Bertrand de Blanquefort (Grand Maître du Temple)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Bertrand de Blanquefort, chevalier originaire de Guyenne, dirige l’ordre du Temple de 1156 à sa mort, le 2 janvier 1169. Prisonnier de Nur ad-Din pendant près de trois ans, il est un chef de guerre respecté et un réformateur : sous son magistère, la règle s’enrichit de nouveaux statuts, et son sceau aux deux chevaliers sur un même cheval devient l’emblème de la maîtrise. Il refuse de suivre le roi Amaury Ier en Égypte.

Un chevalier de Guyenne

Portrait de Bertrand de Blanquefort
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – CC BY-SA 3.0

Bertrand de Blanquefort, ou de Blanchefort, est issu d’une famille de Guyenne ; sa date de naissance, parfois placée vers 1109, reste incertaine. Guillaume de Tyr le décrit comme un homme religieux et craignant Dieu. Il est élu maître en octobre 1156, à la mort d’André de Montbard.

La captivité et les campagnes

En juin 1157, au gué de Jacob, près du lac de Houlé, l’armée de Baudouin III tombe dans une embuscade : Bertrand est capturé avec plus de quatre-vingts frères par Nur ad-Din. Détenu à Alep, il n’est libéré qu’à la faveur de l’accord conclu entre Nur ad-Din et l’empereur byzantin Manuel Ier Comnène, vers 1159.

Revenu à la tête de l’ordre, il prend part aux premières expéditions d’Amaury Ier en Égypte, puis à la défense des principautés du nord. À Harenc, en 1164, les Francs sont battus et une soixantaine de Templiers y périssent. Les relations avec le roi se tendent lorsque celui-ci fait pendre des Templiers accusés d’avoir livré une forteresse.

Le refus de l’expédition d’Égypte

En 1168, Bertrand refuse d’engager l’ordre dans une nouvelle invasion de l’Égypte, qui romprait la trêve conclue avec le Caire et risquait d’unir le monde musulman contre les Latins. L’expédition tourne à l’échec. Il meurt le 2 janvier 1169, selon l’obituaire de Reims ; Philippe de Milly lui succède.

Un réformateur et un sceau

Son magistère est associé à l’enrichissement de la règle par de nouveaux statuts, dont les « retraits », qui fixent les prérogatives et l’équipement des dignitaires, et au titre de « maître par la grâce de Dieu » obtenu du pape Alexandre III. Les plus anciennes empreintes connues du sceau des maîtres, montrant deux chevaliers sur un même cheval, datent de son temps.

Bien plus tard, ce sceau est devenu une image très reproduite, y compris dans les rites maçonniques de chevalerie et dans l’imagerie antimaçonnique. Il témoigne d’abord de l’idéal de pauvreté et de fraternité d’un ordre religieux du XIIe siècle.

Repères

  • Naissance : vers 1109 (incertain), Guyenne
  • Décès : 2 janvier 1169
  • Profession : Chevalier, religieux de l’ordre du Temple
  • Ordre : Ordre du Temple (Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon)
  • Fonction : Sixième maître
  • Mandat(s) : 1156-1169
  • Événement clé : Captivité à Alep (1157-vers 1159)

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Chevaliers templiers, Templiers.

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