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Institutrice laïque, syndicaliste, socialiste et féministe, Marie Bonnevial (1841-1918) fut l’une des grandes figures de la mixité maçonnique. Initiée au Droit humain dès ses débuts, fondatrice de loges à Lyon et à Paris, elle succéda à Marie-Georges Martin à la tête de l’Ordre et le dirigea jusqu’à sa mort accidentelle, en décembre 1918. Une loge parisienne porte aujourd’hui son nom.
Une institutrice militante

Née en 1841 à Rive-de-Gier, dans la Loire, dans une famille modeste, Marie Bonnevial devient institutrice. En 1863, elle dirige une école publique à Lyon ; gagnée à la libre pensée, elle ouvre ensuite une école libre et laïque. Pendant la guerre de 1870, elle s’engage dans une ambulance volontaire de la Croix-Rousse.
Son engagement pour l’école laïque lui vaut d’être frappée par l’Ordre moral : en 1873, elle est interdite d’enseignement et son cercle littéraire est dissous. Victor Hugo lui adresse une lettre de soutien. Elle s’exile à Constantinople, où elle enseigne le français, puis rentre en France à la fin des années 1870 et fonde une école professionnelle dans le 18e arrondissement de Paris.
Syndicalisme, socialisme et droits des femmes
Militante ouvrière, elle est jugée en 1878 avec Jules Guesde et Gabriel Deville pour avoir organisé un congrès ouvrier international non autorisé. Elle œuvre à la création d’un syndicat d’instituteurs, est déléguée au secrétariat de la Fédération des Bourses du travail et siège dans plusieurs congrès socialistes.
Féministe de premier plan, elle collabore au quotidien La Fronde et à la Revue socialiste, organise en 1900 un congrès international sur la condition et les droits des femmes, préside à partir de 1904 la Ligue française pour le droit des femmes et milite au Conseil national des femmes françaises comme à la Ligue des droits de l’homme.
Une bâtisseuse du Droit humain
Proche de Maria Deraismes, elle est initiée en 1894 dans la loge n° 1 du Droit humain. Dès l’année suivante, elle fonde à Lyon la loge n° 2, Évolution et Concorde, dont elle est vénérable puis vénérable d’honneur ; en 1904, elle crée à Paris la loge n° 4, qui porte désormais son nom. En 1913, elle préside la commission permanente du Suprême Conseil universel mixte.
Après la mort de Marie-Georges Martin, elle est élue à la tête de l’Ordre, qu’elle conduit pendant la Première Guerre mondiale, tout en servant de nouveau comme infirmière volontaire. Le 4 décembre 1918, renversée par une ambulance militaire avenue de Clichy, elle meurt à l’hôpital Bichat. Eugène Piron lui succède.
Postérité
Pillées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale puis emportées en URSS, ses archives ont été restituées et confiées au Centre des archives du féminisme de l’université d’Angers. Elles éclairent un itinéraire où l’engagement maçonnique prolonge sans rupture le combat pour l’école, le travail et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Repères
- Naissance : 28 juin 1841, Rive-de-Gier (Loire)
- Décès : 4 décembre 1918, Paris (hôpital Bichat)
- Profession : Institutrice, syndicaliste
- Obédience : Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain »
- Fonction : Grande maîtresse, présidente du Suprême Conseil universel mixte
- Mandat(s) : 1914 ou 1916 à 1918
- Loge(s) : Loge n° 1 (Paris) ; fondatrice de la loge n° 2 Évolution et Concorde (Lyon) et de la loge n° 4 (Paris), aujourd’hui loge Marie Bonnevial
Voir aussi dans le glossaire : Femme, Mixité, Laïcité, Grand Maître.
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