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Troisième aventure de Robert Langdon à l’écran, Inferno (2016) abandonne les sociétés secrètes pour la Divine Comédie. Amnésique, traqué, le professeur suit à Florence, Venise et Istanbul les indices cachés dans une carte de l’Enfer inspirée de Botticelli pour empêcher une catastrophe sanitaire. Pas de Maçons ici, mais une traversée des ténèbres qui fait écho au voyage initiatique de Dante.
De quoi parle Inferno ?
Langdon se réveille dans un hôpital florentin, blessé à la tête, sans souvenir des deux derniers jours et assailli de visions d’apocalypse. Une tueuse se lance à sa poursuite ; il s’enfuit avec la jeune médecin Sienna Brooks, jouée par Felicity Jones. Dans ses affaires se trouve un petit projecteur qui affiche une version retouchée de la Mappa dell’Inferno de Botticelli, première pièce d’un jeu de piste laissé par le milliardaire Bertrand Zobrist, convaincu que la surpopulation mène l’humanité à sa perte.
Ron Howard réalise ce troisième volet sur un scénario de David Koepp, d’après le roman de Dan Brown paru en 2013. La course traverse le Palazzo Vecchio, le baptistère de Florence, Saint-Marc de Venise et la citerne Basilique d’Istanbul. Le film s’écarte sensiblement du roman dans son dénouement. L’accueil critique a été plus sévère encore que pour les volets précédents.
Ni Prieuré ni Illuminati : un complot sans société secrète
Contrairement à ses deux prédécesseurs, Inferno ne fait appel à aucune confrérie légendaire. L’ennemi est un individu animé d’une idéologie – une forme de transhumanisme radical et de tentation eugéniste – servi par une agence de sécurité privée et par des disciples. Le secret n’est plus une tradition ancienne mais un plan technique. La Franc-maçonnerie n’apparaît nulle part.
Le film figure pourtant dans la filmographie du thème, parce qu’il reconduit l’imaginaire de la saga : l’art et le patrimoine y deviennent des cryptogrammes, et une poignée d’initiés semble détenir les clés du destin collectif. Il touche aussi à un fantasme contemporain, celui d’une élite qui déciderait de « réduire » la population mondiale ; cette rumeur, sans fondement, circule abondamment dans les milieux complotistes.
La descente aux enfers comme chemin
C’est par Dante que le film intéresse le plus le lecteur maçon. La Divine Comédie s’ouvre sur un homme égaré « au milieu du chemin de notre vie », dans une forêt obscure, qui doit traverser l’Enfer et le Purgatoire avant d’accéder à la lumière. Ce schéma – passage par les ténèbres, guide, épreuves, remontée – a nourri de nombreuses lectures ésotériques ; René Guénon lui consacra en 1925 un essai, L’Ésotérisme de Dante, qui a beaucoup circulé dans les milieux initiatiques.
Langdon vit une version modernisée de ce parcours : privé de mémoire, il doit se reconstruire en cheminant, et n’en sortira qu’en distinguant les guides fiables des faux. Le film reste un thriller et n’approfondit guère ces pistes, mais il rappelle utilement que la descente en soi-même, avec ce qu’elle comporte de mort symbolique, précède toujours la lumière.
Fiche technique
- Titre original : Inferno
- Année : 2016
- Pays : États-Unis
- Réalisation : Ron Howard
- Scénario : David Koepp, d’après le roman de Dan Brown
- Interprètes : Tom Hanks, Felicity Jones, Omar Sy, Irrfan Khan, Sidse Babett Knudsen, Ben Foster
- Durée : 2 h 01
- Genre : Thriller
Voir aussi dans le glossaire : Ténèbres, Mort, Symbolisme.
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