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Chevalier champenois, Hugues de Payns est le fondateur et le premier maître de l’ordre du Temple, qu’il dirige de sa création à Jérusalem, vers 1119-1120, jusqu’à sa mort en 1136. Il obtient la reconnaissance de la petite communauté de chevaliers au concile de Troyes, en 1129, et la dote d’une règle et d’un réseau de soutiens en Occident. Son nom, devenu emblématique, a ensuite nourri bien des légendes, maçonniques comprises.
Un seigneur de Champagne

Hugues de Payns naît vers 1070, sans doute à Payns, près de Troyes, dans une famille de petite noblesse vassale des comtes de Champagne. Sa date de naissance n’est connue que par déduction, à partir des chartes où il apparaît comme témoin à la fin du XIe siècle. Les hypothèses qui le font naître ailleurs, notamment en Vivarais, reposent sur des travaux anciens jugés peu fiables.
Il est marié à Élisabeth de Chappes et père de plusieurs enfants, dont Thibaud, futur abbé de Sainte-Colombe de Sens. Proche du comte Hugues de Champagne, il l’accompagne en Orient au début du XIIe siècle, puis s’installe durablement en Terre sainte, où il entre dans l’entourage des chanoines du Saint-Sépulcre.
La naissance d’une milice religieuse
Vers 1119-1120, avec Godefroy de Saint-Omer et quelques compagnons, Hugues de Payns se voue à la protection des pèlerins sur les routes du royaume de Jérusalem. Le roi Baudouin II les loge dans une partie de son palais, l’ancienne mosquée al-Aqsa, que les Latins identifiaient au Temple de Salomon : de là vient le nom de Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Le concile de Naplouse, en 1120, semble avoir approuvé ce projet.
L’originalité de la fondation tient à l’union de deux vocations jusque-là séparées : celle du moine, lié par des vœux, et celle du combattant. Un acte de 1125 désigne déjà Hugues comme maître des chevaliers du Temple.
Le concile de Troyes et l’organisation de l’ordre
En 1127, Baudouin II l’envoie en Occident pour recruter des combattants et des soutiens. Hugues parcourt la Champagne, l’Anjou, la Normandie, l’Angleterre et la Flandre, où il recueille dons et terres, premières bases des futures commanderies.
En janvier 1129, le concile de Troyes reconnaît officiellement la milice et lui donne une règle latine, élaborée dans l’orbite de Bernard de Clairvaux, qui rédigera peu après son Éloge de la nouvelle milice. Hugues regagne l’Orient avec des renforts. Il meurt en Terre sainte en 1136, le 24 mai selon la date de commémoration retenue par l’ordre ; les circonstances de sa mort sont inconnues.
Mémoire et légende
Aucun portrait contemporain de Hugues de Payns n’existe : celui que l’on reproduit le plus souvent a été peint au XIXe siècle pour les salles des Croisades du château de Versailles. Son village natal, Payns, entretient aujourd’hui sa mémoire.
Plus de six siècles après sa mort, la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle a développé une légende templière, qui faisait des loges les héritières supposées des chevaliers du Temple. Cette filiation est une construction symbolique et non un fait historique : les Templiers n’étaient pas des francs-maçons, et l’historien distingue soigneusement le fondateur d’un ordre militaire médiéval de la figure que lui ont prêtée certains rites ultérieurs.
Repères
- Naissance : vers 1070, probablement à Payns (Champagne)
- Décès : 1136 (le 24 mai selon la commémoration de l’ordre), en Terre sainte
- Profession : Chevalier, fondateur d’ordre religieux-militaire
- Ordre : Ordre du Temple (Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon)
- Fonction : Fondateur et premier maître
- Mandat(s) : vers 1119-1136
- Événement clé : Concile de Troyes (janvier 1129)
Voir aussi dans le glossaire : Templiers (légende templière), Grand Maître, Chevaliers templiers.
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