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Adapté du roman d’Umberto Eco, Le Nom de la rose (1986) de Jean-Jacques Annaud conduit Sean Connery et Christian Slater dans une abbaye bénédictine du XIVᵉ siècle, où des moines meurent un à un autour d’une bibliothèque interdite. Aucune loge dans ce film, mais un maître et son novice, un labyrinthe, un livre défendu : une grande fable sur la transmission du savoir et la liberté de chercher.
De quoi parle Le Nom de la rose ?
En 1327, le franciscain Guillaume de Baskerville, ancien inquisiteur au regard aiguisé, arrive avec son jeune novice Adso de Melk dans une abbaye isolée du nord de l’Italie, où doit se tenir une rencontre théologique à haut risque. Un moine vient d’être retrouvé mort. D’autres suivront. Guillaume, à qui l’abbé demande de faire la lumière avant l’arrivée de l’inquisiteur Bernard Gui, comprend vite que tout ramène à la bibliothèque, dont l’accès est sévèrement gardé.
Le roman d’Umberto Eco, paru en 1980, fut un succès mondial. Le film, coproduction entre l’Italie, l’Allemagne de l’Ouest et la France, a été tourné dans une abbaye reconstituée près de Rome et, pour de nombreux intérieurs, à l’abbaye d’Eberbach, en Rhénanie. Il a remporté le César du meilleur film étranger et valu à Sean Connery le BAFTA du meilleur acteur. Une minisérie italienne, avec John Turturro en Guillaume, a été diffusée en huit épisodes sur la Rai en 2019.
Ni loge ni complot maçonnique
Il faut le dire nettement : Le Nom de la rose ne parle pas de Franc-maçonnerie, qui n’existera sous sa forme spéculative que quatre siècles plus tard. Le secret qui tue, dans l’abbaye, est celui d’une institution qui contrôle ce que l’on a le droit de lire et de penser. Le film figure dans la filmographie maçonnique pour sa structure, non pour son sujet.
Cette structure est remarquable : un maître qui enseigne par l’observation et le raisonnement, un disciple qui apprend en se trompant, un lieu fermé dont il faut déchiffrer le plan, des signes à interpréter, un ennemi qui croit protéger la vérité en l’enfermant. On y reconnaît aisément la relation de l’Apprenti à son Maître et l’éloge de la méthode, chère aux loges attachées au libre examen.
Lecture symbolique : le labyrinthe et la lumière
La bibliothèque est un labyrinthe au sens plein : un espace conçu pour égarer, où l’on ne progresse qu’avec patience, mémoire et méthode. Guillaume y entre comme on entre dans une épreuve, avec ses lunettes et sa lampe, armes dérisoires et décisives de la raison. Le savoir n’y est pas offert ; il se conquiert, et il peut brûler.
Le film oppose ainsi deux conceptions de la tradition. Pour les uns, elle consiste à garder, à fermer, à interdire ; pour Guillaume, elle est une transmission vivante qui suppose le doute et le débat. C’est la leçon que le maçon peut en retenir : on ne protège pas la lumière en l’enfermant, et une tradition qui ne se laisse plus interroger devient une prison.
Le récit est enfin celui d’Adso, devenu vieux, qui se souvient de ces jours décisifs. Comme toute initiation, l’aventure n’a de sens que dans ce qu’elle a transformé chez celui qui l’a vécue.
Fiche technique
- Titre original : Der Name der Rose / The Name of the Rose
- Année : 1986
- Pays : Italie, Allemagne de l’Ouest, France
- Réalisation : Jean-Jacques Annaud
- Scénario : Andrew Birkin, Gérard Brach, Howard Franklin, Alain Godard, d’après le roman d’Umberto Eco
- Interprètes : Sean Connery, Christian Slater, F. Murray Abraham, Michael Lonsdale, Ron Perlman, Valentina Vargas
- Durée : 2 h 11
- Genre : Policier historique, drame
Voir aussi dans le glossaire : Labyrinthe, Libre examen, Maître, Apprentissage.
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