sécuriser l'investiture présidentielle de son parti [contesté : 1965 vs 1966]

À l'origine de la scission, une centaine de hauts gradés et le président du Suprême Conseil quittent l'obédience régulière pour fonder la nouvelle structure sous l'autorité du Suprême Conseil [2]. L'obédience obtient une patente de la Grande Loge de France en 1967, puis une seconde du Grand Orient de France en 1989, ce qui ancre durablement son inscription dans la famille libérale continentale. Elle accompagne ensuite la création de la Grande Loge féminine de Turquie, dont le processus d'organisation s'amorce le 29 avril 1986 dans les locaux de l'obédience libérale, avant la fondation officielle de l'association le 24 novembre 1988 [4].

Positions doctrinales

L'obédience inscrit sa pratique dans la tradition continentale plutôt qu'anglo-américaine[5]. Le principe fondateur est la liberté absolue de conscience, et l'obédience n'exige ni croyance en Dieu ni croyance en l'immortalité de l'âme, chaque membre déterminant sa propre vérité [2]. À cette logique correspond un usage symbolique notable, le volume ouvert sur l'autel des serments étant un livre aux pages blanches qui représente la vérité personnelle de chacun [2].

L'institution défend vigoureusement la laïcité et la liberté de conscience, tout en se déclarant à l'écart des questions politiques et religieuses en tant que corps constitué [1]. La devise « Les maçons partout, la maçonnerie nulle part » résume cette priorité accordée à l'engagement individuel sur la prise de position institutionnelle [3]. L'obédience reste de composition masculine, mais elle entretient des rapports d'intervisitation réguliers avec les loges féminines turques [1][3].

Rites pratiqués

L'obédience travaille au Rite écossais ancien et accepté, adapté aux aspirations de ses membres [2]. Les hauts grades sont administrés par un Suprême Conseil disposant de son propre bâtiment [3]. Le rite est également celui sur lequel s'est structurée la Grande Loge féminine de Turquie, qui s'est dotée à son tour d'un Suprême Conseil féminin [4].

Relations internationales

La Grande Loge libérale est reconnue par le Grand Orient de France et la Grande Loge de France, mais pas par la Grande Loge unie d'Angleterre[2]. Sa première patente provient de la Grande Loge de France en 1967, complétée par une patente du Grand Orient de France en 1989, et son installation s'appuie aussi sur des reconnaissances belges, luxembourgeoises et grecques. L'obédience régulière turque la considère pour sa part comme « clandestine » [2].

Elle est membre du CLIPSAS et y entretient des liens avec une cinquantaine d'obédiences libérales [3]. Elle participe également à une communauté maçonnique continentale d'une trentaine d'obédiences, majoritairement issues d'États membres de l'Union européenne. Elle coopère avec la franc-maçonnerie libanaise et ouvre ses tenues aux visiteurs de toutes obédiences [2][3].

Controverses notables

Le différend de fond le plus durable est la non-reconnaissance par la Grande Loge de Turquie, qui qualifie l'obédience libérale de « clandestine » [2]. Une seconde tension touche le périmètre mixte, puisque la Grande Loge Mosaïque, née d'une scission au sein de la maçonnerie féminine, n'est reconnue ni par la Grande Loge féminine ni par la Grande Loge libérale, bien que reconnue par une obédience italienne [1]. Le statut actuel des deux loges mixtes mentionnées en 2010 mais non encore constituées en obédience indépendante [information manquante]

Questions fréquentes

Quand la Grande Loge libérale de Turquie a-t-elle été fondée ? Les sources oscillent entre 1965 et 1966, à la suite d'une scission au sein de la Grande Loge de Turquie[2].

L'obédience exige-t-elle la croyance en un être suprême ? Non, le principe de liberté absolue de conscience laisse chaque membre déterminer sa propre vérité, symbolisée par un livre aux pages blanches sur l'autel [2].

Quel rite y est pratiqué ? Le Rite écossais ancien et accepté, adapté aux aspirations des membres [2].

Quelles sont ses reconnaissances internationales ? Elle est reconnue par le Grand Orient de France et la Grande Loge de France, et membre du CLIPSAS aux côtés d'une cinquantaine d'obédiences libérales[3].

L'obédience admet-elle les femmes ? Non, elle reste de composition masculine, mais elle a accompagné la création de la Grande Loge féminine de Turquie, officialisée le 24 novembre 1988 [4].

Sources

  1. La franc-maçonnerie en Turquie aujourd'hui, Hiram.be consulté le 2026-06-07
  2. Francs-maçons dans un pays laïque à majorité musulmane, La Chaîne d'Union (Cairn) consulté le 2026-06-07
  3. La situation politique et maçonnique en Turquie, Humanisme (Cairn) consulté le 2026-06-07
  4. Les Franc-maçonnes turques entendent jouer un rôle majeur, La Chaîne d'Union 2010/2 consulté le 2026-06-07
  5. Arrestation pour corruption de Remzi Sanver, Grand Maître maçon turc, 450.fm consulté le 2026-06-07